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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 17:39

ECHO DE CH’NORD      ECHO DE CH’NORD

N° 32 ETE 2005

Poézine gratuit et aléatoire

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux   e-mail : yvettevasseur@wanadoo.fr

 Pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

+ 4 enveloppes timbrées pour les expéditions, ou adresses e-mail

 

 

SPECIAL POEMES PACIFISTE

 

A la mémoire de

Marjan (Le bouc des deux Sèvres)

Georges Piou (Poétic /)

Louis Lippens (Elan)

Revuistes, poètes libertaires et pacifistes.

 

***************************************************************************************

La putain

 

La putain

S’est couchée tant de fois

Pour le moral des soldats

Aujourd’hui

La putain s’est allongée

Pour que le soldat

Ne parte pas

Elle s’est étendue

Au travers de la voie ferrée

En criant.

« Putain de guerre »

Avec moi les mères !

Mais les Mères l’ont ignorée

Et leurs fils ont pris le train ...

Le train

Qui est passé sur la putain

Marjan (dans N°109 de Poétic 7)

 

Depuis que l’humain existe…

Il est probable que les humains se sont entretués à coup de pierres puis de lances

De nos jours, de la bombe au napalm à la bombe nucléaire, Il y a toujours des guerres

Combien de temps faudra –t-il avant que disparaissent les guerres de religions

De conquête d’un sol ?

Demain seront nous tous des esclaves ?...

Sauf un pourcentage qui, eux, seront les tyrans des consortiums d’argent

Toujours les riches. D’autres luttent et meurent sous les balles ou sous la potence

Sur cette terre pour certains c’est le paradis pour d’autres l’enfer

Question de chance ou de malchance

 

Georges Piou (in Elan  N° 143)

Hier terroristes, aujourd’hui résistants, hier collaborateurs, aujourd’hui exclus du pouvoir, le tout est d’être du « bon » côté au moment final. Même en France, les poètes sont souvent les premières victimes des changements de régimes…Ainsi deux siècles après Chénier condamné à l’échafaud, c’est le poète Brasillach qui a été exécuté en 1945 durant la période de l’épuration gaulliste. Et les écrivains comme le Pacifiste Jean Giono ont été condamné en 1939 pour « pacifisme » et six ans plus tard en 1945 ont connu de nouveaux des ennuis pour n’avoir pas voulu adhérer au comité des écrivains résistants.

Ne soyons pas sectaires et d’ailleurs, comme nous le rappelle une correspondante « Elan » de Marseille, à propos de Montehus dont notre précédent numéro a publié « la grève des mères »(1905) à la fin de sa vie il était devenu militariste ... Nous espérons ne pas finir comme ce chansonnier des années 1900 et garder jusqu’à la fin de notre vie l’idéal pacifiste de notre jeunesse.

 

(In Editorial de Louis Lippens dans Elan N° 141)

Louis, mort le mois dernier, est resté pacifiste toute sa vie !

 

Le pacifiste

 

Pour que la paix revienne

Il voulut faire taire les canons

Et, comme on dompterait les lions

Il mit sa tête dans leurs gueules

Ainsi enfin comprendrait-on

Qu’un canon doit fermer sa gueule

 

Le canon docilement la ferma

Mais prit cette boule pour projectile

Et à son lancement s’employa

Pour anéantir une ville

 

Les sauveteurs s’interrogent encore

Lorsqu’ils comptèrent les victimes

Sur ce chef qui n’avait pas de corps

Trouvé au beau milieu des ruines

 

Jean L’Anselme (in Elan N° 144)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est con la guerre arithmétique

 

J’ai perdu mon Père

J’ai perdu ma Mère

J’ai perdu au jeu d’la guerre

 

Nous avions des rires et des chansons

Et l’obus est tombé des avions

Ruinant un présent fait d’union

 

Ils m’ont volé le bonheur d’un foyer

Tandis que j’apprenais à compter

Un obus, deux obus, trois obus, plein d’obus

 

J’ignorais ce que compter veut dire

Pour les marchands d’armes et leurs sbires

Un obus, deux obus, plein d’obus

 

Mais aussi

Plein d’argent

 

Un obus, un seul obus fait deux vies

J’ai moi aussi appris à compter mon ennui

Ma douleur est un trou d’obus dans mon cœur…

 

Ariel Piou (in Poétic 7 N° 97)

 

BILAN

 

Après les moissons piétinées

Les murs lézardés

Les remparts ébranlés

Les tranchées bombardées

Les pavés arrachés

Les barricades renversées

Les gaz retombés

Les canons refroidis

Les avions repartis

Les fusils retournés

Les casques abandonnés

Les chars retraités

Les drapeaux déchirés

Les morts sont enterrés

Les blessés béquillés

Les héros décorés

Les monuments dressés

Les veuves consolées

Les orphelins costumés….

 

On peut se réinstaller dans la Paix… ! ?

 

Yvette Vasseur

(In Poétic 7 et Elan)

 

 

 

Reste avec moi mon fils. Ne me quitte pas

Tu as assez souffert. Tu étais sans âge, tu portais déjà l’uniforme.

Je n’avais plus de nouvelles de toi.

Je mettais tout mon amour dans les colis que je t’envoyais

 

Reste avec moi mon fils

Tu as défendu ton pays

Tu as obéis à des ordres sans les comprendre

Tu as croupis dans ta peur.

Tu as puisé dans ta résignation et dans l’énergie des autres.

 

Reste avec moi mon fils

Tu as eu peur tu as eu froid

Tu as désespéré, mais ils étaient là, en face.

Et tu savais qu’ils avaient peur, qu’ils avaient froid.

Tu savais que la plupart, sans âge, portaient déjà l’uniforme.

Reste avec moi mon fils

Tu as eu chaud quelques centimètres sous le cœur

Ton uniforme a pris une teinte terre, à quelques centimètres sous le cœur.

Tu as été transporté dans un hôpital de fortune.

 

Reste avec moi mon fils

Mes colis sont demeuré poste restante

Ils ont cassé en deux ta plaque matricule.

Tu n’avais plus peur

Tu n’avais plus froid.

 

Reste avec moi mon fils

Cette fille n’est rien pour toi, elle est d’un pays lointain que tu ne connais pas

Elle a peur, elle n’a pas froid, ses vêtements se sont envolés avec sa jeunesse, ses illusions et les siens.

 

Reste avec moi mon fils

Elle titube nue au milieu de la route

Elle tend les bras en l’air afin de ne pas toucher ce corps qui consume de l’intérieur.

Elle pleure des torrents taris de désespoir.

Elle avance sans savoir où elle va.

 

Ne me quitte pas, mon fils…

 

Jacky Legge

2 février 2004 (inédit)

 

 

 

 

 

 

Tombé du ciel

 

Je n’étais pas un ange, pas un démon non plus

La position étrange dans laquelle je chus

Fit de moi un témoin aux toutes premières loges

J’étais l’humble pantin qui, à la règle déroge ...

 

Loin de mes origines et de mon entourage,

Vers une terre hostile, j’avais plié bagage

Pour être balancé dans une nuit de juin,

Pour resté accroché et mourir dans un coin ?

 

De mon perchoir céleste, je voyais les terriens.

Des massacres funestes où je ne pouvais rien.

Dieu m’avait retenu auprès de sa demeure…

Il s’il ne voulait pas de moi, son fils, je meure ?

 

Je ne suis pas Jésus, ne suis pas un héros

Je ne suis pas un gymnaste pratiquant les anneaux.

Si je joue au pendu au sommet du clocher,

Je ne suis enthousiaste, j’ai peur de me crasher !

 

Surtout les allemands visent mon parachute…

C’est mon enterrement qui va suivre ma chute !

J’aurais voulu combattre pour sauver mon honneur !

Me voilà acrobate condamné au malheur !

 

Sainte Mére Eglise, protège l’homme araignée,

Qui a trouvé  assise contre le pigeonnier !

Pour la postérité, je rentrai dans l’Histoire

Et ne fus pas tué ! Je contai mes mémoires...

 

Para américain tombé sur une église

Dans la nuit du 6 juin, sans l’épaule démise,

John Steel fut spectateur de barbaries humaines !

Il resta plusieurs heures à jouir de sa veine…

 

Jean François Prône  (in Galerie de portraits légendaires)

 

IM-PREVOYANCE

 

Dans l’atmosphère et les déserts

Ils multiplièrent les essais nucléaires

Afin que leur peuple soit redoutable

En cas de guerre

Si bien qu’explosèrent

Dans leur pays en paix

Ainsi que sur toute la terre

Des épidémies de cancers

Et de pathologies déroutantes

Ce texte doit être compris comme une hypothèse interrogative

Béatrice Gaudy (in Profils satiriques)

 

C’en est assez de cette  atroce guerre

 

C’en est assez des emphysèmes pulmonaires

Des intoxications

Des destructions systématiques

Silencieuses.

C’en est assez. Notre sang

N’en peut plus.

Nous avons abandonné les cabines, les centrales *

Nous avons abandonné tous les ateliers.

Aujourd’hui, nous avons frappé fort.

Nous voulons frapper fort.

Sous un soleil jamais vu au paravent

Par millier désormais

Nous entourons la vie

Aujourd’hui, la vie, de toute la force

De nos blessures

De nos angoisses

Reste décidé à appuyer

Son pied de feu sur la mort :

 

Ferruccio Brugnaro

Trad. : J.L. Lamouille

 

  • cabines des commandes électriques,  centrales thermos électriques

 

 

Les morts laconiques

 

Il existe des morts laconiques

Ce sont ceux de l’autre camp

Cités par leur nombre

On dirait qu’ils n’étaient rien autrement

L’information n’est soucieuse que du chiffre d’abord

Morts inodores

Morts à rebrousse-poil

Morts par extension de néant

Morts qui paraîtrait-il ont cherché leur mort

Morts encore armés

Morts assaillants encore menaçants

Morts hors champ

Qui sont Là à encombrer

L’oreille qui écoute leur sort ne veut pas mettre le genou en terre

Ou bien c’est pour eux devant eux

Ces morts dont on voudrait qu’ils ne laissent rien

Ces morts dont les bourreaux nient l’injustice de leur mort

Ces morts qui ne sont jamais assez mort pour la haine

Ces morts en fosses de viscères

Ces morts en cadavres de cendre

Ces morts jetés à la mer

Ces morts si silencieux qu’ils soulèvent bientôt les océans

 

Gérard Lemaire

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 17:37

ECHO DE CH’NORD      ECHO DE CH’NORD

Printemps 2005

Poézine gratuit et aléatoire

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

N°31 printemps 2005

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux   e-mail : yvettevasseur@wanadoo.fr

 pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

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Attention au « Craou » ! *

 

Comment savoir dans quelle mesure

Et dans quelles proportions durables changeront les choses ?

Le printemps ?

Que ce soit celui de la nature ou que ce soit celui des cœurs et des amours

A replanter, à rempoter, à tailler pour la pousse et aérer ;

Comment être sure de quoi que ce soit ?

 

Ici les oiseaux,

Ceux venus de la mer comme les mouettes,

Ceux qui ont toujours été là comme les pigeons,

Moineaux et étourneaux,

Font des balais, envahissent le ciel entre les tours

Le matin après les tempêtes de vent

 Ou après la neige tombée à l’aube.

Benjamin descend et nous rappelle sur l’interphone

Pour nous dire de faire attention si l’on sort,

La neige glisse

Et à cette heure nous n’avons pas encore ouvert les tentures.

 

Nous restons là, en pyjama, les cheveux en bataille,

« Le Craou » sur les bras :

Tout semble tourner autour de lui,

De change en change, de biberon en biberon,

Son sourire nous rassure, ses menottes marquent la cadence,

Donnent du rythme à la vie,

Son visage, rond et rigolard, fait naître la bonne humeur.

