Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 18:29

La religion

Un vieux prêtre dit alors : parle-nous de la Religion.

Il répondit :

Ai-je parlé d’autre chose aujourd’hui ?

La religion n’englobe-t-elle pas tout acte et toute réflexion.

Et tout ce qui n’est ni acte ni réflexion, mais émerveillement et surprise jaillissant de l’âme, alors même que les mains sont occupées à tailler la pierre ou à manœuvrer le métier à tisser ?

Qui peut séparer sa foi de ses actes, ou sa croyance de ses occupations ?

Qui peut étaler ses heures devant lui en disant : « ceci est pour Dieu et cela est pour moi ; ceci est pour mon âme et cela est pour mon corps » ?

Toutes vos heures sont des ailes qui battent dans l’espace entre soi et soi.

Celui qui porte sa moralité comme on porte son plus bel habit ferait mieux d’être nu.

Le vent et le soleil ne feront pas de trou dans sa peau.

Et celui qui définit sa conduite  en fonction d’une éthique emprisonne son oiseau chanteur dans une cage.

Le chant le plus libre ne s’élève pas  derrière des barreaux et des grillages.

Et celui qui considère le culte comme une fenêtre qu’on peut ouvrir, mais aussi refermer, n’a pas encore visité la maison de son âme, dont les fenêtres restent ouvertes depuis l’aube jusqu’à l’aube suivante.

Votre vie quotidienne est votre temple et votre religion.

A chaque fois que vous y entrez, prenez avec vous tout vos biens.

Prenez la charrue, la forge, le maillet et le luth,

Les objets que vous avez façonnés par nécessité ou pour le plaisir.

Car dans vos rêveries vous ne pouvez vous élever au-dessus de vos succès ni tomber au-dessous de vos échecs.

Et prenez avec vous tous les hommes.

Car dans l’adoration, vous ne pouvez voler plus hauts que leurs espoirs ni vous abaisser plus bas que leur désespoir.

Et si vous voulez connaitre Dieu, n’essayer pas de résoudre une énigme.

Regardez plutôt autour de vous, et vous Le verrez jouer avec vos enfants.

Contemplez l’espace ; vous Le verrez marcher dans les nuages, tendre les bras dans les éclairs et descendre dans la pluie.

Vous Le verrez sourire dans les fleurs, puis se relever et agiter Ses mains dans les arbres.

 

Khalil Gibran   « Le prophète »

Les habits

Un tisserand dit alors : Parle-nous des Habits.

Il répondit :

Vos habits dissimulent une bonne part de votre beauté, mais ne cachent pas votre laideur.

Et bien que vous cherchiez dans vos vêtements la liberté de l’intimité, il se peut que vous y trouviez un harnais et une chaîne.

Si seulement vous pouviez offrir au soleil et au vent plus de peau et moins de vêtements !

Car le souffle de la vie réside dans la lumière, et la main de la vie dans le vent.

Certains d’entre vous disent : « C’est le vent du nord qui a tissé les habits que nous portons. »

Et je réponds : Oui, c’est le vent du nord.

Mais la honte était son métier, et la mollesse des tendons son fil.

Et une fois son travail achevé, il a éclaté de rire dans la forêt.

N’oubliez pas que la pudeur est un bouclier contre les yeux impurs.

Quand les impurs auront disparu, la pudeur ne sera plus qu’une entrave et une souillure de l’esprit.

N’oubliez pas non plus que la terre aime le contact de vos pieds nus et que les vents rêvent de jouer avec votre chevelure.

Khalil Gibran   « Le prophète ».

Les lois

Alors un homme de Loi dit : Mais qu’en est- des Lois, maitre ?

Il répondit :

Vous prenez plaisir à établir des lois

Mais vous prenez encore plus de plaisir à les violer,

Comme des enfants qui construisent patiemment des châteaux de sable au bord de l’océan, avant de les détruire en riant.

Mais tandis que vous édifiez vos châteaux de sable, l’océan apporte davantage de sable sur le rivage, et il rit avec vous lorsque vous détruisez vos ouvrages.

En vérité l’océan rit toujours avec l’innocent.

Mais que penser de ceux pour qui la vie n’est pas un océan ni les lois humaines des châteaux de sable ?

Que penser de ceux pour qui la vie est un rocher et la loi le ciseau avec lequel ils s’efforcent de le sculpter à leur image ?

Que penser de l’infirme qui hait les danseurs ?

