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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 16:59

ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

yvette.vasseur@orange.fr

Pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

 

 

 

L’honneur de vivre

Que dire à un jeune d’aujourd’hui ?

 

Quand on a connu tout et le contraire de tout

Quand on a beaucoup vécu et que l’on est au soir de sa vie,

On est tenté de ne rien lui dire,

Sachant qu’à chaque génération suffit sa peine ;

Sachant aussi que la recherche, le doute les remises en cause

Font partie de la noblesse de l’existence

 

 

Pourtant je ne veux pas me dérober

Et à ce jeune interlocuteur je répondrai ceci,

En me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain :

« Il ne faut pas s’installer dans sa vérité,

Et vouloir l’asséner comme une certitude

Mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère »

 

A mon jeune interlocuteur,

Je dirai donc que nous vivons une période

Où les bases de ce que l’on appelait la Morale

Et que l’on appelle aujourd’hui l’Etique,

Sont remises constamment en cause,

En particulier

Dans les domaines du don de la vie,

De la manipulation de la vie

De l’interruption de la vie.

 

 

Dans ces domaines

De terribles questions nous attendent dans les décennies à venir

 

Oui nous vivons une période difficile

Où il est question de droit et jamais de devoir

Et où la responsabilité qui est  l’once de tout destin,

Tend à être occultée.

 

Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela,

Il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine.

La vie est un combat.

Le métier d’homme n’est pas facile.

 

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui se battent.

Il faut savoir,

Jusqu’au dernier jour,

Jusqu’à la dernière heure,

Rouler son propre rocher.

 

Il faut savoir

Que rien n’est sûr

Que rien n’est facile,

Que rien n’est donné

Que rien n’est gratuit

Tout se conquiert, tout se mérite.

Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu.

 

Je dirai à mon jeune interlocuteur

Que pour ma modeste part,

Je crois que la vie est un don de Dieu,

Et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît comme l’absurdité du monde,

une signification à notre existence.

 

Je lui dirai qu’il faut trouver à travers les difficultés et les épreuves, cette générosité, cette noblesse, cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde, qu’il faut savoir découvrir ces étoiles, qui nous guident où nous sommes plongés

Au plus profond de la nuit,

Et le tremblement sacré des choses invisibles.

 

Je lui dirai que tout homme est une exception,

Qu’il a sa propre dignité

Et qu’il faut savoir respecter cette dignité.

Je lui dirai qu’envers et contre tous

Il faut croire en son pays et en son avenir.

 

Enfin je lui dirai

Que de toutes les vertus

La plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres

Et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres, de toutes les vertus, la plus importante me parait être

le courage, les courages,

Et surtout celui dont on ne parle pas

Et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse.

 

Et pratiquer ce courage, ces courages,

C’est peut-être cela « l’honneur de vivre »

 

 

Hélie de St Marc

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Un poème trop vite publié est voué à l’échec

Si tu écris un poème

Jette tous tes miroirs par la fenêtre.

 

Nul besoin d’apparence

Pour gagner la rive de l’autre

Où les regards deviennent transparents,

Chargés de signe

Pour donner du large

Et échapper à toutes les formes d’urgence

Qui empêchent l’homme

De cristalliser son regard.

 

L’autre, ce frère lointain,

Trop longtemps méprisé, oublié !

Lui seul existe, qui nous écoute et prends soin de nous,

Pendant que nous dormons.

 

Chaque livre écrit

Est une bouteille jetée dans les terres

Qui viendra la repêcher ?

 

Dominique Cagnard

 

 

 

 

 

L’autre, altérable comme nous,

Secret, habité d’entrailles et de souvenirs,

Serre notre main dans sa main chaude,

Et quelque chose vous unit soudain :

Certitude de vivre ensemble

Dan le même mince repli du temps

Sur le même point de notre planète.

 

Une force à deux ? Peut-être une tendresse.