Il s’en va, galopant à quatre pattes dans l’appartement,

Nous suivant ou nous précédant

Et son babil déclanche nos rires et nos marques d’affection.

 

Au-delà des intempéries des orages de nos vies

Qui flouent et nous désespèrent,

Il est le point de ralliement d’une conscience collective,

Le point d’orgue de notre cohésion familiale

Le soleil de ce printemps à venir !

Yvette Vasseur

  • « Craou » est le surnom de mon petit-fils Matteo

 

Hommage à Georges Piou

 

Georges est décédé le 27  février 2005 au soir, entouré de sa Famille, c’était dimanche,

 Il souffrait d’une longue maladie qui lui a volé la vue et l’ouie et la possibilité de se nourrir normalement. Il avait 85 ans,

Je le connais depuis 1990, je l’ai rencontré chez lui en juillet 91. je garde de lui et d’Alberte, son épouse, un souvenir ému et plein d’enseignement sur la joie de vivre, la franchise et sur le désir d’éternelle jeunesse d’un homme qui eu 8 enfants et beaucoup de petits enfants.

Il fut un homme engagé, véritable Don quichotte des temps modernes, tant par sa revue de poésie « Poétic7 » qu’il a tenu de nombreuses années, que par son appartenance au mouvement libertaire et pacifiste de sa région.

Et je souhaite à tout homme de pouvoir dire, à son heure dernière, avoir eu une vie aussi bien remplie.

 

La maison de Georges

Juillet 1991

Dans la maison de Georges, un petit chien blanc vous tourne autour et jappe pour vous accueillir tandis que le chat prend la pose, impassible, cent yeux de chats vous scrutent dans l’immobilité de leur posture.

 

La vie coule doucement au milieu de cette présence et de celle des livres, des tableaux, des sculptures qui envahissent la maison.

Les jours d’été, sous la véranda, on entend crépiter la machine à écrire. Edith Piaf ou Pavarotti tournent sur le pick-up

Les enfants, les petits enfants, sont toujours présents ...Le téléphone est partout.

Le week-end les ramène les uns après les autres, la maison se remplit des petits cousins qui jouent ensemble au baby-foot ou dans les herbes du jardinet.

Alberte prépare des pizzas ou des tartes aux oignons, écrit les adresses du nombreux courrier et tricote sous l’auvent de la cour…

On parle d’un fils à Lorient, d’amis au Sable d’Olognes…

 

Georges est un fou amoureux de la vie,

sa porte est toujours ouverte aux poètes et aux « fêlés » de toutes sortes !

Yvette Vasseur

 

 

Hommage de Marie Andrée Balbastre

 

Quand nous avons quitté Nantes en 2003, il était en bonne forme, il participait aux réunions poétiques que j’organisais avec son nœud papillon, et déclamait avec humour des poèmes de paix ou d’amour… on peut dire qu’il est resté valide presque jusqu’au bout, son visage n’avait pas changé : toujours le sourire ! Nous ne pourrons pas l’oublier en ces temps ou tellement de gens sont moroses…

Merci Georges pour ta bonne humeur, ton analyse si juste de la société, et ce combat mené toute une vie contre la guerre, l’oppression, la misère…auquel adhéraient les lecteurs et les poètes de Poétic 7.

Berceuse pour Nathalie

 

La tendresse est lovée au creux de ce berceau.

Bientôt tu comprendras sous ton front innocent

Qu’il suffit d’un sourire pour désarmais les sots.

Tu verras s’amasser la poussière du temps.

 

Laisse à dieu seul le soin de juger les hommes…

Les Judas obstinés ont-ils jamais compris

Comme il est doux d’aimer  et qu’il faut faire la somme

D’un peu de charité face à la Tyrannie !

 

Ne sois lasse, pourtant, de croire et d’espérer

Ce monde m’apparaît, à travers un regard,

Fragile, infiniment, parmi l’ombre du soir.

Emplis ton jeune cœur d’une large bonté

 

Mille feux rougeoieront, demain sur la vallée…

 

Gérard Mozer

 

La lumière de la neige

 

Illuminait ton visage

D’une douceur de nuit

Tu marchais à pas blancs dans la ville

Le grain du silence

Avait l’éclat du sommeil

Et le ciel si proche

Qu’il suffisait de tendre le bras

De renverser ton visage

Lèvres avides d’étoiles

Pour l’embrasser

Tu marchais à mots nus

Sur des pages d’avenir

Force et paix sous le saule

Et les sapins s’ébrouant de neige

Une très douce vie

Palpitait dans ce rire en flocons

 

Béatrice Gaudy

« Les semailles de l’aube »

Quelles images,

Quand la mémoire ausculte

Les premiers coups du cœur ?

 

Un bébé s’éveille, plein ciel

Dans un repli de dune

Que bercent chênes-lièges, mimosas.

 

Mes tendres joues d’enfants

Livrées à ce grand-oncle

Moustache  perçante comme poinçons,

Pommettes tranchantes tels des rasoirs.

 

L’innocence intriguée

Par les attributs de gens en uniforme :

Personnages cousus de gros fil

Hoquetant comme sur films

Burlesques noirs, blancs,

Le tambour du garde champêtre roulant

Dans la sacoche du facteur.

 

Jacques Canut

« Maison de Je »

 

Quels chefs-d’œuvre pour ce monde

Désorienté du beau ?

 

Accuser la fatalité, autrui

Ou soi-même ?

Ecouterai-je un chant

Qui mène à la Mort ?

 

Pose-t-il les bonnes questions ?

Accordez- lui la confiance de le croire

Le poète traite avec l’éternité.

On le laisse vieillir sur sa montagne.

 

Jacques Canut

« Tri »

 

 

 

 

Un coin de ciel

 

De mon logis (porte de droite),

J’ai bien du mal d’apercevoir,

En haut d’une cour trop étroite,

Un coin de ciel, comme un mouchoir.

 

Tel un soleil qui perd la tête

A danser sur l’ombre du toit,

J’ai voulu faire la conquête

D’un coin de ciel trop loin pour moi.

 

Interrogeant les lois astrales,

J’ai jeté des « pourquoi ? comment ? »

A la face pure et brutale

D’un coin d ciel indifférent.

 

Pas de réponse à mes alarmes.

Un beau jour je finirai bien

Par insulter, à bout de larmes,

Un coin de ciel…qui n’y peut rien.

 

Marie-France Cunin

« A cloche-Cœur »

ELAN

 

Je connais un homme

Habillé de silence.

Comment le faire parler ?

 

Tu vas le dévêtir, l’aimer, le décrYpter.

 

C’est ta peau sur la mienne

Qui pourra dessiner

Une ode araméenne

Sur nos grands draps froissés

.

Monique Coudert

« la petite fille et le sculpteur »

 

 

Nous pourrions être autres,

A jamais séparés

De ce qui sans cesse

Nous déchire

Et nous coud dans sa trame mauvaise.

 

Dès lors, le silence – sa foudre qui divise

Ce que les origines avaient déjà scindé –

Est un bien, une possible solution.

L’unité de l’arbre

- des racines à la cime en un seul souffle –

en est un autre.

Je les préfère à la tombe définitive,

aux dates par paires,

au petit trait d’union obscène

Qui joint sous la pluie fine

La naissance et la mort.

 

Jean luc Aribaud

« Une brûlure sur la joue »

A ma Mère

 

Entrer dans ton silence

Pour y chercher ma mémoire

Ce poids sur la balance

Où se pèse notre histoire

 

Entrer dans ton silence

Avec humilité sans gloire

Penser ce qui fut notre chance

Et y puiser mon espoir

 

Te parler d’une victoire

Sur le temps et la solitude

Te parler de mon histoire

Petites joies et habitudes

 

Te parler de mon espoir

Rond et criard de certitudes

 

Yvette Vasseur

Anthologie « Passeur de mémoire »

 

 

 

 

 

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 16:02

ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire

 N°30 H2004 Hiver

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

  e-mail : yvette.vasseur@orange.fr      http://yzarts.over-blog.com

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Soir d’hiver en ville

L’odeur de l’essence parfume la course des aiguilles sur les tableaux de bords ; au rythme des rues qui s’entrecroisent, musiques, appels, paroles, lumières des enseignes et feux de signalisations unissent les humains. Le regard, la poignée de main et la parole reste les liens les plus vrais dans ce monde en mouvement plein de virtualité.

 

La moiteur du crépuscule amène les chevaux fourbus vers les paillasses rassurantes des cafés.

Les ombres couvertes de cuir tanné traversent leur vie avec quelques nuages d’un rêve indéfini derrière les vitres embuées de leurs yeux.

 

La nuit mouillée allume la ville en guirlandes d’espoir. Le cliquetis de chaque talon aiguille résonne dans les flaques à la manière d’un traîneau de Père Noël.

Nuit des villes en hiver, communion  autour des tables des joueurs de cartes, cherchant leur ultime chance comme les naufragés l’île perdue  en mer.

 

L’enfant qui dort, lui, à raison de rêver, et son attente n’est pas veine, chaque jour qui décline le rapproche un peu plus de l’instant magique où le décor s’enjolive de l’offrande.

 

La mère a refermé la porte de la chambre silencieuse et parcours à l’envers le chemin de son enfance

 

Celui qui sait encore la regarder prend le temps de distiller l’alcool de son regard pour en réchauffer le sang de ses veines.

 

Les jours de décembre s’emmitouflent de bleu et d’argent.

Au petit matin, les chiens retrouvent le chemin des trottoirs, leurs aboiements remplissent la rue quand le camion de la voirie retourne les poubelles dans les bennes d’oublis.

 

Puis le silence retombe, juste entrecoupé des cris des enfants, perçus de derrière les fenêtres clignotantes tandis que s’amoncellent les emballages colorés des trésors attendus.

 

Dans les squares les arbres ont jeté à nos pieds des tapis de bruits fauves, chaque pas devient musique, chaque soupir parfum.

 

Ailleurs, sous la protection des voûtes en ogives, la lumière filtre, fleur de soleil.

 

Les bouquets de chandelles s’enflamment prières verticales, creuset où les âmes se fondent pour naître au cristal de l’émotion.

Y.V.

L’inspiration prend des ailes ;

D’un coup de magie l’artiste illumine

Le mystère.

On entend respirer les étoiles

 

Une flamme tremble au loin.

J’ai peur de m’en approcher

De respirer, l’éteindre.

Jacques Canut (ex-abrupto)

 

 

 

Les vieilles mains

 

De vieilles mains

Dessinent des souvenirs douloureux

Au bord d’un lit épuisé

Où se repose

L’aventure d’un destin fabuleux

De vieilles mains

Osent encore

Montrer l’apothéose

D’un temps qui ne s’oublie pas

Qui trace dans un rythme épique

Les rides d’un fulgurant et fatidique émoi.

 

O vieilles mains qui ont caressé et aimé

 

Vous sombrerez dans le cimetière

Où gesticulant encore comme des feux follets

Vos doigts ciselés par la poussière

Oseront encore toucher

Le monde fait pour être caressé

Bruno Morello(le sixième continent)

Vie de poéte

 

A qui écoute à nos vers épandus

Ton cœur empli des élans de ta jeunesse

Quand tu étais moins indigent qu’aujourd’hui

 

En ce style où je pleure et batifole et qui vague

Des espoirs francs à de vaines raisons

Je table davantage trouver pardon chez toi

Qui vis l’Amour vrai

 

Comme je fus le fou du Roi maintenant en face

Des autres  et même de moi je me fais peine

 

La peine seul tribut de ma fierté d’antan

Avec le repentir et l’ultime conviction

Que tout charme ici-bas n’est que songe futile

Gérard Millotte  (Trauma)

 

Dans votre silence

 

Dans les trous noirs de vos yeux

         J’aperçois d’infinis solitaires

                   D’infinis sources

Dans votre silence

Je vois la vie battre, trancher

                   Disposer ensemble

Dans vos pas dans les miens

                   S’éclairent de routes, des maisons

La solitude dresse la tête avec amour

         Le temps compagnon, le temps

Se niche dans la blessure, la torture

Lancez, déchaînez

                            Votre force de buffles

                            Vos flammes de cratère.