Que penser du bœuf qui aime son joug et qui considère l’élan et le cerf de la forêt comme des vagabonds à la dérive ?

Que penser du vieux serpent qui ne peut plus changer de peau et qui reproche aux autres d’être nus et impudiques ?

Et de celui qui arrive de bonne heure au repas de mariage, avant de se retirer, repu et fatigué, en déclarant que tous les banquets sont des délits et tous les convives des délinquants ?

Que dirais-je de ceux là, sinon qu’ils se tiennent eux aussi en pleine lumière, mais tournent le dos au soleil ?

Ils ne voient que leurs ombres, et leurs ombres sont leurs lois.

Le soleil n’est pour eux qu’un fabricant d’ombres

Et qu’est

-ce que reconnaitre les lois, sinon s’incliner et dessiner leurs ombres sur la terre ?

Mais vous qui marchez face au soleil, quelles images dessinées sur la terre pourraient vous retenir,

Vous qui voyagez avec le vent, quelle girouette pourraient orienter votre périple ?

Quelle loi humaine vous entravera si vous brisez votre joug loin des portes de la prison ?

Quelles lois craindrez-vous si vous dansez sans trébucher sur des chaines d’acier ?

Et qui vous conduira devant un juge si vous arrachez vos habits sans les abandonner sur les chemins des hommes ?

Peuple d’Orphèse, vous pouvez étouffer le tambour et détendre les cordes de la lyre, mais qui ordonnera à l’alouette d’interrompre son chant ?

 

Khalil Gibran « Le Prophète »

Repost 0
Published by Yza
commenter cet article
28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 18:15

encore un peu de patience et ce sera bon, à s'offrir pour Noël, pour que vos chemins soient positifs !

 

Repost 0
Published by Yza
commenter cet article
8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 15:44
EDC N°80 A16

ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire Trimestriel N° 80

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420

Mouvaux e-mail : yvette.vasseur@orange.fr

http://yzarts.over-blog.com

LES HABITS

Un tisserand dit alors : Parle-nous des Habits.

Il répondit : Vos habits dissimulent une bonne part de votre beauté, mais ne cachent pas votre laideur.

Et bien que vous cherchiez dans vos vêtements la liberté de l’intimité, il se peut que vous y trouviez un harnais et une chaîne.

Si seulement vous pouviez offrir au soleil et au vent plus de peau et moins de vêtements !

Car le souffle de la vie réside dans la lumière, et la main de la vie dans le vent.

Certains d’entre vous disent : « C’est le vent du nord qui a tissé les habits que nous portons. »

Et je réponds : Oui, c’est le vent du nord.

Mais la honte était son métier, et la mollesse des tendons son fil.

Et une fois son travail achevé, il a éclaté de rire dans la forêt.

N’oubliez pas que la pudeur est un bouclier contre les yeux impurs.

Quand les impurs auront disparu, la pudeur ne sera plus qu’une entrave et une souillure de l’esprit.

N’oubliez pas non plus que la terre aime le contact de vos pieds nus et que les vents rêvent de jouer avec votre chevelure.

Khalil Gibran « Le prophète ».

DEMAIN

Agé de cent mille ans, j’aurais encore la force

De l’attendre, o demain pressenti par l’espoir.

Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,

Peut gémir : neuf est le matin, neuf est le soir.

Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,

Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,

Nous parlons à voix basse et nous tendons l’oreille

A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore

De la splendeur du jour et de tous ses présents.

Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore

Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent.

Robert Desnos (Etat de veille, 1942 )

LES OMBRES DE L'IGNORANCE

Face au futur

Libre de tout

Regarde au-delà

Où rien ne s’accumule…

C’est l’amour qui s’accumule

Et c’est l’amour qui tombe

La désillusion qui nous brise.

Les rayons du soleil brillent trop fort

Au travers des ombres de l’ignorance…

Apprend

Rien ne se crée sans proposition

L’ignorance est le choix de ne pas connaître.

Aussi, traverse Le désert pour aller plus loin…

Laisse ton rêve devenir réalité

Découvre les sentiments de ton cœur !

Pense que le soleil pourrait briller la nuit

Pense que les étoiles pourraient ne pas briller…

Je te soulèverais de mes mains

Et te regarderais grandir

Appelle-moi avec ton cœur

Laisse-moi écouter ton âme réjouie…

Laissez les peuples de la terre

Accéder à la connaissance

Le temps de l’évolution est arrivé

Débarrassé des jougs et du son du tambour…

Le futur corrige le rythme

Des mauvais influx nocturnes…

Laisse venir les choses

Laisse monter ta danse libératrice

Laisse le soleil se lever sur la colline,

Il sera toujours là !