 

Quelquefois le plaisir,

Qu’un arbre sente bon,

Et qu’une parole commune

Puisse le dire.

 

Marie-Claire Bancquart

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De passage

 

Marcher contre le vent

Sans chercher à guérir

Sous l’œil méprisant

Tenter de bien vieillir

 

En blindant sa pauvre âme

En glissant les verrous

Car le cœur qui se pâme

Se meurtrit sous le joug

 

Je n’ai jamais vécu

Pour mon honneur perdu

Pour ne pas déranger

 

Vous ne me verrez plus

Hier je me suis tu

Demain…je vais passer

 

Marie-Pierre Verjat-Droit

 

 

 

 

Nous apprenons l’effort à l’enfant,

Il nous apprend l’acte d’abandon qu’on appelle la grâce. Nous lui révélons les complications de la civilisation, des rapports humains, il nous rappelle la simplicité des commencements.

 

Jean Guitton.

 

 

 

Je ne vois que cet enfant blessé

Sur la page du journal

Ses yeux noirs immenses

Si intenses sous le bandage blanc

Qui m’empêcherait de parler de lui

Malgré ses cris guerriers qui retentissent

Malgré ses ravages follement brutaux

De la fausse parole partout

Voilà tout le sentiment là

Voilà tout ce quotidien d’une abomination consentie

Et l’effrayante banale injustice

Frappant le plus faible et le plus innocent

Au nom de quel Dieu

Un homme oserait s’avancer dans le prétoire.

 

Gérard Lemaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Claude Nougaro

 

Noue tes lacets de mots

De rythmes et de tempos

Le carquois de ta bouche

Tire des flèches qui font mouche

 

Noue garde bien au chaud

Tes phrases sans trémolo

Roulant comme cailloux de Garonne

Dans la salle où elles résonnent

 

Nougaro rage en poèmes de jazz

Toujours de l’eau dans le gaz

Entre New-York et Paris

Toulouse arbitre ton pari

 

Entre Nougayork et Nougaro

Le blanc le noir ont la même peau

Celle couleur des touches de piano

Mettant tout le monde d’accord ou KO

 

Gilbert Marquès

 

 

 

L’heure de gloire

 

L’horloge sonne minuit

C’est hier ou aujourd’hui ?

Est-ce ce soir ou demain ?

Il est beau ce refrain

Quand le rêve et la vie

Se saoulent et s’extasient

Pour un crayon qui décrit

Le silence de la nuit

Il est beau ce refrain

Quand le jour et la nuit

Se rencontrent à minuit

Pour prédire aux humains

Ma gloire du lendemain.

 

Michelle Accaoui Hourani

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maman me souviens plus

 

Maman, te souviens-tu ? Moi je ne sais plus rien :

Peux-tu me rappeler le nom de mon vieux chien

Qui venait me chercher au retour de l’école,

Courant à travers près parmi l’herbe frivole ?

 

Je ne retrouve plus mes jeux et mon damier,

Mon cheval de carton dormant sous le pommier,

Mes livres, mes cahiers, mes collections de fèves…

Toi, saurais-tu me dire où j’ai rangé mes rêves ?

 

Maman, reviens m’aider ! J’ai perdu mon chemin

Dans le fil de mes ans égarés vers demain ;

J’ai toujours peur la nuit, mais en vain je t’appelle

A mon chevet désert où le noir me harcèle.

 

Maman, me souviens plus où j’ai mis le bonheur,

Mon petit poêle éteint ne fait plus de chaleur

Et se glace mon cœur quand l’étreint le silence

Maman, me souvient plus des rires de l’enfance.

 

Michel Mulot.