Je vois s’écrouler des millénaires de privilèges,

                            Millénaires sanguinaires.

Je vois des espaces chauds,

Des mondes chauds autour de chaque nu-pied.

 

Ferrucio Brugnaro(le printemps mûrit lentement)

 

 

Vent de terreur

Pour la soif des oligarques

 

Leurs serres sur la machine

A tuer la vie du sens

 

Toute trace de libellule

Doit disparaître

 

Chacun pour sa peau

A hurlé le maître d’école

 

Chacun rivé aux

Soubresauts du ventre

 

La soif des récréations

Fait oublier les élégies

 

Tuer fait fureur

Du piano à queue aux synthétiseurs

 

Gérard Lemaire (inédit)

 

 

STRING

Ma vie ne tiens plus qu’à un fil,

Mais ne vous inquiétez pas pour moi,

C’est du fil barbelé

Laurent Santi (le cœur comme une poupée vaudou)

Dernière lumière

 

Reflet du ciel de l’antique Nubie

Le dieu fleuve a vieilli

Entre les temples de pierres ocre

Et les palmiers de la rive

 

Une jacinthe d’eau

Une felouque blanche

Haute voile qui se découpe sur les falaises de sable

Dans un lavis crépusculaire en demi-teinte

 

D’anciens parfums flottent dans l’air

Quand le soleil descend

Lotus d’or et de sang royalement paré

 

Dernier rougeoiement dans l’envol des ibis avant que la nuit n’enferme dans ses ombres

Le Nil et son histoire

Immortel sarcophage

Où l’âme des pharaons murmure le langage du vent

Et du mystère

 

La barque du soleil a plongé dans l’ombre du grand temple

 

Les flambeaux sont éteints à jamais

Mais l’homme cherche encore dans les traces de Thèbes

Et son dédale de colonnes

Les portes de lumière ouvrant sur l’au-delà

 

Marie Andrée  Balbastre

(Lumière, anthologie Terpsichore)

 

 

 

 

L’œil du nuage

 

L’oeil du nuage fixé sur moi

La caresse du nuage qui voyage

Qui se défait

M’attache à lui

Je plonge mon regard dans celui du nuage

Là où s’inventent les formes

Là où se réalisent les vœux

Là où mûrit la fête.

 

Micheline Boland  (inédit)

 

Fin d’année

 

Le jour et la nuit brillent

De mille éclats d’eau

De mille éclats de feu

Le rouge et le blanc

Le rouge et le noir

Forment les monuments

Forgent notre histoire.

 

Le jour et la nuit brillent

De mille éclats de verre

De mille éclats de fer…

Lorsque nos cœurs se lassent

Le cours du temps qui passent

Cristallise nos peurs

Et distille nos pleurs…

 

Demain ouvre la porte

Sur ce qui nous importe

Et sur tant d’inconnues…

Le cœur à neuf et toute honte bue…

 

L’enfant qui naît

L’homme qui succombe

L’amour renaît

Même lorsque d’autres tombent…

Yvette Vasseur

 

Hiver

 

La chaîne d’un vieux puits grince lugubrement

Et sa plainte emportée par le vent opiniâtre

Pétrifie chaque soir l’esseulé près de l’âtre.

La terre, chair à vif, sous les labours fumants

 

D’où suinte une sanie, palpite faiblement

D’une vie se mouvant sous sa croûte olivâtre

Des ailes froissent l’air dans un amphithéâtre

Hanté, pour nos esprits, d’âmes de morts geignants.

 

Infiniment l’hiver nous impose sa hargne

Et prélude, neigeux, la glace du tombeau

A peine réchauffée par un feu de campagne

 

La chaîne du puits grince et nous passons, corbeaux

D’une saison dans l’autre, en quête de tendresse

Grelottants, angoissés par nos propres détresses

 

Paul Bensoussan (inédit)

 

 

Fragilités

 

Toujours, je vous laisserai hurler avec les loups,

Vous repaître d’argent ou de gloire

De fausses valeurs, de vile hypocrisie

Ou de votre si haute technologie…

Vous pourrez m’adorer

Me haïr, m’encenser ou si bien me trahir,

M’injurier de par vos bouches délétères

Et même m’inonder de crachats impurs ;

Vous pourrez me mépriser

Me jeter au visage mille calomnies

Ou simplement ne me pas croire

Sous le flot insidieux de quelques sarcasmes,

                   Vous ne saurez jamais

Les secrets de mon âme !

 

Gérard Mozer (inédit)

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:56

ECHO DE CH’NORd

Poézine gratuit et aléatoire

 N°26 hiver 2003

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

  e-mail : yvette.vasseur@orange.fr      http://yzarts.over-blog.com

Pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

+ 4 enveloppes timbrées pour les expéditions, ou adresse

DEMAIN

 

Agé de cent mille ans j’aurais encore la force

De l’attendre, o demain pressenti par l’espoir.

Le temps vieillard souffrant de multiples entorses

Peut gémir : neuf est le matin, neuf est le soir.

 

Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,

Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,

Nous parlons à voix basse et nous tendons l’oreille

A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.

 

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore

De la splendeur du jour et de tous ses présents.

Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore

Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent.

 

Robert Desnos  (Etat de veille, 1942)

 

 


PARLER SEUL

N’est pas dire la vérité

Elle,

Elle est ailleurs

Perdue derrière

Ses sept voiles

Sa mise à nu

Dépend de notre regard

De notre capacité

A la désirer

A la regarder en face

Avec les yeux

De l’amant

Prêt à donner

Sa vie pour elle.

 

 

Parler seule

N’est pas dire la vérité

C’est juste soulever

Un voile

Et renoncer à toucher la chair

De ce qu’un peuple a

A dire

Si seulement

On regardait sa danse.

 

 

Yvette Vasseur

(empreintes d’une femme du peuple)


 

 

 

 


la charité est un bonbon pour satisfaire les corps

 Et endormir les esprits !

Didier Trumeau (parler de tout c’est pas rien !)


La marchande de fromages de chèvre est souriante

Elle a un visage rond qui s’y prête peut-être

Mais quel délice cette affabilité

Elle a raconté ses persécutions

Les paysans du coin veulent la déloger

A coups de bulldozer

C’est la même histoire un peu partout

Elle a compris que nous étions dans la même foutue barque

Alors elle a ce sourire

Magnifique

Pas supportable à d’autres

Pourquoi au fond ne pas sourire tous ensemble

Seulement de temps en temps…

 

Gérard lemaire (inédit)

EMOI

 

En moi quelque chose palpite

Et pleure ou chante

Agonise puis ressuscite

Quelquefois au déclin du jour

 

Quand toutes choses s’apaisent

Qu’une douceur infinie tombe du ciel

Quand des bois ou des près mouillés

Par l’averse trop attendue

La chanson des petits crapauds

Rejoints les mille bruits tranquilles de la rue

 

Quand je suis seul

Que le travail plus ne m’appelle

Quand je me sens comme plein d’ailes

 

Et que je veux loin de mes doutes

Mener mes pas droits devant moi

Sans autre guide que la route

 

Et mon Emoi

Jean Magri

 

 


RONDE EN TETE

 

Mon monde à moi, c’est moi !

C’est l’histoire de mon rêve

Qui me poursuit sans trêve

Ma force ou mon émoi

 

Tourne, tourne la terre

Comme une vis sans fin

La graine qu’on enterre

Et qui renaît enfin

 

Tourne, tourne ma tête

Dans mon monde intérieur

Qui joue au grand seigneur

Quand tous sont à la fête

 

Cet autre me sourit

Il redouble ma liesse

Démolit, me construit

Tour à tour et sans cesse

 

Puisse ronde des jours

Jusqu’à l’extrême infime

En moi toucher l’intime

Des secrets de toujours

 

Chantal Catry (En moi l’intime)


 

 

 

 

REMINISCENCES

 

Je fus l’enfant tranquille discernant les chimères,

Ce frêle adolescent, épris de libertés…

Je fus ce révolté, quasiment solitaire,

Qui cache son chagrin ou pleure en secret.

 

Ma jeunesse mourut au cœur d’une caserne,

Ce lieu infect en soi, stupide éminemment.

J’en vis se contenter, à mon étonnement,

De ces sottes idées que la patrie décerne.

 

Traitez-moi de poltron ou traitez-moi de lâche,

De tous temps, je l’avoue, la guerre me fit grand peur.

Jamais ne partageai les sentiments vengeurs

Inculqués au troupeau par de fiers bravaches…

 

Assurément je crus, toujours, mais en vain

A la fraternité dont se gausse l’humain.

Assurément je crus, et je crois encore,

Que celui qui sourit domine le plus fort.

 

Gérard Mozer

 

 

 

 

 


L’AMOUR SOURIT

 

L’amour sourit

Pour ce baiser volé et chaste

Des gosses révoltés

Premiers hourras rebelles se battent

Contre les stupides préjugés

Et de l’ordre moral s’en tapent…

 

L’amour sourit

De ce collier de quatre sous

Offert plaqué tendresse

Ca ne vaut pas beaucoup

C’est la beauté du monde

dans la détresse

Juste de l’amour et quelques rêve fous

De lumière autour du cou…

 

L’amour sourit

Dans la joie du violon

Quand les mains sont archets.

 

 

 

De la peau s’élèvent les sons

Mélodieux de force et de paix.

Et que des corps frissons naît la rime

Alors on s’prend pour Ménuhin.

 

L’amour sourit

De ces mots que l’on ne sait plus dire,

Au matin enivré des gestes câlins,

Sensuelle fatigue s’étire,

Au plafond navire voyage

Sous le voile bleu de ce lit baldaquin.

Les yeux voient de merveilleux nuages.

 

Bruno Toméra (dans : Poétic 7)

 

 


 

 

AIMEZ VOUS LES UNS LES AUTRES LE ENFANTS

Aujourd’hui comme hier

Le temps passe vite

De toute manière

Pensez aux lendemains…

Que les douleurs ne pénètrent votre monde.

Travaillez, efforcez-vous

Pour devenir des  hommes…

 

Que les incertitudes

Ne vous emportent pas

A leur suite…

Aimez votre maître d’école

Qui vous indique le chemin…

Comme votre mère

Comme votre père…

Que l’amitié soit règle de vie

Et l’amour le mot de passe

Aimez-vous

Les uns les autres

Les enfants

Üzeyir lokman  CAYCI

 

 

 

 


TRILOGIE

 

 

Les idées

Elles vont et viennent

Comme des lucioles.

Il faut vite les saisir

Pour les matérialiser

Sinon elles s’envolent.

 

Parfois c’est un crayon

Qui d’un trait maladroit

Les fixe sur le papier*

figurativs ou bien abstraites

Sous les coulées d’encre

Elles prennent corps

De trame ou de couleur

Se vêtent ;

 

Parfois ce sont mes mains

Qui au hasard de cases

Sur les cordes d’une guitare

Les font vibrer dans l’air.

Elles deviennent notes de musique

Que j’ordonne et colore

Pour les jouer sous forme

De petites pièces

De paysages sonores.

 

Parfois ce sont des mots

Jetés sur le papier

Comme les pièces d’un puzzle

Qu’il faut ensuite trier

Marier avec les notes

Pour faire une chanson

A moins que ne les baptise

Poèmes ou bien nouvelles.

 

 

 

Quand je les ai capturées

Que je les ai travaillées

Qu’elles soient devenues

Dessins, musiques ou textes

C’est un  petit peu de moi

Et je vous l’offre.