Tu marches sur la ligne du temps

Tu danses au rythme de ton cœur

Tu danses sur la ligne de ton âme…

Cependant rien ne peut commencer

Quand au-delà de nous

Autour de nous

Partout où nous allons

L’amour est endigué par la raison…

Tu sais tout cela

Tout est amour

Et tout doit grandir

Tout le destin connu

Est amour et doit être révélé…

Le destin est ce que tu fais

Quand tu es toi-même

Ce que tu es avant d’avoir été !

Tout ce que je veux donner à être

Ne tient pas dans la révolte

Il faut juste Etre.

Et c’est pourquoi

Le plaisir et le pardon

Chaque jour de ma vie

Me suivront

Plus vite qu’un cheval au galop

Plus prompt qu’un rayon de lumière traversier.

C’est la place

Le plein espace

Où demeurer.

Texte d’Yvette Vasseur

Inspiré par le texte de Klaus Shuls

Musicien contemporain

« the shadows of ignorance » Album “Dune”

JE RESTERAIS debout ou assis pendant des heures

Ne pouvant rein faire

N’ayant t peut-être rien <à faire (Ni rien d’autre à faire)

Refusant la pente presque naturelle offerte

N’allant pas torcher les feuilles des arbres

Refusant le paysagisme

Je ne veux pas fermer els yeux

Mais cette volonté me vient d’un fond difficile à identifier

Mais forcené

Bien qu’elle prenne les airs du simulacre

On est assiégé par une violente absence de preuves

Ce n’est pas rien à dire

Mais une poussée de quelque chose hors langage

Un eczéma de crocodile

Rien

Rien de connu par ici et de « reconnu » : n’en parlons pas

Mais un frisson muet

Gérard Lemaire

NOUS REGARDONS le corps déchiqueté et sanguinolents

Nous regardons la souffrance comme une part de nécessité

Nous regardons les portes grimaçantes des gagne-pain se fermer

Nous regardons le nombre anonymes des virés

Nous regardons les faits mais pas les causes

Nous regardons l’information fragmentées et sponsorisé

Nous regardons les scénarios d’espoirs hués

Nous regardons avec fierté le design des bombes High Tech

Nous regardons la programmation de l’anéantissement de nos rêves

Nous regardons l’individu sacralisé sans les autres

Nous regardons les beaux parleurs remuer les lèvres

Nous regardons la vacuité se proclamant star,etc.…, etc.