 

 

Rêves & lambeaux

 

Tu passes tes larmes à gauche

Ma p’tite poupée maladroite

& t’as cassé tout ce que j’ai touché

 

T’as laissé tes poings en suspension

& t’as pris les clés de Damoclès

En lui claquant la porte au nez

 

C’est passé comme Electre à la poste

Quatre hivers par saison, sept semaines par jour

& le temps qui recule pour mieux sauter

 

Y’avait des corps à corps saturés

Sur nos guitares qui se fanaient

& des cafards dans les plaies du hasard

 

J’ai récupéré les lambeaux de tes souhaits

& j’ai allumé des feux follets

Dans le cimetière de nos amours

 

Je rêvais naguère comme à la guerre

Qu’on pouvait rêver d’autre chose que d’amour

Mais l’utopie se craquelle sous le poids de tes yeux

 

L’utopie se craquelle sous le poids de tes yeux.

 

Laurent Santi

 

 

 

 

 

 

Les lèvres de Hong Le

 

Des lèvres qui avaient gouté trop de confiture à la menthe

Et qui avaient sucé un peu trop de concombres

Des lèvres peintes d’un rouge pomme d’amour

Qui avaient bien des histoires de ce genre à conter

Des lèvres qui ourlaient juste ce qu’il fallait

En baisant le bord d’un verre de cognac

Des lèvres qui goutaient la neige qui fondait

Et goutaient à leurs commissures

J’ai baisé ces lèvres

Peintes d’un rouge à lèvres couleur pomme d’amour

J’ai gouté la confiture à la menthe

A même ces lèvres qui s’ourlaient autour de mon concombre

Qui fondait dans sa bouche

Et gouttait aux commissures de ces lèvres

J’ai baisé ces lèvres

 

Erich Von Neff

 

 

 

 

Photographie

 

On dirait sur les flots l’image d’un mystère

Des branches alanguies se mêlant à la mer…

Un soleil jaune et pâle, au large, se mourant

Et, harmonie légère, la beauté de l’instant !

 

Sous les cieux orangés où mon  âme s’égare,

Les reflets cristallins de l’eau sont le miroir

Où perce quelque chose de Divin et de grand ;

Et j’aime à contempler leurs feux déliquescents

 

Gérard Mozer

 

 

La poésie du rail

 

La vie, parfois sévère, peut être aussi jolie,

A travers un regard, une photographie…

 

Et si c’était cela, simplement, être sage,

Quelquefois méditer, contempler une image,

 

La lueur orangée d’un beau soleil couchant,

Les couleurs roses et bleues, et jaunes, défilant…

 

Puis se laisser bercer au fil des paysages

Dans ce ronronnement du merveilleux voyage !

 

Gérard Mozer

 

 

 

Cirque marin

 

Les poissons volent dans les vagues

Jonglent avec la lumière

Nacarat de coraux

Ludiques acrobates s’élancent

Dans le scintillement des étoiles

 

La sieste

 

Sur le drap de seigle

L’indigo du ciel

L’été dort

 

 

Les volcans

 

Ils expulsent

La force de la terre

Haleine soufre des fumerolles

Pourpres veines de la lave

Consternation des blés

Sur lesquels s’abat

Le vol de cendre du volcan

 

Dont une forêt éclora

 

 

En Guyane française

 

Une mer presque immobile

Que tracte un rocher

Une tortue luth

Eclabousse la grève.

 

Béatrice Gaudy

 

Cris

Rémouleurs, rémouleurs !!!

Faut pas avoir peur madame, on est chrétien aussi,

Donne moi ta main belle dame, ta ligne de vie est formidable !!!

Oyez, oyez, braves gens

Venez voir les saltimbanques,

Les singes savants, les ânes qui comptent avec les pattes, les contorsionnistes

Tout ça sur la même piste

Les gitanes vendant des torchons et des serpillères

Paniers d’osier et leur mystère….

Sont restés coincés

Dans les soufflés

De l’accordéon

Rue de la monnaie….