 

Bernard   Villiers

( dans : Poétic 7)

 

 

 

 

 

 

REQUIEM

 

Je donne mon rêve…

 

Une goutte barbare

Une goutte folle…

 

On écrit un final

De mythe jovial…

 

En sourdine un piano

Chante un requiem…

 

Nadia-Cella POP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:51

ECHO DE CH’NORD      ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

N° 28 été 2004

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux   e-mail : yvettevasseur@wanadoo.fr

 pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

+ 4 enveloppes timbrées pour les expéditions, ou adresse e-mail.

 

SPECIAL  RECUEILS

Se re-cueillir, c’est avoir poussé …

 

Pourquoi, pour une fois, ne pas changer son fusil d’épaule, et, plutôt que  présenter des textes inédits, rendre hommage aux textes publiés en recueils.

 

Faire un recueil, c’est un travail de longue haleine. C’est beaucoup de recherche pour créer une cohésion entre les textes et une écriture commune, une idée ou un concept cohérent. C’est partir à la recherche d’un éditeur, imprimeur, ou décider de le faire soi-même, parce qu’on a le temps, mais pas d’argent, pour payer l’éditeur à compte d’auteur ou l’imprimeur. Parfois aussi on espère gagner un concours qui permet l’édition du recueil et une diffusion assurée par la notoriété du concours…

C’est tout cela et bien plus encore la « gestation » d’un recueil…

Et, lorsqu’on est prêt à présenter son « bébé » :

on prend son courage à deux main

on le présente par un petit morceau de papier envoyé en courrier,  on en parle autour de soi…tentant d’intéresser quelques proches, qui vous aime bien…mais n’ont que peu d’argent et peu d’intérêt pour la poésie.

C ‘est ainsi que ce petit monde de la poésie  tourne autour de lui-même, en auto production, réduit à l’échange avec quelques adeptes, vendant 100 exemplaires sur 10 ans ou offrant et échangeant le reste dans le meilleur des cas…

Comme je sais de quoi je parle, je voudrais rendre hommage à tous ceux qui un jour ont tenté cette courageuse et périlleuse aventure qui consiste à tenter « d’exister » en poésie par un recueil…

 

Ne nous laissons pas éblouir par le compte d’auteur trop cher, pour une quantité de bouquins invendables…

Offrons, échangeons nos recueils…IL en restera toujours quelque chose !

 

 

« Les poètes nous aident à aimer »

Anatole France

« Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef »

Stéphane Mallarmé

 

 

 

 

 

 

LE DANSEUR

Tu parles et tu montres

Tu dis et tu fais

Face aux murs

De silence et d’immobilisme

Des nuques vides te répondent

Et les insultes dégoulinent des miradors

 

Tu parles et tu fais

Ils dissertent et s’immobilisent

Dans des concepts lourds

En mal d’imagination

 

Avec la puissance de l’argent

De l’habitude et du mépris

Sourds et aveugles

A la vie qui danse…

YVETTE VASSEUR

Parcours urbains.  La plume édition

 

Si, si j’ai été un enfant, mais je n’arrive pas à savoir ce qu’est un adulte. Et je regarde pourtant très attentivement. Et je trouve ça si gris, si vous voulez, avec tous les signes extérieurs que cela comporte, et je préfère essayer de rester un enfant.

JACQUES BREL

In « En souvenir de nous » recueil de croquis et pensées de GERARD MOZER

 

ON DIT QUE L’ESPOIR FAIT VIVRE

Lutte des classes

El Commandente Che Guevara

Saint Suaire de Turin

Pionnier Américain

Outsider

Imbécile heureux

Reproduction in vitro

 

Fait divers des journaux

Anonymat du héros

Inconscient collectif

Tien an Men 89

 

Viande Française

Irrésistible attraction

Verdict du tribunal

Reconversion professionnelle

Expérimentation animale

 

On dit que l’espoir fait vivre… 

SAMUEL DUBEAU In  « B.P. POESIE 2004 »


 

 

ROUEN

 

Pour hauts faits d’amour, se trouve condamnée à se consumer, les braises en creux de paumes. Son regard en vitrail défenestre les cryptes, embrase les bûchers. Elle monte, col nu, poitrine offerte et poignets aux seins liés, sur l’échafaud du supplice. Refuse le bandeau pour voir son rêve au fond du feu, le phénix à ses chevilles couché. Elle ne craint pas les envolées, à ses chaînes rivées. Paille et bois, sa campagne, somme toute et gagnée.

 

Celle qui peut de si grande choses dépose enfin les armes : elle brûle en ses emblèmes. Renoncer coûte peu quand l’horizon demeure.

 

CHRISTINE DELCOURT

In « le bûcher de Jehanne »

 

Les vérités sont fanfreluches

Dont se parent nos vanités,

Le vent d’automne de la Mort

Effeuillera notre amour-propre

Et notre corps déraciné

Ne saura plus qu’il fut mensonge…

 

CHRISTIAN BOUCHAIN
In « Corpus Poéticum »

 

Pourquoi en ces années noires un tel vide advenu

S’interroge / s’interrogera / s’interrogerait l’Homme du futur

Comment pourquoi

Le désert a-t-il gagné le fond de cette planète

 

Un tel désert

Une telle absence

Un tel flot de sang

Inextinguible

Une montagne de sang

Un déluge de sang

Une telle furie contre

Un tel rendement meurtrier

Du juste et de l’innocent

GERARD LEMAIRE

In « Appel au vide »

 

 

 

GRAND MESSE

 

DIEU MÂCHOUILLAIT UN VERRE DE VIN CRU DANS UNE SYLLABE DU PASSE DECOMPOSE. IL HUMAIT LE TUBERCULE ENFONCE D’UNE VIELLE MENINGITE AUX POINGS DRESSES DANS LA BOUCHE MAUVE DE SES VERTIGES DEGOULINANTS DE PRALINES DE CHOIX , LESQUELLLES GRIGNOTAIENT LE VERBE ASSEOIR COMME DU PETIT LAIT DANS LA CASSEROLE DU PERE FOUETTARD A L’HALEINE MORIBONDE.

UN SOIR DE GROSSE PAILLARDISE, LES AILES D’UN NENUPHAR SAUTILLERENT D’UN  PIED DE PORC A L’AUTRE SUR LA PEAU TENDRE D’UN NOUVEAU BITUME QUI SOMNOLAIT DANS L’EAU CHAUDE, SUR UN AIR DE DEROUTE.

 

JEAN KELLOG

In « CONCERTO POUR PERCEUSE ET GOITRE A DEUX CORDES »

 

 

 

L’AMOUR N’A PAS DE PRIX

 

Tant d’églises traversées

Me donnent à penser

A la taille des bougies

Rendant hommage aux vierges

Que l’amour ne doit rien

A la grosseur des cierges.

 

JEAN L’ANSELME

In « La chasse d’eau »

 

 

Euphémisme

Quand les poules auront

Des dents

Les coqs auront

des poings

Pour les leurs casser

Parce que la masculinité

Est souvent

Synonyme

De machisme

Et parce que le monde est plein

De gros cons qui ne savent pas

Viser la cuvette

Et qui croient que les femmes

Sont là pour nettoyer la pisse.

LAURENT SANTI

In « il faut battre l’enfer tant qu’il est chaud »

 

ARMOR

 

Terre où finit le monde, où le rêve commence,

Armor avec ses caps, ses genêts, ses marins ;

Terre de Brocéliande aux forêts de Merlin,

Aux landes infinies dans leur désespérance ;

 

Espace illimité, coloré de mouvance,

Ultime proue de l’occident, granit d’airain,

Enchantée de marée aux beaux alexandrins

Offrant à nos songeurs un sens à l’existence.

 

Depuis l’ancien Carnac aux bizarres menhirs

Et jusqu’à St Malo, la cité des corsaires.

C’est la pure patrie nimbée par le mystère

 

Suscité par la mer qui psaume le partir

Quand la barque échouée dans le crépusculaire

Hanté de goélands, dresse un mât solitaire.

 

PAUL BENSOUSSA

 in « Echo à trois voix »

SYMBIOSE

 

La plaine avec sa jupe à pois,

Faits de papilionacées blanches

A, tous les jours, l’air des dimanches :

C’est fait pour épater les bois !

 

Son corsage de velours vert

Est plus affriolant encore,

Lorsque les rayons de l’aurore

Le font mouvoir comme la mer.

 

Je suis presque un lilliputien

Perdu sur ce corps qui m’envoûte ;

Sa ceinture me sert de route

Mais c’est l’âme qui m’appartient !

 

LOUIS DELORME

 in  « Echo à trois voix »

 

 

 

 

QUELQUES ADRESSES  POUR ECHANGER ET CORRESPONDRE

 

BOURDET RENE                            La spouze                                                            23230 La Celle sous Gouzon

Œil de Fennec

BALBASTRE MARIE ANDREE  90 Bd Carnot                                                     59000 LILLE

TERPSYCHORE

BENSOUSAN PAUL                        37 rue des oiseaux Plessis la forêt                   77176 Savigny le temple

CERGAL SAMUEL                         100 rue Lille                                                        59200  Tourcoing

,POEZISTE

DELCOURT CHRISTINE             La charmeraie 106 rue de la Bruyère            78300 Poissy

L’ANSELME JEAN                         22 rue des Félibres                                             91600 Savigny/Orge

LEMAIRE GERARD                       15  rue des graves                                              36300 Concremiers

MOZER GERARD                           15 rue de Gimbsheim                                        21240 Talant      

SANTI  LAURENT                           Chemin de la Rabasse                                      84290  Ste Cécile-les-vignes

DELORME LOUIS                          133 rue d’Angerville                                          91410 Les Granges le Roi

MEUNIER DANIEL                         235 Allée Antoine Millan                                 01600 TREVOUX

LA PLUME EDITION                                      Bât C

TRUMEAU DIDIER                        Chemin de grandchamps                                 18100 Vierzon

 L’HEURE TARD

 

LA NUIT

 

La nuit porte conseil

La nuit porte merveille

 

La nuit porte le soleil

Dans son ventre dodu

Jusqu’au bout de la rue

 

La nuit porte les fous

Qui ont un rendez-vous

Avec une autre vie

 

La nuit porte l’ennui

De tant de solitaire

Qui dans leur lit se terrent

Où font taire leur mémoire

Roulant sur les trottoirs

Comme sur une patinoire

 

La nuit porte des enfants

Qui ont perdu leurs dents

De sagesse

 

La nuit a des largesses

Quand le jour vous délaisse

Et ment.

 

Yvette Vasseur    in « Parcours Urbain »

 

 

(d’autres « écho de ch’Nord »  seront consacrés aux recueils déjà reçus)

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:49

ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire

 N°27 PRINTEMPS 2004

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

  e-mail : yvette.vasseur@orange.fr      http://yzarts.over-blog.com

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PENSEZ POUR MOI

 

Pensez pour moi « j’n’ai pas l’temps »

Dit le représentant au Président

J’ai un rendez-vous crucial

Pour augmenter le capital

De ma société commerciale…

 

Pensez pour moi « j’n’ai pas l’temps »

Dit le routier au Président

Je vous accorde ma confiance

Pour les choses qui ont de l’importance

Moi je ne fais que rouler

J’nai pas le temps de parlementer…

 

Pensez pour moi « j’n’ai pas l’temps »

Dit l’ouvrier au Président

J’ai des cadences à respecter

Si je ne veux pas faire chuter

Les primes de production d’atelier

Qui font mon SMIC amélioré…

 

Pensez pour moi « j’’n’ai pas l’temps »

Dis la ménagère de moins d’cinquante ans

Il faut que je fasse mon marcher

Et puis ma séance d’UV

Et je serais à peine rentrée

Pour l’nouveau jeu télévisé…

 

Pensez pour moi « j’n’ai pas l’temps »

Dit le président à son secrétaire

J’ai tellement de choses à faire

J’ai rendez-vous au ministère

Pour le «briefing » hebdomadaire

Et puis ma femme et en colère

Que je ne puisse satisfaire

Aux exigences du protocole

Alors que c’est elle qui s’y colle…

 

Et c’est ainsi que l’secrétaire

Fait tourner la terre

A sa manière

En écrivant avec amour

Moultes discours !