Nous regardons les trophées de la torture des animaux

Nous regardons le religieux resalerla soupe de l’ignorance

Nous regardons le sourire mielleux des annonceurs de misères

Nous regardons l’air étouffer et l’eau pleurer nos déchets

Nous regardons les écrans imbéciles se trémousser

Nous regardons les journalistes en costume de Monsieur loyal

Nous regardons le narquois contentement du mensonge

Nous regardons les droits de l’homme conspués

Nous regardons la morale méprisante des intellectuels médiatiques

Nous regardons les êtres vivants déniés

Nous regardons le vivant comme si nous étions hors de lui

Nous regardons mais nous ne voyons rein

Nous sommes inexcusables

Bruno Toméra

DANS LE BRUIT DE LA VILLE

Où je suis enfermé

Ma voix sait encore se lever

Il n’y a pas un jour que je ne chante

Rien d’autre ne me console en ce monde

Rien d’autre ne me console en ce monde

Alors qu’il m’a tout volé

Volé l’ombre du vent, le chant des nuages

Le bleu des champs, le feu de l’horizon

Volé la danse du houx sur les talus

Les chemins de digitales roses et l’eau des chênes

Volé les lunes du jour, la semence de la nuit

Volé ma langue, volé mon pays

Il n’y a pas un jour que je ne chante

Pour oublier les ravages de ce monde

A l’école j’ai appris tant de mensonges

J’ai appris que l’eau des sources était sans vie

J’ai appris que la terre était sourde

Que les pierres étaient muettes

J’ai appris que le monde était bleu

Alors qu’il est rouge, rouge écarlate

Rouge quand le soleil se lève

Rouge le soir quand il se couche

Rouge les étoiles, rouge le lune

Rouge la brise, rouge la brume

Rouges les corbeaux sur les antennes

Rouge la pluie dans les fumées

Rouge le goudron noir, rouge feu

Rouge la mer que je n’ai jamais vue

Rouge est le monde

Et il rougit chaque jour un peu plus

J’entends un chant dans le vent fou

Il est aussi puissant que le soleil

Il est aussi radieux que la lune

Et aussi violent que le feu de la terre

Il n’a été chant qu’une seule fois

Au début du monde

Au début du monde c’était le déluge

La seconde fois se sera la fin du monde

Sans le vouloir à tout instant

Mes lèvres le cherchent

Mes lèvres le cherchent

Et cela me tourmente

Cela me tourmente

Et me rend heureux à la fois !

E trouz ar gêr : dans le bruit de la ville

Denez Prigent Traduction d’une chanson bretonne (par l’auteur)

LA PUTAIN

La putain

S’est couchée tant de fois

Pour le moral des soldats

Aujourd’hui La putain s’est allongée

Pour que le soldat

Ne parte pas

Elle s’est étendue

Au travers de la voie ferrée

En criant. « Putain de guerre »

Avec moi les mères !

Mais les Mères l’ont ignorée

Et leurs fils ont pris le train ...

Le train Qui est passé sur la putain

Marjan (dans N°109 de Poétic 7)

DEPUIS QUE L'HUMAIN EXISTE...

Il est probable que les humains se sont entretués à coup de pierres puis de lances

De nos jours, de la bombe au napalm à la bombe nucléaire, Il y a toujours des guerres

Combien de temps faudra –t-il avant que disparaissent les guerres de religions

De conquête d’un sol ?

Demain seront nous tous des esclaves ?...

Sauf un pourcentage qui, eux, seront les tyrans des consortiums d’argent

Toujours les riches.

D’autres luttent et meurent sous les balles ou sous la potence

Sur cette terre pour certains c’est le paradis pour d’autres l’enfer

Question de chance ou de malchance

GEORGES PIOU (in Elan N° 143)

CACHE DERRIERE

Caché derrière le silence

Le sourire de la musique

La couleur des yeux d’enfants

L’arc en ciel d’un soir

Après les pluies diluviennes

Caché derrière le silence

La peur des jours de bataille

La quête des jours meilleurs

La danse de l’amour

Le feu au coin de la rue

Caché derrière le silence

La honte des débâcles

La force des résurrections

La docilité de la Paix

Les bonheurs à venir

Yvette Vasseur
Repost 0
Published by Yza
commenter cet article
23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 16:01
immeuble du quai de la Cunette
immeuble du quai de la Cunette

Malo-Dunkerque en août.

La ville bleue miroir au soleil

L’espace des oiseaux fouette

Le sang de la mémoire

Les années soixante sont loin derrière :

Chemins du port et bidonvilles

Dockers dormant dans des bunkers.

Le vingt et unième siècle

Installe son confort et ses musées

Dans cette ville qui n’en finit pas

De renaître de ses cendres.

YZA 24/08/2016

Repost 0
Published by Yza
commenter cet article
27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 13:08
rose (acrylique)
rose (acrylique)

Dieu est dans le cœur des peuples en marche

Mais le monde regarde ailleurs

Du côté des peurs

Pour vendre des antidépresseurs

Du côté des larmes

Pour vendre des armes.

Dieu est dans le cœur d’un peuple en marche

Celui de l’Ukraine

Qui marchent pour la Paix

Comme leurs ancêtres en 1918 et 19.

Qui dit et informe sur les tentatives de vrais changements humains

Quand tout est fait pour que les peuples restent à la surface des choses

Et zappent l’actualité pour aller voir ailleurs et prendre du plaisir

Pour éviter de surcharger les « mules » que nous sommes

A forces de multiplications des taches dans nos quotidiens.

Qui parle vraiment du cœur des peuples ?