 

Yvette Vasseur

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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 16:33

 

 

 

 

UTOPIES

 

 

 

POESIE

 

 

 

YVETTE VASSEUR

 

 

 

 

 

 

 

 

Editions   Echo de ch’ Nord

 

 

 

 

 

 

 

 

UTOPIES

 

 

 

Il n’y a pas si longtemps

La nuit était tombée

Sur le monde des hommes

 

Il n’y a pas si longtemps

Les plus faibles tombaient

Sous le joug des plus forts

 

Il n’y a pas si longtemps

Des terres paisibles venait

Le souffle des ailes de la mort

 

 

 

Alors la vérité n’avait plus court

Elle se maquillait d’une réalité

Rebrodée en patchwork

 

Alors les hommes

Genoux en terre

Aveuglés de douleur

Défendaient des causes

Bannies le lendemain de leur mort

 

Alors du fond  de leurs abris dorés

Les vipères sortaient s’engraisser

Sur le dos des grandes misères

 

 

  

 

Le soleil

S’est levé le jour

Où l’ombre était si forte

Qu’il a failli mourir

L’éclipse était trop longue

Le ciel autour trop blafard

La mort de l’espoir

Comme une lèpre

Avait tout abîmé

L’amour l’amitié

Et la chaleur du foyer

 

 

 

Le soleil s’est levé

Sur un champ de ruines

Mais avec cette volonté

De regain !

De celle qui déplace les montagnes !

Regagner

Son intégrité physique

Sa crédibilité

Et l’affection des siens

 

 

 

 

 

Le soleil s’est levé

Et le ciel s’est souvenu de nous

Le sang clair de nos veines

Nous a  poussé à relever nos manches

Et reconstruire nos vies

 

 


Quelque part

Le front têtu du ciel

Avait oublié sa ride du lion

Pour nous faire grâce d’un orage

Le temps de vivre

De l’aube au crépuscule

Et du crépuscule à l’aube

Pour des millénaires

De puissance  humaine

 

 

Quelque part

Le sourire des dieux

Avait consenti au printemps

Et les glaces rompues

Grossissaient le débit des sources

Quelque part le souffle des alizés

Attisait le chant des hommes

Partis pour des pêches miraculeuses

 

 

 

Quelque part

Le ciel et la terre s’embrassaient

Le cyprès épousait la rose

La lumière embrasait le monde

 


 

Nous avons quitté le refuge des grottes

Où nos ancêtres avaient rangé le ciel

 

Nous sommes partis

Enivrés et forts

Des parfums de l’impossible

Des questions des enfants

Du goût de la conquête

D’un univers sans limite

 

 

Nous sommes devenus les nomades

A rêver le monde les yeux ouverts

A faire pousser les fleurs

Dans les narines des dieux

 

Nous sommes devenus les peintres

De l’éphémère  éternel

Nous avons fait le mélange des couleurs

Sur nos ailes

 

 

 

Nous sommes devenus les musiciens

Des impossibles harmonies

Mariant l’imzad  à la bombarde

La cithare  à la cornemuse

 

Nous sommes devenus les frères

Des légendes  de nos ancêtres

 

 

Nous avons traqué

Les faiseurs d’esclaves

Pour briser le sceau des damnations

 

Nous avons rendu au peuple

La lumière de la condition humaine

 

Et le sang de l’espoir

A fait battre nos cœurs

En flots libérateurs

 

Nous avons planté les graines

De la connaissance

Et du questionnement

Pour ouvrir aux enfants

Les fenêtres d’un avenir

Où tous les possibles

Seraient permis

 

 

 

 Nous avons jonglé

Avec les mythes fatalistes

Pour en faire les catharsis

Des haines fratricides

 

Nous avons parlé des sagesses

De l’harmonie du monde

Et du silence de l’homme

Qui s’en abreuve l’âme

 

Et nous nous sommes tus

Face au crépuscule des dieux

Et au matin de l’Homme.