 

Yvette Vasseur

 

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux   e-mail : yvettevasseur@wanadoo.fr

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RÊVE D’Eté (alias Didier Trumeau)

 

Pour ! Quoi ? Pas ? !

 

La poésie, la philosophie ne sont que des instruments, des outils .

L’art est une caisse à outil.

La poésie permet d’avoir un regard et une action différents, sur le monde.

Elle permet de le rendre plus acceptable, agréable mais aussi de le rendre plus réel, parfois même sur-réel. Dans tous les cas la poésie n’est jamais neutre, et ceux qui pense que la poésie doit l’être ont, soit, une conscience exiguë, soit ne sont pas poétes-ses. La poésie ne peut pas être neutre tout simplement par sa conception et son concepteur. Sa conception si elle est le reflet de l’esprit est forcement matière forte, si c’est le résultat d’une création élaborée, elle est logiquement empreinte d’une puissance de conscience, de réaction et donc d’engagement.

La poésie est subversive parce qu’il y a en elle plusieurs niveaux de lecture, de compréhension, de structure, de néantise comme de plénitude. Si vous pensez qu’elle est ringarde c’est tant mieux et d’ailleurs si vous pensez le contraire c’est tant mieux aussi. La poésie est simple car elle s’adresse à l’enfance. Elle est complexe car elle est simple et ce qui est élémentaire cache l’universel. Elle est multiple car unique. Posée par tous elle est compréhensible, par chacun, par personne. Ecrite par un elle est lisible par tous, quelques uns. ; Elle peut toucher une infime partie de votre être, comme vous envahir, vous submerger même vous détruire…Elle peut à l’instar de la magie d’hier construire des univers et comme les sorts ancestraux transformer un étron fumeux en rose parfumée. La poésie est amenée à disparaître en apparence car son but est d’être aussi présente que l’air et aussi invisible. Alors que l’humanité sera délivrée de toutes les hypocrisies, que l’art sera accessible à tous car le fruit de tous, que la philosophie sera à jamais écartée des salons de l’élite et des cerveaux formatés à la BHL, la poésie ne sera plus car elle sera partout, tout ? Alors plus besoin de signer le moindre alexandrin, de se vanter de la moindre prose ayant du sens, le/la poéte/sse ne sera plus poéte/sse car tous seront poétes.ssses et que loin de l’uniformité c’est à l’infini l’univers qui se déroulera par vagues irisés et multiformes multipliées par l’éternité. Alors les H, les R, les LF, les V, les GS, les FV, les…ne seront plus que des poèmes car la musique de leur éponymes sonnera comme une évanescence et céleste harmonie.

Dois-le signer alors que le/la dernier/re triste fâcheux/se est en voie d’éradication, que la mort est conviée au banquet de la perpétuité, que les dieux/déesses sont enfin déboulonné/es et que la création peut espérer commencer le début pour jamais à toujours  avec toutes et tous pour quoi pas !

 

 

 

 

 

Extrait de : LE CARNET DE PÊCHE AUX MOTS : journal des ateliers d’écriture 2002-2003 de l’association POEZIST ( disponible contre 7 euros à Poézist 100 rue de Lille 59200 Tourcoing)

 

Jeu du Cadavre exquis :

Samuel : qu’est ce que la politique ?

Eric : c’est une belle fille qui passe dans la rue et qui s’en va !

 

 

Je m’avance les mains vides

Sans savoir où aller

 

Sans rien voir

Qu’une ombre dorée

 

Qui s’enfuit dans la neige

Portée par la tempête

 

Elle perd même ses vêtements

La voilà nue et blanche

 

Et puis je ne sais plus

C’est à moi de fuir l’écran

 

Mes mains voudraient chanter

Un hymne encore à vivre

 

Je le donne au pur vagabond

A celui qui ne demande rien.

 

Gérard Lemaire

 

J’ai cherché les éclats de la pulsion dans l’effondrement de la réalité

J’ai cherché l’appui du pouce et le claquement du majeur contre la paume des planètes

J’ai cherché l’orchestrale saccade des bras rythmant la pulsation infinie du temps

J’ai cherché les orbites curieuses pour rouvrir les paupières closes

J’ai cherché la brûlure de ton regards dans le matin rouillé de gel

J’ai cherché la paix dans la chaleur sereine de tes expirations

J’ai cherché à peindre les lettres du désir et je me suis serrée contre toi

J’ai cherché à éparpiller le silence et tu as posé ton doigt sur ma bouche

J’ai cherché la chorégraphie de l’inutile ton corps magnifie l’inertie de l’essentiel

J’ai cherché la frontière déséquilibrée du langage tu m’as montré une mappemonde

J’ai émigré dans tes paroles

Et je n’ai plus de pays. Je suis bien.

Bruno  TOMERA

 

Le pour et le contre

 

Escamoter ceux qui sont contre

Arrangerait ceux qui sont pour

Le pour et le contre alentour

Ne sont pas fait pour la rencontre.

 

Si l’un survit à malencontre

C’est que l’autre aura tourné court

Escarmoucher ceux qui sont contre

Arrangerait ceux qui sont pour

 

C’est insensé tout le démontre

Les opposés vont à rebours

Ils se reprochent leurs débours

L’heure est venue à notre montre

De séparer les pour ou contre.

 

André Pagès

 

 

 

 

ORIENTALE

 

Touffeur gluante d’une nuit silencieuse. Le désert a ouvert son abîme d’ombre. S’allonge vers l’horizon une route étroite, aux balises jaunâtres.

A l’orée des grands sables, pour un miracle d’oasis, la ville a groupé ses hautes fleurs de verre. Comme autant de pétales, les enseignes multicolores scintillent au bord des toits, éclaboussant la nuit de leurs flammèches . Cimeterres et yatagans d’alphabet, obstinément, pointent leurs lames vers le ciel bas.

Au pied des vitrages, rivalisant d’orgueil : automobiles dernier cri et devanture de bijoutiers.

Passent des couples raides, majestueux d’énigmes.

Hommes en blanc, regard d’acier et port de roi. Femmes drapées de noir, à la voilette encageant les yeux ; suivantes muettes, portant le deuil du monde et d’elles-mêmes. Le désert, ici, a gagné les cœurs.

(abou Dhabi, Emirats Arabes)

 

Extrait de l’astrolabe enfouie Philippe Veyrunes.

 

 

 

 

 

 

 

ARMES : l’amour comme épée, l’humour comme bouclier   (B. Weber)

 

 

Il marche toujours

Sans savoir si la prostituée

Lui a ouvert une porte suer le vide

Ou s’il échafaude une dune dans sa tête

Qui s’écroulera sur lui

Lorsqu’il rentrera à l’intérieur

 

Le pire est qu’il ne pense même pas

Etre tombé dans la ventre d’une femme

 

Il imagine juste

Un ensemble de malheurs

Pour passer

De l’autre côté de la route innocente

 

Patrice Malataverne

 

 

 

 

Le siffleur

 

Personne ne lui prête attention, mais, pourtant il fait totalement parti du cades de la ville où j’habite.

Il arpente jour après jour, les rues de ma cité. Il est le meilleur indicateur des gens égarés.

Qu’il fasse beau, qu’il pleuve, qu’il vente, par tous les temps, il accomplit, vaillamment son labeur, son travail dont personne ne veut, par manque de modestie ou goût de la facilité.

Cependant il est toujours présent, sifflant tout le temps pour s’encourager ou oublier sa condition que les gens dédaignent et ne font rien pour faciliter sa tâche.

Pourtant, c’est un personnage très important dans la ville, chacun connaît son imposante silhouette, ses cheveux poivre et sel.

Ce n’est ni le maire ni le pharmacien, ni le curé, ni le médecin.

Pour accomplir son service, il a deux outils essentiels : le balai et la poubelle à roulettes.

Et oui, vous l’avez deviné : c’est le balayeur, maintenant on dit « le technicien de surface ». Hommage lui soit rendu, car le travail qu’il fait n’est pas de tout repos.

L’automne n’est pas sa saison préférée : les feuilles mortes ne sont pas ses amies !

Mais coûte que coûte, il accomplit sa tâche, qu’il en soit beau coup remercié.

 

Extrait de « chroniques ordinaires de la vie citadine) Jean Louis Pello

 

GAMINE ANTIPERSONNELLE

 

Qu’elle est belle,

Cette gamine à la jupe

Sûrement aussi courte

Que ses idées,

A la culotte que je devine

Aussi blanche que mes nuits

Aux jambes plus longues

 

 

Que les jours sans soleil…

Vraiment le genre de petite bombe

Qui me fait regretter

D’avoir mangé trop

De sucrerie

Quand j’étais un môme…

 

ECRIRE

 

Ecrire.

C’est montrer ses couilles

A une bandes d’eunuques

C’est se bourrer la gueule

Pendant une réunion

Des alcooliques Anonymes

C’est sortir un canif

Quand un mec vous menace

Avec un flingue

Et l’égorger quand même,

C’est se balader

Avec un parapluie

Sous une pluie

De bombes

Et ne même pas être éclaboussé,

Ecrire c’est tout ça

Et c’est rien du tout,

A peine une goutte d’eau

De vie

Dans la mer

D’encre d’échine.

 

 

Extrait de « Sur un air de Fado » de Laurent Santi

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:47

ECHO DE CH’NORD      ECHO DE CH’NORD 

Poezine gratuit et aléatoire

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

N° 25 Automne 2003

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

e-mail : yvettevasseur@wanadoo.fr

 pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

+ 4 enveloppes timbrées pour les expéditions, ou adresse e-mail.

HOMMAGE AUX ANCIENS

« Lisez les poèmes écrits par des poètes dans leur vieillesse, vous n’y trouverez trace de rhumatisme ou d’anémie. C’est qu’il n’existe pas, à ma connaissance, de poème vieillard. Les poètes restent jeunes, la poésie est l’eau de jouvence, ils ne peuvent pas vieillir. » (« Les poètes restent jeunes », Abbas Beydoun, poétes libanais.)

 

ANNIVERSAIRE

 

(poème écrit pour les 80 ans de Georges Piou)

 

Ne rien vouloir d’autre que cette volonté

De pouvoir être déjà recommencé

Courir nu, traverser le monde en chantant

Et sans cesse te préserver un cœur d’enfant.

 

T’ouvrir à tout ce qui remplit et qui te touche

Comme aux baisers du temps qui effleurent ta bouche.

Retrouver la saveur mordorée du bleuté

Des lacs transalpins sous la chaleur de l’été

 

Porter l’air appliqué de celui qui veut apprendre,

Après avoir longtemps lutté, à se détendre,

Et vivre ces toujours, ces légers mots d’amour.

 

D’une hâte tranquille et d’un pas sans détour,

Ces années te sont comptées, repaire inconnu

Mais au fond de toi même quel âge donc as-tu ?

 

Jean-Luc Lamouille

(Grenoble)

 

 

 

 

 

QUI A TUE GRAND-MAMAN ? 

Dans quelle société vivons-nous ?

