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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 18:53

Mouvaux le 17 Février 2017.

Bonjour Monsieur

Je viens de lire avec beaucoup de plaisir le dernier N° d’aéropage. J’ai aimé votre poème sur Platon et Socrate. Ce texte me laisse à penser que vous vous cultivez pour le plaisir et par passion.

C’est ce que font tous ceux qui ont pour la littérature et la poésie un amour viscéral. Si je vous écris c’est surtout après avoir lu votre éditorial. Ne vous laissez pas démoraliser par la turpitude des marchands de soupe de l’édition à compte d’auteurs surtout quand ils méprisent l’origine des auteurs.

Jean L’Anselme est né au cul des Vaches au lieu dit le « Passe tout outre » dans le Nord sur la Frontière Franco-belge. Communiste il a travaillé au ministère des affaires étrangères et a beaucoup écrit avec humour et dérision sur la bêtise humaine et surtout sur la politique.

Ferrucio Brugnario s’est marié très jeune par amour et ouvrier a écrit des poèmes sur des tracts politiques et syndicalistes. Ce qui lui a valu d’être en procès avec les industriels de Spinoa, banlieue ouvrière de Venise où il travaillait. Il a gagné ce procès et ses poèmes et textes ont été publiés tant en Amérique qu’en Chine et surtout sur les abris bus en Italie.

Jean le mauve amateur de poésie et écolo dans la peau vivait tant de ses éditions en poésie que de sa fermette qui lui permettait de vivre en autosuffisance. Il est mort au milieu de ses plombs : il publiait à l’ancienne.

Dominique Sampiéro avait un père ouvrier il est devenu directeur d’école et publie des romans sans concessions sur le monde ouvrier du nord et des biographies. Il continue à faire des ateliers d’écritures dans les banlieues. Il est du Valenciennois.

Voyez, il n’y a pas déshonneur à écrire, à aimer la poésie, la littérature, l’art en général. Au contraire. Nous y puisons notre force, notre résistance à la bêtise ambiante à l’insignifiance du tout paraitre, d’une frénésie faite pour décerveler le quidam, pour mieux le contingenter dans un prêt à penser, près à consommer, près à perdre des kilos, son quant à soi, son âme en quelque sorte… Soyer fier de votre différence. Si je vous en parle c’est peut-être parce qu’elle est aussi la mienne.

Fille et épouse d’ouvrier, ouvrière moi-même, j’écris depuis que j’ai compris comment on construit une phrase….peut-être parce que ma grand-mère née en 1890 n’est pas allée à l’école car elle était orpheline. Peut-être parce que chez moi il n’y avait pas la télévision et que je me suis mise à aimer les livres… mais je ne regrette rien de mon éducation. Elle m’a aidée à prendre des distances face au monde dans lequel on vit. A être un peu moins une bénie-oui-oui.

Je vous salue bien monsieur Gilbert Lompret, longue vie à vous et à votre poésie.

Cordialement

Yvette Vasseur YZA en poésie


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Published by Yza
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