 

 












 

 

 

 

UTOPIES

 

 

 

POESIE

 

 

 

YVETTE VASSEUR

 

 

 

 

 

 

 

 

Editions   Echo de ch’ Nord

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 16:03

 

 

 

 

 

 

VENT D’ETE

 

Le vent d’ici

A cela d’étrange

Il s’alanguit

Il parle aux anges…

 

Alors ils passent

Ils prennent place

Dans l’espace

Des branches

Qui se penchent

Pour les poser par terre

Doucement

Pour garder leur mystère…

 

Et ils s’en vont

Sur la pointe des pieds

Et montre au vent

Qu’ils savent bien danser… !

 

 

SOUVENIRS

 

S’inscrire dans la mouvance

D’une décennie

D’une époque

D’un siècle

Grain de poussière

Avoir l’audace de croire

Qu’un seul être qui s’élève

Et c’est toute l’humanité

Qui s’élève

Par le truchement de l’amour

Celui aux racines puissantes

Aux fleurs renouvelées

Celles qui poussent quand même

Sur les tombes abandonnées…

 

 

 

 

 

 

 

 

LA PARALLELE DU SAGE ET DU FOU

 

Il arrive épuisé

On l’attache sur la croix

 

Il arrive avec sa torpeur

On l’attache sur le lit

 

Ils creusent les reins

Ils raidissent les jambes

Et poussent des cris de désespoir

 

Ils cherchent du fond de leur délire

Des raisons à la férocité des hommes

A leur bannissement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans leur nuit de douleur

Ils appellent

Les anges et les dieux

 

Dans leur nuit de torpeur

Ils voient s’écrouler les temples

Et les prisons

 

Au bout de la nuit

Ils ont gagné d’autres rives

Pour y faire pousser

Des fleurs contre le désespoir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA GLOIRE

 

La gloire est une supercherie

Pour mal aimer

 

Où donc puiser sa source

Quand tant d’eau est répandue

Dans la passion des cyclones

 

A force de soulever les montagnes

Ne retombe que cendre

 

Quand l’arbre pousse trop haut

Fragile sont les racines…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BEAU

 

Beau

Comme l’immensité du ciel

Qui épouse

L’immensité de la mer

 

Sur le fil du rasoir

De la ligne d’horizon

Le bleu

Envahit tout

Et dissout tout

Ce qui n’est pas lui

 

Et vous éclaire

Et vous soulève

 

Comme une bulle

Comme un oiseau

 

 

 

 

 

 

 
ANGiE

 

Les points cardinaux

Ont crucifié

Tes ailes argentées…

 

Témoin éternel

De l’ombre de nos vies

Jaloux aussi…

 

Je glisse mes doigts

Dans le duvet de ton aile

Bonne nuit l’ange…

 

 

 

 

 

 

 

 

ABSENCE

 

Comme les oiseaux qui fuient

Devant l’orage

Ils dansent

 

Comme un amour qui vit

Encore la rage

Il danse

 

Comme le jour qui luit

Assez peu sage

Mais pense…

 

A tout ce temps  qui fuit

Tourne la page

Présence

 

A tout mon souvenir qui vit

Avec courage

Il danse

 

Comme un soleil qui luit

Assez peu sage

Malgré l’absence

 

 

 

Lumière

 

Il y avait tant de lumière

Dans cette cape rouge

Il y avait tant de misère

Dans ce cœur qui bouge

Que j’étais à genoux

Tout pour Lui, tout pout Vous….