Avons nous mis la machine au service de l’homme où sommes nous devenus, tel Charlot dans les temps modernes, un complément de nos ordinateurs, un complément de nos automobiles ou plus simplement d’un système qui nous dicte de nous fondre dans le moule de ses exigences ou de disparaître dans la déchéance de la marginalité…

Car, bien entendu, la marginalité est toujours assimilée, à une déchéance…La dictature du pouvoir consumériste a vite fait de «marginaliser »le chômeur, le vieux, le handicapé ou celui qui n’a pas de voiture…

Marginal et hors la loi celui qui s’oppose à la loi du silence général : de la désinformation,   lorqsqu’il s’agit de défendre une idée du respect et de la dignité humaine en même temps que celle de la planète tout entière (tel José Bové arrachant des plants transgéniques)

 

La dignité humaine, c’est de cela qu’il s’agit, tout n’est qu’apparence dés qu’il s’agit de la défendre, et les médias roucoulent des fêtes hypnotiques pour vous tirer des larmes et vous faire tirer des chèques aux profits d’associations aidant à résoudre tel ou tel problème humain. En sociétés modernes nous croyons tout résoudre par l’argent, et nous croulons sous le surendettement…IL y a des problèmes que nous pourrions résoudre avec le cœur, encore faudrait-il se souvenir qu’il existe une dimension humaine qui échappe à l’homo-sapien moderne : le temps qu’il daigne consacrer aux autres.

 

Le temps, la patience, si l’homme peut en avoir pour sa progéniture, valeur sacrée de notre société où nous faisons peu d’enfants, nous n’en avons guère pour nos anciens, paradoxe critique puisque notre population vieillit !

Le «jeunisme » correspond bien aux critères d’une société où être jeune et beau ouvre les portes de la réussite, surtout quand on se donne beaucoup de mal pour vous le faire croire puisque cela ouvre des marchés.

 

La culture moderne a mis les vieux obsolètes. La télévision a remplacé la grand-mère qui racontait des histoires et nous nous étonnons de faire de nos enfants des boulimiques, des obèses, des anorexiques, nous les réduisons parfois à cette seule dimension sociale virtuelle qui les amènera naturellement à choisir le portable et l’ordinateur plutôt que la communication directe avec tous les acteurs de la société.

 

Qui inculquera à ses enfants le goût de la patience, de la dignité, du respect, sans qu’il soit pour autant un personnel soignant, qui se rappellera qu’un jour aussi il sera vieux ? Celui qui n’aura pas su donner cette dimension à sa vie familiale, sera peut-être condamné à mourir seul à son tour !              YVETTE VASSEUR

 

SUR LE BATON BLANC

 

Sur le bâton blanc

De M’sieur l’Agent

Il y avait un cheveu blond…

La femme de M’sieur l’Agent

Allait se faire du mauvais sang…

Mais près de ce cheveu blond

Sur le bâton blanc

De M’sieur l’Agent

Il y avait heureusement

Quelques traces de sang… 

 

LA PUTAIN

La putain

S’est couchée tant de fois

Pour le moral du soldat.

Aujourd’hui

La putain

S’est allongée

Pour que le soldat

Ne parte pas.

Elle s’est étendue

Au travers de la voie ferrée

En criant :

« Putain de guerre »

Avec moi, les mères !.

Mais les mères l’ont ignorée

Et leurs fils ont pris le train…

Le train

Qui est passé sur la putain.

 

MARJAN

(Niort)

 

 

 

 

 

 

 

 

OLIVIER

 

Olivier mon bonheur, ma future huile vierge,

Ecoute la rumeur qui court dans le vallon,

Le ruisseau qui descends de la verte montagne

Et le mistral neigeux qui roule sur les pins.

 

Un silence de mort fait suite au chant du vent

Qui s’est tu brusquement. Depuis deux heures lentes,

Pas un oiseaux, pas un cri : comme un calme funèbre

Etreint mon cœur lassé. Et mes yeux fatigués

 

Sur le dernier hameau du paisible village

Recherchent vainement quelque signe de vie !

Ah ! voici dans le ciel trois corbeaux silencieux.

 

Remontant vers le nord en un vol disgracieux !

Au couchant, peu à peu, un soleil rouge et or

Disparaîtra bientôt dans les brumes du soir.

 

Jean Magri

(Sassy la Vineuse)

LE VAGABOND

 

Il étanche sa soif aux sources de cristal,

Formant avec ses mains une vivante amphore.

Il est le pèlerin du vieux chemin sonore,

Engendrant une vie en bonheur idéal !

 

Il a pour oreiller le douillet végétal

De la mousse des bois que l’Automne décore.

Dans son habit humide, il contemple l’aurore

Et pour lui la nature est son meilleur régal !

 

Au fond du ciel bruni, le soir fixe sa toile

Au clou resplendissant d’une première étoile,

Renaissant dans la nuit quelque céleste aveu

 

A des parfums d’espoir, des ombres de promesses !

Les yeux du vagabond, comme un tapis de jeu,

Enferment l’univers et toutes ses richesses…

Paulette Six

(Roubaix)


LIBERTE IMMEDIATE

 

La chaîne des mots retient

La glu qui sort des sens

L’histoire n’a pas de sens

Pas de fin aux jours gris

La ville sale

Ne sait pas laver sa plaie sous la pluie.

On crache sur les murs

Pour effacer la vomissure journalière

Le chemin quotidien

Du travail sans fin

Chaîne de travail

Loisirs abominables

Homme devant soi-même

Condamné, conditionné

Jusqu’à la fin des temps.

Merde, chiotte et chiotte

 A quoi ça va ton cul emmerdé

Et tes couilles pendantes

Sur la fosse septique

De l’usine à bras cadencés..

C’est pas jojo la popote des familles

Ses résidus de fin de mois

Les œufs ratés, le foutre moisi

Mayonnaise de mes  deux

Epatés sur la merde de récupération

Engrais pour notre à tous

Pour le sale blé du mauvais pain.

 

Liberté immédiate nous entends-tu ?

Liberté

Liberté de dire

Liberté de faire

Dure Liberté nous entends-tu ?

 

Gaston Criel  (in Popoéme)

(Seclin)

 
 
 
CHAMPAUBERT ET MONTMIRAIL

 

Champaubert et Montmirail

Mon beau-père est générail

Générail dans les ch’min d’fer

Montmirail et Champaubert

 

Sur la Marne le dimanche

Avec sa chemise blanche

Et sa bouille corail

Mon beau-frère est amirail

 

Ma belle-mère est cantinière

Du côté de Champaubert

Ell’ vend du vin à six sous

Qui vous met dessus-dessous

 

C’est pour doter ma rosière

Que j’épouse à la St pierre

Si je deviens caporail

Montmirail et Champaubert

 

Nous aurons de la marmaille

Qui sucera ses roberts

Braillera su’ l’ pot d’chamber

Pendant que papa rimaille

D’Montmirail à Champaubert

 

Jean Dauby

(Valenciennes)

(Topographie imaginaires du Bassin Parisien, inédit)

 

 

 

 

 

 

 

 


LE MONDE CRAQUE

 

Le monde craque ainsi que banquise au printemps

Emportant brusquement, de maelströms étranges,

Les grands pans lézardés d’un bonheur sans mélange.

Les bulldozers se font les complices du temps

 

Pour nous spolier des lieux où nous fûmes enfants,

Où nous avons aimé celle qui fut un ange.

C’est la neuve saison et notre monde change

Et nous laisse pantois dans l’inconnu béant

 

Créant de nouveaux dieux dépourvus de légendes

Auxquels nous croyons moins, pareils à des jouets

Incapables d’aider à percer les secrets

 

Du monde mystérieux que nulle propagande,

Nulles complications, chéries des techniciens,

Ne peuvent rendre moins hostile au faible humain.

 

Paul Bensoussan  (inédit)

(Savigny le Temple)

LA MAIN ET L’IDEE

 

Si la main ne peut rien changer au temps qui passe,

L’idée, en son esprit, s’éveille et le poursuit ;

Elle veut le saisir, l’appelle, et il s’ensuit,

Qu’il s’arrête en chemin, surpris d’être à sa place.

 

Dans la saga du temps, elle seule est sagace ;

Elle a su décider, du midi, du minuit,

Elle a su préciser le moment de l’ennui,

Ce qui lui semble bon, ou bien ce qui l’agace.

 

La main peut façonner la glaise à sa merci,

Eriger la statue en marbre et faire ainsi,

S’interrompre le temps, pour que l’heure en demeure.

 

Mais une idée enfuie aux vagues de la mer,

Va, delà l’horizon et son rivage amer,

Tenter le tour du monde, avant qu’une aube en meure.

André Pagès (inédit),  (Morrières les Avignon)                                                  

 

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:45

ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire

 N°24 E03

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

  e-mail : yvette.vasseur@orange.fr      http://yzarts.over-blog.com

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Nous cherchons un peu d’amour et de paix

Avant de rendre nos fringues au vestiaire du néant.

Nous cherchons un peu d’amour et de paix

Sous le blanc sourire des cerisiers d’avril,

Sur les traces de rouge à lèvres des siècles,

Caressant les cicatrices d’une autre chevelure contre nos épaules,

Dans l’alchimie du rêve des déments,

Ecoutant swinguer le murmure envoûtant de l’univers,

Bernés par le cruel entêtement du non-dit des émotions.

Nous cherchons un peu d’amour et de paix

Assis près d’inconnus sur les gradins de l’obstination,

Buvant le miroir liquide de verres d’alcool glacés,

Décodant le sens des mots effacés d’un amas de computers brisés,

Fatigués voyant les outils de l’usine rongés par notre sueur.

Nous cherchons un peu d’amour et de paix

Sous les luminaires neutres des stations d’autoroute,

Partageant l’affolement des oiseaux perdus  des migrations

Attendant une réponse près de magnifiques téléphones bleus aphones,

Guettant le moment d’hésitation de la plus sûr e des vérités

Abandonnant l’idée d’éternité dans les files d’attente des supermarchés

Dans les mille identités des ombres passantes des rues,

Nous cherchons un peu d’amour et de paix

Dans les utopies merveilleuses brillantes des yeux de nos frères,

Espérant du confus chaos du réel.

Nous cherchons un peu d’amour et de paix

Alignant des phrases imparfaites

Pour assembler les bouts de nous-mêmes

De l’éparpillement du monde

 

BRUNO TOMERA

A une tasse de café

Nos mains se rencontrent à une tasse de café

Et nous embrassons tout à coup le crépuscule

Pour les passants taciturnes ou absents,

Nous sommes le naturel ou le hasard,

Mais nous nous regardons longtemps

Peut-être pour tous ceux

qui ne se sont regardés

ni le matin

ni a la tombé du jour,

                   comme si je te sais d’enfance,

je te connais si vieux

et dans les années perdues

je lisais l’attente

de l’heure de maintenant, quand…

Nos mains se rencontrent à une tasse de café.

Nadia-Cella POP

 

 

 

 

 

 

BAPTEME

 

Le jupon relevé, dans la jeune lumière,

Elle allait au lavoir, gracile floraison,

Avec pour seul repas, du pain de la maison,

Ou quelques fruits trop mûrs, cadeau d’une fermière.

 

Retrouvant à genoux sa place coutumière,

Sur le banc de tuffeau plus creux chaque saison,

Elle chantait l’amour, en guise d’oraison,

Près du cierge vivant d’une rose trémière.

 

Mais lorsqu’elle immergeait sa vie et son trousseau,

Humble geste sacral du rituel de l’eau,

Rythmé par le battoir et son poids d’allégresse,

 

Dans l’envol de sa main, dansaient les linges blancs,

La nappes et les grands draps chiffonnés de tendresse,

Délivrés de leur mal sous les saules tremblants.

 

Catherine Bankhead

 

QUINTESSENCE

 

Si j’étais moi, l’enfant, comme un petit poète

Je prendrais une feuille et un joli crayon

Puis tout en haut bien sûr, j’y écrirais ton nom

Avant de dessiner sur la page ta tête.

 

Ta bouche serait prête à me dire bonjour

Avec le sourire dès chaque petit jour

Ton nez devinerait la moindre de mes pensées

En caressant ma joue vers le midi à peine.

 

Ma sieste en rêves doux

Ravirait des merveilles

Avec pour seul « doudou »

Ta main sur mon oreille.

 

Au milieu de tes bras, je toucherais le ciel

Je décocherais les couleurs de l’arc-en-ciel

Et j’entendrais aussi comme un chant qu’on répète

Dans l’écho de ta voix le parfum de la fête.

