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Conte de Noël  des pays nordiques      

Il était un fois, dans une forêt profonde, une famille de fabricant de charbon de bois. Le père la mère et la fille devenue adolescente.  Cette famille vécue prospère tant que les bûcherons lui apportaient le bois qu’ils avaient la charge de consumer juste ce qu’il faut pour en faire le bois des barbecues de l’été et les fusains à dessiner.

Mais ils étaient les derniers à faire ce dur métier et le père bien vieux fut emporté par la maladie. La mère, également âgée, ne sortait plus beaucoup pour se rendre au village. Seule Lucie, la jeune fille de la famille, s’aventurait au village pour y acheter de temps à autre, ce dont sa mère et elle avait besoin. Elles pouvaient se l’acquérir avec le maigre budget de la vente des réserves de charbon de bois et de leurs économies.

Nous sommes en décembre, Lucie veut se rendre au village pour acheter du sel et du beurre car si dans la forêt  elle élève des volailles dans un enclos et des lapins dans des cages, elles n’ont pas de beurre parce que pas de vache. Les provisions d’hiver sont faites mais il manque toujours quelque chose aux abords  de l’hiver.

 Alors avec le peu d’argent qu’elles ont, sa mère et elle, mais avec leur grand courage,  elles ont fabriqué des édredons en duvets d’oies et des étoles en peaux de lapins. Lucie  compte bien les échanger dans les fermes contre le beurre, la farine, le sel et le sucre dont elles auront besoin pour passer l’hiver au creux des bois. Elle emmène avec elle son âne, celui de son père, celui qui portait les charges de bois autrefois. Il porte ce qu’elles ont fabriqué et il amènera ce qu’elle pourra acheter.

Mais nous approchons du solstice d’hiver les jours sont courts et voilà que la neige vient à tomber avec de telles bourrasques de vent que le paysage en est chamboulé. Lucie qui croyait pourtant bien connaitre les sentiers de sa forêt, souvent parcouru avec son père, est  décontenancée par le changement du paysage opéré par la neige.

Elle ne peut plus avancer et décide de bivouaquer pour la nuit en faisant un grand feu afin d’éloigner les bêtes sauvages en particulier les loups. Elle réunit autour d’elle suffisamment de bois pour ce feu et l’allume. Elle s’emmitoufle dans son manteau en peau de bête et tente de trouver un peu de chaleur contre le ventre de son âne en entretenant le feu…

Mais les nuits d’hiver sont longues et elle pense que si elle ne rentre pas dans les deux jours qui viennent sa mère va s’inquiéter. Le vent se lève à nouveau, la neige se remet à tomber, elle a de plus en plus de mal à entretenir le feu et soudain dans la nuit froide s’élèvent les premiers hurlements de loups dont elle entraperçoit bientôt les yeux brillants autour du bivouac.

Pourtant rien n’est fini dans cette forêt qui est celle de ses ancêtres. C’est la nuit du grand partage, celui qui précède Noël et les villageois ont pris la route pour aller de maison en maison avec leurs lanternes, leurs chiens et leurs enfants.  Parmi eux il y a des chasseurs qui protègent les autres afin de ne pas  s’égarer et d’être agresser par les bêtes sauvages.

C’est ainsi que ce cortège passe pas trop loin du grand feu de Lucie et soudain retentissent les grands coups de feu qui font déguerpir les loups. Lucie n’est plus seule, elle se lève et rejoint les villageois qui l’accueillent avec des rires et des embrassades. Elle et son âne suivent le défilé des lumières et des chants. Il va de porte en porte pour échanger les biens que chacun a en surplus contre ceux qui risquent de manquer. Ainsi tout un chacun pourra passer l’hiver dans les meilleures conditions.

Lucie échange ses étoles de lapins contre du beurre chez des fermiers et ses édredons de plumes contre du sucre, du sel, et de la farine au magasin général qui est toujours bien pourvu à cette époque de l’année. Les gens viendront chercher les édredons qui leurs manquent avant longtemps.

Ainsi lors de cette nuit qu’elle a bien cru être sa dernière, Lucie a trouvé le désespoir et l’espoir, celui de la compagnie des autres et du partage qui prépare Noël.

C’est ainsi qu’elle pu rentrer chez elle, le temps de se reposer un peu. Elle y retrouva sa maman. Elles  purent  faire de bons gâteaux et revenir  au cœur du village pour fêter Noël avec les gens du village. Aller à la messe de minuit, réveillonner dans la salle commune derrière l’église, dormir chez des paysans et rentrer chez elles le cœur contant, Lucie, sa maman et l’ âne. Pour y finir l’année et y commencer l’hiver.

 Les autres ne sont pas si loin. Dieu, en la personne d’un enfant Jésus, est au milieu de nous.

21/10/2016

Yza Vasseur.    

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Published by Yza