 

Il y avait tant de mystère

En ces quatre points cardinaux

Que je trouvais bons et beaux

Ces signes dans les cimetières

 

Il y avait ces mots du fond des âges

Ces miracles, paraboles et messages

C’était ma culture, notre aventure

Censées mener ma route sûre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dix commandements

Et sept péchés capitaux

Quatre évangiles…

 

Mais cette époque dément

Mystifie les défauts

Et rend tout difficile…

 

Je ne suis plus cette enfant

Du mystère si beau

Qui me reste juste une Ile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’AMOUR TU SAIS

 

L’amour tu sais

Ce n’est pas l’affaire des bijoutiers

Du maire et même du curé

Tous les faiseurs de poudre aux yeux

Ne pourrons pas te le donner…

 

L’amour tu sais

Ca vit ça grandit en dedans

C’est bien plus précieux qu’un diamant

Qui brûle sans laisser de trace…

L’amour ça se voit sur la face

Dans un sourire dans un regard

L’amour ça peut-être bizarre

Pour ceux qui ne savent pas…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’amour, ce n’est pas une corde au cou

Mais c’est deux bras qui s’y nouent

Et, bon dieu comme ça fait du bien

Quand ces bras là ont des petits

Qui viennent s’y pendre aussi… !

 

L’amour,

C’est savoir écouter et comprendre

Et quelque fois savoir attendre

L’amour ce n’est pas un feu de paille

C’est un âtre cent fois ranimé

L’amour, c’est que tu ne t’en ailles pas

Le cœur serré

C’est continué à espérer…

Garder en soi une lumière

Bien plus grande qu’un éclat de diamant !

 

 

 

 

 

 

 

 

L’HOMME FATIGUE

 

Un homme brun hier soir

A pleuré sur mes mains

M’a ouvert sa mémoire

Tout en m’offrant demain…

 

Cet homme avait si peur

Le temps coulait entre ses doigts

Sans qu’il puisse en retenir le bonheur

Qu’il voulait modeler pour moi…

 

Et c’est moi qui ai pris

Son visage dans mes mains

Et c’est moi qui ai dit

Les mots qui font du bien…

 

Et cet homme fatigué

De lutter à contre vent

A posé son épée

Pour oublier un instant

La torture du temps.

 

 

LE PRISONNIER

 

Bien sûr la nuit amène la lune au dehors

Et les étoiles scintillent quand je m’endors

Bien sûr le soleil brille encore

Et la grande croix de ma fenêtre

En ombre sur le mur se projette

Et quand arrive l’heure de la nourriture

Une main se tend par un trou dans le mur.

 

Bien sûr dans la cour les hommes sont assis

Il y en a même qui parfois rient

Peut-être pour mieux s’apporter l’oublie

Les regards se croisent mais on ne se dit rien

Ou lorsque l’on rentre simplement à demain

Reste le bruit des portes qui se referment

Et plus rein d’autres que quatre murs ternes

 

 

 

Et dans le silence allongé sur le lit

Je rêve parfois aux jours d’une autre vie

D’un grand hêtre rouge au milieu d’un champ

Et des blés de l’été caressés par le vent

Et de mon village au milieu de la plaine

Où les hommes ne connaissent ni frontière

ni haine

En regardant leurs mains au bout d’un jour

de peine.

 

Aujourd’hui mes ongles se cassent sur les murs

Et ça m’est difficile de respirer l’air pur

Ici l’espoir est vain quand tout vous abandonne

Quand rien ni personne ne pardonne

L’erreur, la faute ou le sang versé

Qu’un instant de folie paye de perpétuité.

 

Vous les hommes de loi tout habillé de mort

Quand vos manches s’envolent à l’envers du décor

N’avez-vous jamais eu plus que moi des remords

En croisant le regard de votre condamné

Lorsqu’une seconde devient l’éternité

De quatre murs clos et privé de lumière

Etes-vous donc des dieux pour décider de l’enfer… ?