 

Cette belle journée, ce serait tes envies

Qui mettraient dans mon cœur tout le goût de la vie

Et le soir je verrais mon bonheur dans tes yeux

Merci maman chérie, ton enfant est heureux !

 

Chantal Beddeleem-Catry

 

CHANTS DE PALISSANDRE

 

Tu es une déesse Massaï

Vraie comme une statue

Et belle comme une épée !

 

Et tu tiens

Dans la même considération

Le sabre guerrier

Et le Verbe pacifique

De Voyant !

Et tu aimes également

La poigne du lutteur

De ta tribu

Et la plume légère

Du sorcier de ton village !

 

Ô Noble  Négresse,

Que la nuit claire

Comme une fantasmagorie

Ultracéleste

De l’Angola de ta peau

Soit ton flambeau

De la beauté nègre,

La torche de la vérité

Universelle

Et le cierge du recueillement !

 

Théo Crassas

 

AU SERAIL

 

Allons voir au sérail la sultane qui penche

Sa tête épaisse et brune. Et dans les avalanches

Des couleurs tissées par le feu de l’orient

Sa jambe sonne l’heure imperceptiblement.

 

Elle ne porte rien qu’un collier d’eau de rose,

De musc ou de santal ou de fleur d’oranger,

Qui dévale son muscle et sa poitrine éclose.

Elle ne porte rien qui la dérangerait

 

Quand sous le khôl gras, ressemblant à ce dôme

Obscure de la nuit au-dessus de Sodome,

Son œil de Phénix réapparaît des cendres.

 

Mais avant que d’avoir à l’appeler Cassandre,

Songez qu’elle retient dans sa bouche un murmure :

Cruellement, elle s’ennuie entre ces quatre murs.

 

Samuel Cergal

 

 

 

 

 

LE PEUPLE ECRASE

le peuple décimé

parle au poète

 

Ô palestinien

Ô frère sans prière

 

Dans la pureté de ton sang

Tu délies ma langue

Pour toi je trouve

Je saisis le sceau

Qui ouvre l’autre saison

 

Cette simple paix coule dans mes veines

 

Tu es source du souffle

Le malheur rend vivant.

 

Gérard Lemaire

 

TOMBEAU DE MON PERE

 

Tu reposes déjà voici cent ving aurores…

Le visage figé sous le marbre où tu dors,

Paisible, abandonné dans les bras de la Mort,

Fixant l’étrangeté de ce noir décor.

 

L’une à l’autre saion, l’âme se décolore.

Je suis ce vieil enfant, orphelin, que dévorent

Les ombres du passé où tu palpites encor.

Sais-tu le poids du temps qui pèse sur ton corps ?

 

Tu savais de nos vies tendresse et remords,

De chaque être vivant le pitoyable sort ;

Les rires et les chants , éphémères, qu’implorent

Les hommes. Je pense à toi souvent, et même très fort !

 

Gérard Mozer

 

EN QUETE DU VIDE ABSOLU

Les vides et les pleins

S’harmonisent,

Et façonnent

Les mille et un face à face

 

D’un long voyage

Dans la nuit

Pour composer

Sur des vibrations de papier,

 

Un silence

Totalement expressif.

 

Jean-Luc Lamouille

 

 

EXTRAIT DE LA LETTRE (critique) DE BRUNO TOMERA.

A propos de Echo de ch’Nord et PARCOURS URBAINS

 

« Votre bonhomme de chemin me plaît bien car vos poèmes touchent à l’universel, c’est plutôt la marque d’une personne honnête qui avance dans le monde sans s’en extraire et qui fait de son histoire une histoire commune, écrire c’est se délivrer d’un Capharnaüm ou donner à se reconnaître dans des émotions, des sentiments, c’est puiser la force de se révolter et c’est principalement une volonté de rester amoureux et toujours étonné de cet émerveillement  malgré toutes les avanies , tous les mensonges. L’amour est tellement vaste que l’on peut en croquer partout ou le regard et la curiosité posent leurs trains d’atterrissage… »

 

Echo de ch’Nord est gratuit (contre une envellope timbrée)

PARCOURS URBAINS : 6 euros, chez l’auteur ou chez l’éditeur : LA NOUVELLE PLUME

 

LA PLUME EDITION vient de publier, pour les amateurs de nouvelles : FUNAMBULE ET AUTRES NOUVELLES.  15 auteurs surprenants. 7 EUROS

La plume Editions. Danielmeunier, 235 allée Antoine Milan, Bât. C 01600 TREVOUX

 

 

 

GEORGES PIOU, aujourd’hui octogénaire, fut le responsable de la revue POETIC 7 durant de nombreuses années. Aujourd’hui il garde un œil critique sur le monde et s’interroge, je vous livre ses dernières inquiétudes. vous pouvez lui répondre :

Georges Piou, Poétic 7

194 rue Maurice Jouaud

44400 REZE

02 51 70 10 70

 

TOUTES LES RELIGIONS, QU’ELLES SOIENT POLYTHEISTES OU MONOTHEISTES SONT NEES DE L’IMAGINATION HUMAINE, Y COMPRIS LA NOTION DE DIEU

 

Pendant des années il y a eu l’intolérance religieuse chrétienne, des guerres de religions, et des hommes, des femmes brûlés vifs sur les bûchers, d’autres excommuniés pour avoir contredits les pontes religieux…

Après des années de lutte, Voltaire, Galilée, d’autres… il y a eu la séparation de l’église et de l’état…

ALLONS NOUS REVOIR l’histoire des religions dans l’enseignement, et par quels enseignants ? ? ?

 

 

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:42

ECHO DE CH’NORD      ECHO DE CH’NORD

Printemps 2003 N° 23

Poezine gratuit et aléatoire

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

e-mail : yvettevasseur@wanadoo.fr

 pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

+ 4 enveloppes timbrées pour les expéditions, ou adresse e-mail.

 

Que dire de l’histoire humaine ?

User d’assez d’arguments pour

Apprendre à vivre sans tuer

N ul ne peut affirmer et

D ire comment faire !

 

L es générations futures

E tourdies par leur  nombre

S ouffriront de leur choix

 

H omicides interdits mais

O bsessions des pouvoirs seront

M enaces fratricides

M enaces bien lucides qui

E  crasent  l’espoir de quelques

S ages qui gouvernent

 

V ouloir vivre est-ce

I nterdire de penser autrement ?

V ivre peut se concevoir sans violence :

R éaliser le destin des peuples,

O uvrir la voix de la justice,

N ier l’utilité des armes,

T enter la pacification

 

D urable des gouvernements.

A nnihiler  les armements

M oderniser la diplomatie

O uvrir les esprits sur les nécessités

U rgentes d’aides aux populations.

R égler son compte à la guerre !

 

Yvette Vasseur, fèvrier 2003

 

 

 

 

 

 

Merci à

Tous ceux qui ont répondu à TRIBUNE LIBRE (texte et questions que j’ai diffusées sur Internet et dans le courrier aux amis)  les réponses de soutien me confortent dans l’idée de continuer cette feuille volante même si sa gratuité et sa futilité dérangent certains.

à

Tous ceux qui ont acheté ou échangé mes recueils PARCOURS URBAINS et COULEURS  publiés en un seul petit livre publié à compte d’éditeur par un éditeur revuiste, qui ne m’a rien demandé, qui sait que je publie gratuitement.

Mais qui a, lui, besoin de vendre ses livres pour que dure l’aventure éditrice engagée auprès du public de ceux qui aiment lire et écrire librement.

 

Ce petit livre vaut 6 euros, vous pouvez  me le demander ou vous approcher de l’éditeur pour connaître ses productions

LA PLUME EDITIONS

Directeur de publication : Daniel Meunier

235, Allée Antoine Millan  Bât C

01600 TREVOUX

http://monsite.wanadoo.fr/LAPLUMEEDITIONS

e-mail : laplume-editions@wanadoo.fr

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Du 13 au 16 mars c’est, en France, le PRINTEMPS DE LA POESIE

Thème national POESIE DU MONDE

Profitez-en pour participer à des actions dans vos villes et  vos villages,   tant que vous le pouvez.

(A  Roubaix Tourcoing est « tombé » l’Association des Maisons de l’Enfance. Elle existait depuis près de quarante ans. Elle accueillait les enfants de 3 à 12 ans et regroupait des associations de quartier susceptibles de créer des animations

Cet association était financée par la CAF, les collectivités locales et les associations d’émigrés qui finançaient le soutien scolaire aux enfants de leurs ressortissants. Le déficit de cette association est trop important.  Qui prendra le relais ?)

 

 

EXPRESSION

 

Jusqu’au fond des ténèbres

Dans le magma des planètes et des livres

Je vais vers toi

Ô cible de  l’intouchable

Ô sommet irradiant

Ô Justice

Je te cherche les yeux fermés et la bouche close

Tu es la divine Expression

Tu serais ma délivrance

T’invoquant encore dans le dernier souffle

La seule buée encore naissante

Je te vois régnante au-delà de mes gestes

Jusqu’à ce qu’un ciel mort me recouvre.

 

Gérard Lemaire

(Concremiers)


LA GRANDE PATIENCE

 

Vivre coûte que coûte, vivre, livrer bataille ;

Exister seulement…par épouvantement

De n’être que soi-même, de n’être que l’enfant

Dont se heurte le cœur aux plus hautes murailles.

 

Amis, connaissez-vous la triste mélopée,

L’églogue usées des jours, écumantes d’ennui,

Celle qui brûle en moi, lente et désespérée,

Avec son chariot lourds de peines, d’agonie ?

 

Encore un jour, encore, avant qu’il soit demain,

Perdu résolument dans la nasse du temps.

Existerait-il donc en quelque obscur néant

Un effroyable Dieu pour qui l’homme n’est rien ?

 

Gérard Mozer

(Taland)

 

 

SOMME TOUTE

 

L’homme n’en sera un, digne d’humanité,

Qu’après avoir gommé sa fausse vérité,

Et sa sérénité d’orgueilleuse fierté,

Avec des à-côtés d’étrangeté en somme.

 

Des siècles passeront, en aura-t-il assez ?

Avant que le dernier de ceux qui sont sensés,

N’ait rejoint ceux qui sont tout à fait trépassés,

Sans avoir décelé le coup qui les assomme.

 

Probablement que non : il serait surprenant,

Le temps étant compté même au premier venant,

Qui voudrait s’envoler vers son ciel maintenant,

Qu’il puisse améliorer les idées qu’il consomme.

 

Lorsque l’être n’est plus, il rejoint le non-être,

L’esprit pur absolu, n’ayant jamais été

C’est alors seulement qu’il est en sainteté,

N’ayant plus de défaut réel à se permettre !

 

André Pagès

(Morières les Avignon)

 

 

REVOLTE DES PENSEES

 

Parfois les pensées  se révoltent

Sur des événements glacés

Dans la cascade des temps

Témoignage des erreurs

Transparence de nos rêves

Sécheresse des moments perdus

Galerie de mes années naufragées

Risque de sentiments brûlés

Aux ailes de soie du soir

Les gerbes de la douce lumière

Naissent à la première confession

Se transmuent comme en discours

Polyphoniques du texte de la vie

Mais bientôt j’entends

Seulement des voix blanches !

 

Nadia-cella POP

(Brasov, Roumanie)

 

 

HAUTE SURVEILLANCE

 

Des poteaux se dressent en cercle

Scandent l’espace d’êtres tronqués

Qu’on peut activer et désactiver

Leurs organes génitaux sont déformés

Des fils électriques les bouclent

 

Prison à haut voltage !