YZA 25/07/2016

Repost 0
Published by Yza
commenter cet article
14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 15:31
Amarilys (pastel)
Amarilys (pastel)
ECHO DE CH’NORD
Poézine gratuit et aléatoire Trimestriel N° 79 été 2016
Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits
Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux
e-mail : yvette.vasseur@orange.fr
http://yzarts.over-blog.com
Pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.) + 4 enveloppes timbrées pour les expéditions, ou adresse e-mail.
La marche creuse (extrait)
Avancer les pieds nus sur les tessons de bouteilles
N’est-ce pas le sort de tout artiste prétendant à l’honnêteté
Il n’y a personne pour lui donner la main I
l peut mourir pendant plusieurs siècles
L’homme perdu appelle l’art
Cette vérité inconnue cachée peut-être
Insensée immergée
Dans quelques tréfonds ou les pires sanglots
C’est une prière à un Dieu inexistant
Gérard Lemaire
ERRANCE
S’éclater le cœur et les os
Sortir d’une sphère secrète
En un vagissement interne
Devenir multiple
S’adonner à l’errance
Gravir les pierres roses
Verticales de l’océan
En une confiance aveugle
En une main qui se tend
Juste au-dessus du gouffre
Plonger en une eau trouble
Juste l’instant d’un éclair
Et se bruler les ailes…
Attendre qu’elles repoussent
Se perdre sur le chemin
De l’errance
Jonchée des pierres de la mémoire
Et revenir se blottir
Dans son nid d’habitudes
Silence.
Yvette Vasseur
L’insulte
L’homme lance une insulte
L’insulte tomba
Dans l’oreille d’un sourd
S’apercevant de l’infirmité
De l’insulté
L’homme tira l’oreille du sourd
Pour repêcher son insulte
Mais trop tard
L’insulte avait atteint le cœur…
Marjan
Au-delà des yeux Pierre muettes
Bouche sans mots
Scellées
Sur l’éphémère
De nos joies.
Les regards dilués dans les coloris du monde
En fenêtres lumineuses.
Au-delà des espaces bleutés,
Les êtres aimés deviennent Illimités.
Dernières phrases étouffés dans ma gorge…
Mes yeux obnubilés
Par la vacuité creusent des précipices
Des solitudes.
Envolées des petites âmes,
constellations d’edelweiss.
Brigitte Neulas
RENAISSANCE
Silence de la nuit
Un chuchotement de mémoire…
La main se tend
Au fond du puits d’incertitude,
Un rayon de lune, rayon d’espoir
Se cache à l’ombre du silence
Le rêve fou s’accroche
Au souvenir démasqué.
Dans le labyrinthe du temps,
Le corps s’effrite en grains de sable
Dispersés par l’autan
Au désert de l’oubli. Puis, il renaît au matin
Dans l’éclat d’une rose.
Jean-Christophe Vertheuil
STRIDENCES
Dans une jungle de regards
Il vaut mieux être aveugle
Dans une forêt d’idées
Il est préférable d’être bête
Car toute parole chaque fait
Sont détrônés et jetés
Dans des champs arides
Dans des rivières asséchées
Sans chance de survivre
Ont-ils perdu la recette
De la générosité tendre
Qui tendait la main
Pour guérir les blessures….
Nadia Cella Pop
Le chant de l’oiseleur
Te dévisager
C’est s’entourer d’oiselles volantes
Parées de plumes bleues
Et huppées de prunelles
Vertes comme les amandaies de l’espérance
Ou brunes comme les lacs
Ombrés de lauriers sombres !
Te regarder
C’est voir les avions
Aux couleurs de Pérou
Prendre l’air verticalement
Et les fusées blanches
Se fixer dans l’azur
Réceptif à leur flamme !
C’est que tu es une épaufrure de vénus,
Un éclat de Caryatide,
Un fragment d’Isis !
Tu es une vigne épamprée
Guettant mon arrivée
Au Canaan de l’Amour !
T’aimer
C’est vivre et espérer la pluie divine
Dans l’Avril de la joie !
Théo Crassas
Entre Dijon et Nancy
Les néons blancs crépitent sur son visage,
De ses cheveux collés contre des rides
S’écoulent des sueurs
Qui tache le col de sa blouse bleue,
Elle frotte, insistante et courbée,
Les ecchymoses du carrelage
D’un balai brosse démesuré,
En forçant sue ses mollets violets de veines éclatées,
J’évite hagard son chariot de munitions
A sulfater les bactéries
Et gerbe dans l’évier un restant d’ineptie.
Ses yeux fatigués s’accrochent
Comme des crocs dans ma nuque
Puis indifférente s’en retourne à son chantier,
Elle, qui efface dans l’aire de la nuit,
Les empreintes des allées et venues.
Il me faut de ce café fort et dégueulasse
Pour traquer la piste de l’humanité perdue.
Bruno Toméro
LA FOI DU CHARBONNIER A L’ETAT PUR
C’est beau d’avoir la foi, la foi à l’état pur,
celle qui a permis de brûler l’hérétique,
la foi du charbonnier, à son feu sympathique,
près de l’autodafé du mécréant impur.
La foi pure élevée à l’abri du grand mur,
De fierté éblouie en sa grâce extatique,
Heureux qui peut l’avoir gardée à l’état pur,
Telle qu’elle a permis de griller l’hérétique.
Aujourd’hui, comme hier, en esprit clair-obscur,
Elle reste tapie, à l’affût, fanatique,
Prête à reconvertir l’innocence atypique,
Afin de s’assurer mainmise à tout futur,
C’est beau, pareille foi, absurde à l’état pur.
André Pagès
CAPITAL MALIN
Tu as dit peu de paroles beaucoup de boulot
Nous avons essayé de comprendre
Tu as dit beaucoup de boulot peu d’argent
Nous n’avons pas pu élever la voix
Nous avons demandé salaire égal à travail égal
Tu nous as accusés de subversifs
Tu nous as bercés
Avec la globalisation
La loi de l’offre et de la demande
La compétitivité internationale
Sur les places
Tu as ingurgité notre droit
Avec une criante lucidité
Continue à bouffer ainsi Ca-pi-tal malin !
Yakup Yurt
MORT - VIVANT POUR… RIEN
Gilbert Marquès
J’ai mal au spleen de mes oublis
Les roses rouges ont tant langui
Sur les tombes de ces morts pour rien
Que leurs pétales en chutent de tristesse
Et même si les pûtes roulent des fesses
Je n’ai plus envie de leurs regards de chien
Les femmes m’ont tant bu que je suis asséché
Comme une vielle pomme bouffées de rides
Au cœur de caillou aux tripes de pierres
Je ne sais pas pourquoi je ne sais pas aimer
Et je me suis vendu au marché des dupes
Pour n’être plus complètement solitaire
Me voilà devenu marchand de nuages
Pour que d’autres plus cons puissent enfin rêver
Ne pensent plus à cette vie triste à chier
Pour qu’un instant ils se croient sages
Sans pour autant que leur avenir achevé
En fasse autre chose que des merdes à piétiner
J’ai vu trop de seins de sexes et de culs
Pour n’avoir pas succombé au vice au plaisir
J’en suis presque resté…matérialiste
Et j’ai paumé mes morts sur trop de pistes
Pour les retrouver même dans mes souvenirs
J’ai mal au spleen de mes oublis enfin vaincus.
Repost 0
Published by Yza
commenter cet article
30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 17:44
grand arbre inspiré par le plus grand arbre fleuri du parc du C.H. de Tourcoing vu le 28 avril 2016