 

 

 

 

 

 

 

ANGES DECHUS

 

Nous étions

Des millions à vivre debout

Sans soucis

 

Nous avions

Des rires à se tordre le cou

Le sel de la vie

 

Nous avions

Nos dimanches nos samedis

Du soleil plein la vie

 

Nous avions

Des fleurs plein les idées

L’insouciance de l’été

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avions

Des bateaux plein les ports

La sueur de nos efforts

 

Nous avions

Nos luttes nos combats

Des gerbes de blé plein les bras

 

Mais le temps est venu

Où nous sommes en exil

Loin de ce monde disparu

Dont nous sommes

Les anges déchus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tendresse

 

Complicité d’un regard

Dans la silencieuse lumière d’un visage

 

Pains des jours heureux

Aux tables des amitiés inépuisables

 

Fidélité du chien suivant

Ta course avec confiance

 

Main chaude et ronde de l’enfant

Se nouant à la tienne

 

Cascade d’un rire dispersant la roche âcre

Du doute et de la déraison

 

Yeux d’ardoise mouillée du nouveau né

Avide de lumière

Et ses doigts explorant la gorge de sa mère

 

Etrange et violente douceur

Envahissante vague déferlante…

 

Tendresse 

Légende de l’enfant

 

 

Tout commence

Par un éblouissement

Par un cri

 

Poisson devient Oiseau

A hauteur d’homme

Voler dans les bras

 

Goûter la vie

Les poings serrés

Autour d’une première

Mappemonde

 

Rêver de ses sens

Sourire aux anges

Emerveillés d’innocence

 

 

 

 

Tout  continu

Debout

Les yeux au ciel

Explorateur et funambule

 

 

Orgueil des impondérables

Prendre la vie à bras le corps

Comme un ballon

La lancer plus loin

En riant

 

Le vocabulaire

La poésie

A fleur de lèvres

 

Sentiments entiers

Jouer de la comédie

Pour annihiler la tragédie

Démystifier l’angoisse

 

Regarder les « grands »

Entre confiance et peur

Entre envie de puissance

Et besoin d’amour

 

Envoûtant petit soleil

Roi de Cœur

Roi de Pique

Atout majeur du destin

 

Tout continu

Chaque matin

Et tout fini

Par un envol

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’homme à côté de moi

 

Il garde dans les yeux

L’ombre d’instants malheureux

Où tout absence

Vous est offense

 

Les nuages des miens

Il en a fait connaissance

Et de nos différences

Sont nés nos liens

 

Et quand je pars trop loin

Il le sait avant moi

Et quand je ne suis plus rien

Lui, il m’ouvre les bras…

 

Le temps nous a vus si fragile

Traverser les orages difficiles

Il nous retrouve si semblable

Doué d’une force redoutable…

 

 

 

 

 

 

 

ETRETAT

 

Le gris reste collé à nos paupières

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 16:04

ECHO DE CH’NORD

N° 47

Hiver 2008

Poézine gratuit et aléatoire

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux   e-mail : yvette.vasseur@orange.fr

Pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

+ 4 enveloppes timbrées pour les expéditions, ou adresse e-mail.

 

Le chant des femmes

 

Longues sont les routes de l’accomplissement de soi

Entre doute et désespoir

Tomber et tomber encore….

 

Comme cette femme

Trop belle avec un œil au beurre noir….

Comme cette vieille

Aux cheveux blancs

Qui se tient au rayon du supermarché…

Tomber…

Et puis se relever….

Comme cette veuve

Qu’une opération à ouverte du pubis au sternum,

Mais qui survie…

Comme cette veuve

Qui s’est fait dépouiller de ses biens

 Par ses beaux-enfants

Sans vergogne

Elle retravaille à 62 ans…

Comme cette cancéreuse

Qui prend un billet d’avion pour le Canada…

 

Comme toutes mes sœurs qui chantent,

Rient et dansent

Pour ne plus pleurer !

 

Yvette Vasseur

 

J’étais un somnambule dans un brouillard nocturne, mais de nouveaux, je marche sur le tertre du jour.

 

Je m’éveille à la vie, oubliant ma révolte.

 

Fini de mes angoisses, du temps greffé sur le mot faim.

 

Je salue d’un regard la rosée du matin, une larme complice étincelle sur l’herbe.

 

Ma terre est là, humide et humble.

 

Elle sait mes blessures, mes douleurs et mes joies.