 

Des dobermans patrouillent

A l’extérieur il y a des panneaux :

 

Propriété du gouvernement US

Camp N° 15748

Accès surveillé

On vous regarde

On vous observe

 

Eric von Neff

(San francisco)

 

 

 

DEMENCE DES TEMPS

 

l’élixir du couchant aux ivresses létales

nous délivre à jamais de mortelle prison… ! !

la ciguë est le vin du Sage

et le Temps celui du Poète

l’enivrant jusqu’à désécrire

les Hauts Mémoires de l’Oubli…

Souvenirs gris aux échos stridents.

Le sucresoleil caramélise dans le vinaigre

Du ciel pointillé par les vautours

Curant la charogne pourpre de nuages

Qui épointent les flèches des cathédrales

Dieu s’étant enfui d’horreur

Devant la bassesse des croyants.

Temps de toutes les démences – mais

La Sagesse de l’esprit suscitera

la Fin des Temps…

 

Christian Bouchain

(Epinay sur seine)

( extrait de « Démence des Temps », recueil inédit)

 

MORT - VIVANT POUR… RIEN

 

J’ai mal au spleen de mes oublis

Les roses rouges ont tant langui

Sur les tombes de ces morts pour rien

Que leurs pétales en chutent de tristesse

Et même si les pûtes roulent des fesses

Je n’ai plus envie de leurs regards de chien

 

Les femmes m’ont tant bu que je suis asséché

Comme une vielle pomme bouffées de rides

Au cœur de caillou  aux tripes de pierres

Je ne sais pas pourquoi je ne sais pas aimer

Et je me suis vendu au marché des dupes

Pour n’être plus complètement solitaire

 

Me voilà devenu marchand de nuages

Pour que d’autres plus cons puissent enfin rêver

Ne pensent plus à cette vie triste à chier

Pour qu’un instant ils se croient sages

Sans pour autant que leur avenir achevé

En fasse autre chose que des merdes à piétiner

 

J’ai vu trop de seins  de sexes et de culs

Pour n’avoir pas succombé au vice au plaisir

J’en suis presque resté…matérialiste

Et j’ai paumé mes morts sur trop de pistes

Pour les retrouver même dans mes souvenirs

 

J’ai mal au spleen de mes oublis enfin vaincus

 

Gilbert Marques

(Aussonne)

 

DANSEUR EXTRA TERRESTRE

 

Quand tu balances tes hanches

Sur les ondulations de l’insouciance

C’est l’éternité qui s’déhanche

En bousillant des amplis

Contre le fer gelé de mon silence.

Ma tête de givre sur la candeur de ton épaule,

Fond cumulée à la fonte des pôles.

Cette perle de sueur  qui naît

Sur les frissons de ta nuque es t le reflet

D’une complexe planète,

Poussières de comètes

Patiente et tenaces à créer une place

Dans un segment de l’univers.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les sunlights incandescents

De tes yeux bleus verts

Ralentissent le flux de mon sang

Et je craquelle comme un puzzle éparpillé

Sur cette piste aux étoiles,

Moi astéroïde intersidéral

Qui traverse danseur en apesanteur,

Le temps d’une danse

L’étincelante survivance

Des vulnérables beautés de ta galaxie.

 

Bruno TOMERA

(Gueugnon)

 

 

L’INSTANT

 

C’est le soleil, le soir

Qui tombe dans la mer

Et nous laisse entrevoir,

Au crépuscule, le rayon vert.

 

C’est tes yeux dans mes yeux,

Entrouvrant la porte de nos âmes

Qui nous conduisent vers les cieux,

Où le paradis nous enflamme.

 

C’est aussi…l’oiseau qui, le matin,

Lorsque tout dort encore…dans ma rue,

Vient se poser sur mon balcon…et à ma vue

S’envole…sentant venir mon geste câlin.

 

Le vieillard…à cheval sur sa chaise,

Près de la maison…sentant mon ennui,

Levant les yeux, qui me dit, épanoui

« Vis…pour illuminer ta vieillesse ».

 

l’instant…c’est ce pas en avant,

Qui, chaque seconde…chaque moment,

Nous conduit…vers notre destin,

Fait des joies et des peines au quotidien.

 

Serge LAPISSE

(Canejean)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:35

ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire

 N°22

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

  e-mail : yvette.vasseur@orange.fr      http://yzarts.over-blog.com

Pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

+ 4 enveloppes timbrées pour les expéditions, ou adresse e-mail

 

DONNER UNE FORME AUX LENDEMAINS

 

Ils fondent

Dans le tableau de multiplication Tout en grandissant

Dans le manque de ressources affectives…

 

On ne remarque pas

Les différences

Dans le miroirs…

Eux

Ils sont cloués à la solitude

 


On ne remarque pas

Les saisons

Dans le cœur…

Les années

Pourrissent

Dans leurs yeux

A eux…

 

La révolte

N’est pas le résultat

Des dernières minutes…

Dans leur alphabet

Il y a passage à l’injure.

 

Üzeyir Lokman Cayci

(Mantes-la-Jolie)

 

 

 

 

Des Punk Rockers

Sont pris dans une bagarre

Un corps à corps

 

Des bras baraqués frappent

Sur fond de cris et de hurlements

 

Triomphe de la Volonté de Puissance

Et de la Kultur de la coupe Mohawk

 

C’est en lacérant des cravates

Et en brandissant du gel Revlon

Qu’ils vengent les copains bafoués

 

Reflet des goût changeants d’une nation

 

Erich  von Neff

(San Francisco)

 

 

LA FOI DU CHARBONNIER A L’ETAT PUR

 


C’est beau d’avoir la foi, la foi à l’état pur,

celle qui a permis de brûler l’hérétique,

la foi du charbonnier, à son feu sympathique,

près de l’autodafé du mécréant impur.

 

La foi pure élevée à l’abri du grand mur,

De fierté éblouie en sa grâce extatique,

Heureux qui peut l’avoir gardée à l’état pur,

Telle qu’elle a permis de griller l’hérétique.

 

Aujourd’hui, comme hier, en esprit clair-obscur,

Elle reste tapie, à l’affût, fanatique,

Prête à reconvertir l’innocence atypique,

Afin de s’assurer mainmise à tout futur,

C’est beau, pareille foi, absurde à l’état pur.

 

André Pagès

(Morrières-les-Avignon)

 

 

 

 

 

 


A QUI MIEUX…

 

A Jacques Prévert pour ces cent ans

 

L’homme et la terre rivalisent

A qui fera le plus de mort !

Tour à tour, ils piquent leur crise,

Instaurant la foi du plus fort.

 

La pitié n’est jamais de mise

Et la tendresse moins encor :

L’homme et la terre rivalisent

A qui fera le plus de morts !

 

On prend pour de la marchandise

Ceux qui n’ont pas de coffre-fort ;

Le sage, on lui règle son sort,

On ne regarde pas l ‘église,

Les prophéties se réalisent,

Les plus faibles ont toujours tort :

L’homme et la terre rivalisent

A qui fera le plus de morts !

 

En la mer bien des bateaux se brisent

Avec plein de monde à leur bord

Et le sol tremble quand on dort,

Rasant des villes par surprise

Et les deux bilans s’égalisent :

L’homme et la terre rivalisent

A qui fera le plus de morts !

 

Louis Delorme

(les Granges-le-Roi)

 

 

 

 

A LA NUIT…

 

A la nuit, tous les chats sont gris,

Et le laquais ressemble au maître :

Une femme ouvrant sa fenètre

Appelait son amant chéri,

 

Crut reconnaître son habit

Mais fit entrer un jeune prêtre

A la nuit tous les chats sont gris

Et le laquais ressemble au maître.

 

Si le saint homme en fut surpris,

Pour dieu n’en laissa rien paraître :

Son sacrifice allait peut-être

Gagner une âme au paradis.

A la nuit tous les chats sont gris.

 

Rolande Cielny

(Bruxelles)

 

 

 

 

 

 

 


DES ŒUFS

POUR MON ANNIVERSAIRE

 

Le jour de mon anniversaire

Je mangeais des œufs rouges

En chine

Pour me porter chance

Oui, de la même couleur

qu’une blessure sous mon aisselle

Ou mes menstruations

Pour me porter chance

Je mangeais des œufs rouges

Le jour de mon anniversaire

Oui, de la même couleur

qu’une blessure sous mon aisselle

Ou mes menstruations

Hier

Hier

J’ai mangé des œufs rouges

Pour me porter chance

Oui, de la même couleur

qu’une blessure sous mon aisselle

Ou mes menstruations.

 

Yanming Zhang

(San-Francisco)

 

 

 

CAPITAL MALIN

 

Tu as dit peu de paroles beaucoup de boulot

Nous avons essayé de comprendre

Tu as dit beaucoup de boulot peu d’argent

Nous n’avons pas pu élever la voix

Nous avons demandé salaire égal

à travail égal

Tu nous as  accusés de subversifs

Tu nous as bercés

Avec la globalisation

La loi de l’offre et de la demande

La compétitivité internationale

Sur les places

Tu as ingurgité notre droit

Avec une criante lucidité

 

Continue à bouffer ainsi

Ca-pi-tal malin !

 

Yakup Yurt

(Bruxelles)

 

 


EXPRESS

 

Arrêt.

Croisement furtif des regards

Encadrés par le halo blanc cassé

Des néons des wagons

de la rame d’à côté.

Le temps que Dieu technicien

Envoie son hasardeuse bénédiction

Sur les rails sécurisés.

Le temps de feindre l’ignorance

Chacun semblant hautain

Mais gêné

Des importuns semblables

De l’autre train

Empesés sur les sièges éprouvés

Maudissant ce temps mort

Qui retarde le sprint conquérant du légendaire

Empressement humain

Vers

Des boulots palots

Des énervements fermes et catégoriques

Des rendez-vous inutiles

D’immanquables célébrations

Des ennuis planifiés

D’incurables prétextes

Des calendriers à suspendre

Des paperasses réglementaires à expédier

Des espérances re conjuguées à l’imparfait

Des amours désirées non vécues irrémédiablement déçues.

Empressement à franchir la ligne

D’arrivée du tohu-bohu du dérisoir.

            Départ.

 

Bruno Toméro

(Gueugnon)

 

 

 

LE GENTIL FANTOME

 


Et si après ma mort je reviens sur la terre,

Je voudrais que ce soit, non en spectre vengeur

Qui vient en justicier et qui se rit des pleurs,

Mais en gentil fantôme qui un jour, je l’espère

Viendra te réveiller dans ce lit triste et froid

Où nous connûmes ensemble de si fiévreux émois…

Car j’espère conserver, et ton âme et ton cœur

Au de-là de la Mort et de la terre sur moi.. ;
et je veux voir en toi, bien plus que dans la Croix

La joie d’être ici-bas et de vaincre ma peur,

Tu es ce chaud brasier dont m’attire la flamme !

Je l’attise, je m’y chauffe, et près de toi, ma Dame,

Si quelquefois je pleure, mes larmes sont de Bonheur !

Car tu es ma raison d’exister, de comprendre ;

Et puis dans notre amour, pressons-nous de tout prendre,

Car la vie est un four dont nous sommes les cendres…

 

 

Gérard Mozer

(Tallant)

 

 
 
 
 
 
Ce rayon d’avenir dans le passé

 

Comment arriver à dire

C’est ce qui me désespère

Puis me donne quelque force

 

Justement je voudrais dire,c’est à dire bien le dire

Avec assez de vérité

 

Que je ne suis pas désespéré

Et que je ne pourrais jamais vraiment l’être

A cause ma foi de quelques hommes

 

Je les vois ceux là dans les forteresses

Mais pas du tout imaginaires

Ils ont été si longtemps emprisonnés

 

Pour leurs idées de justice leurs noms sont restés inconnus

Ignorés des foules malgré leurs livres

 

Saurai-je pourquoi le fleuve exalté de ces pionniers dans leur cachots


Doit ainsi être tenu dissimulé

 

Ceux-là seuls m’aident tous les jours

Il me suffit de savoir qu’ils ont existé

 

Existé !

 

Gérard Lemaire

 

(Concremiers)




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