grand arbre inspiré par le plus grand arbre fleuri du parc du C.H. de Tourcoing vu le 28 avril 2016

Repost 0
Published by Yza
commenter cet article
29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 18:29
Grand Arbre (pastel)

Grand Arbre (pastel)

arbre rouge et noir (encre)

arbre rouge et noir (encre)

Arbres à la manière chinoise

Arbres à la manière chinoise

Sapin rose qui danse (encre)

Sapin rose qui danse (encre)

Séquoïa (acrylique)

Séquoïa (acrylique)

Oliviers (pastel)

Oliviers (pastel)

Arbre en mouvement (pastel)

Arbre en mouvement (pastel)

Grand arbre arc en ciel (acrylique)

Grand arbre arc en ciel (acrylique)

Vieil hêtre rouge (acrylique sur papier)

Vieil hêtre rouge (acrylique sur papier)

Repost 0
Published by Yza
commenter cet article
29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 18:21
Radiolaire

Radiolaire

Divinités Navajos

Divinités Navajos

artisanat africain

artisanat africain

Celtitude

Celtitude

cache-cache d'été

cache-cache d'été

les cartes dansent

les cartes dansent

carnaval de Dunkerque

carnaval de Dunkerque

Diane chassant Orion

Diane chassant Orion

Repost 0
Published by Yza
commenter cet article
29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 18:13
détail coloré 5

détail coloré 5

Détail coloré 4

Détail coloré 4

Détail coloré 3

Détail coloré 3

détail coloré 2

détail coloré 2

détail coloré

détail coloré

composition à partir des stries des pierres

composition à partir des stries des pierres

Gavrinis (acrylique sur bois avec cerne doré)

Gavrinis (acrylique sur bois avec cerne doré)

Repost 0
Published by Yza
commenter cet article