 

AI-je été un esclave pour mieux  me sentir libre ?

Ai-je été martyr pour mieux tout pardonner ?

Ai-je été mort hier pour mieux me sentir vivre ?

 

Je suis parti puis revenu sous une pluie d’étoile.

 

Je ne ferai d’ombre à personne

 

Arbre à jamais déraciné !

 

Les temps sont révolus. La lumière est entrée,
pour accueillir mon cœur, enfin devenu source.

 

Gilbert Joncour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La porte

La lumière sous la porte

Le défilé du jour en grande pompe,

 

Je sors l’ange,

Le carnet boutonneux

Tout criblé d’étoiles.

Ses pages blanches reniflent l’air

Quand elles ne recueillent pas la pluie

Pour une cuisine magie-bouchée.

 

Promeneur épuisé

Qui confie son histoire

A la porte à tambour.

Si le soleil l’allume

La bure n’est pas loin.

« Mes amis d’à côté » tracent

Les contours de Dieu, pas à pas,

Avec les couleurs.

Chantent-ils, on voit leur mains

Prendre le ciel sans billet.

 

Dernier bus.

Le conducteur déclame Verlaine.

Je suis sûr d’arriver à bon port,

Je vais bien dormir. Peut-être

Sans la pilule aller et retour :

Ma dernière soucoupe volante.

 

Michel talon

 

 

 

 

Pour quel lointain paysage

Cette levée d’ombres si tôt

Nous laissons faire nous décrochons

Le possible n’est rien

Ni l’impossible qui nous tient en joue

Ni les enfants trop bien loués

Ni les brumes trop traversées

Nous avançons sans désert

Singulière compagnie

Dans l’allée les voûtes ploient

Pour la bienvenue des tremblantes marges

Dans l’allée les mots relient toutes les nuits

Entre elles

 

Eric Simon

 

 

Plus aucun instant de ma vie

Ne dois être perdu. Je veux

La dépenser toute en amour. Je veux

Etendre mon amour fait

De silence jusqu’aux choses

Les plus négligeables de la terre ;

Je veux aimer

Les hommes sans limites ;

Oui, les hommes, parce que je sais

Ce que signifie que l’on ne soit pas aimé.

 

Ferruccio Brugnaro

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après

 

Après les débats violents de ma révolte

Après els assassinats prémédités contre l’iniquité

 

Survient toujours la promesse

D’un monde de douceur

Qui apaise mon esprit

Ragaillardi par une muse

Qui m’auréole de ses envies

 

Après la guerre des classes

 

Après le sang versé

Rendu opaque

Par toutes les angoissantes perplexités

 

S’ouvrent à moi

L’univers et l’infini

Qui fusent

Comme les météores rebelles

Dans l’espace fait de quiétude

Qui ponctue mes incertitudes

 

Après le jour d’après

 

Après mes visions de victoire

 

Un poème comme excuse

S’étonne dans la mélodie radieuse

D’une aventure printanière

Se déroulant dans l’inventaire

Des regrets émerveillés d’un futur libéré.

 

Bruno Morello

 

Le bonheur est dans la maison

 

Gardant toutes ses aiguilles

Sous les fruits rutilants des guirlandes

D’un an sur l’autre toujours pimpant

Le sapin synthétique

Ménage forêts et porte-monnaie

En offrant ses joies

 

Béatrice Gaudy

 

 

Mon besoin

 

J’avais besoin de soleil

Et tes yeux ont allumés des cierges

En brodant mon vol d’abeille

Vers el champ caché d’herbe vierge.

J’avais besoin d’espérance

Et tu m’as cueilli des fleurs

En pillant le monde avec audace

De ces vieux ascètes et de trésors

J’avais besoin de ton amour

Et tu étais la flèche de mirage

Qui abréagit  vers l’immortalité

Avec la mise du dernier gage.

 

Nadia celle-Pop

 

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Published by Yza
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