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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:51

ECHO DE CH’NORD      ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

N° 28 été 2004

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux   e-mail : yvettevasseur@wanadoo.fr

 pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

+ 4 enveloppes timbrées pour les expéditions, ou adresse e-mail.

 

SPECIAL  RECUEILS

Se re-cueillir, c’est avoir poussé …

 

Pourquoi, pour une fois, ne pas changer son fusil d’épaule, et, plutôt que  présenter des textes inédits, rendre hommage aux textes publiés en recueils.

 

Faire un recueil, c’est un travail de longue haleine. C’est beaucoup de recherche pour créer une cohésion entre les textes et une écriture commune, une idée ou un concept cohérent. C’est partir à la recherche d’un éditeur, imprimeur, ou décider de le faire soi-même, parce qu’on a le temps, mais pas d’argent, pour payer l’éditeur à compte d’auteur ou l’imprimeur. Parfois aussi on espère gagner un concours qui permet l’édition du recueil et une diffusion assurée par la notoriété du concours…

C’est tout cela et bien plus encore la « gestation » d’un recueil…

Et, lorsqu’on est prêt à présenter son « bébé » :

on prend son courage à deux main

on le présente par un petit morceau de papier envoyé en courrier,  on en parle autour de soi…tentant d’intéresser quelques proches, qui vous aime bien…mais n’ont que peu d’argent et peu d’intérêt pour la poésie.

C ‘est ainsi que ce petit monde de la poésie  tourne autour de lui-même, en auto production, réduit à l’échange avec quelques adeptes, vendant 100 exemplaires sur 10 ans ou offrant et échangeant le reste dans le meilleur des cas…

Comme je sais de quoi je parle, je voudrais rendre hommage à tous ceux qui un jour ont tenté cette courageuse et périlleuse aventure qui consiste à tenter « d’exister » en poésie par un recueil…

 

Ne nous laissons pas éblouir par le compte d’auteur trop cher, pour une quantité de bouquins invendables…

Offrons, échangeons nos recueils…IL en restera toujours quelque chose !

 

 

« Les poètes nous aident à aimer »

Anatole France

« Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef »

Stéphane Mallarmé

 

 

 

 

 

 

LE DANSEUR

Tu parles et tu montres

Tu dis et tu fais

Face aux murs

De silence et d’immobilisme

Des nuques vides te répondent

Et les insultes dégoulinent des miradors

 

Tu parles et tu fais

Ils dissertent et s’immobilisent

Dans des concepts lourds

En mal d’imagination

 

Avec la puissance de l’argent

De l’habitude et du mépris

Sourds et aveugles

A la vie qui danse…

YVETTE VASSEUR

Parcours urbains.  La plume édition

 

Si, si j’ai été un enfant, mais je n’arrive pas à savoir ce qu’est un adulte. Et je regarde pourtant très attentivement. Et je trouve ça si gris, si vous voulez, avec tous les signes extérieurs que cela comporte, et je préfère essayer de rester un enfant.

JACQUES BREL

In « En souvenir de nous » recueil de croquis et pensées de GERARD MOZER

 

ON DIT QUE L’ESPOIR FAIT VIVRE

Lutte des classes

El Commandente Che Guevara

Saint Suaire de Turin

Pionnier Américain

Outsider

Imbécile heureux

Reproduction in vitro

 

Fait divers des journaux

Anonymat du héros

Inconscient collectif

Tien an Men 89

 

Viande Française

Irrésistible attraction

Verdict du tribunal

Reconversion professionnelle

Expérimentation animale

 

On dit que l’espoir fait vivre… 

SAMUEL DUBEAU In  « B.P. POESIE 2004 »


 

 

ROUEN

 

Pour hauts faits d’amour, se trouve condamnée à se consumer, les braises en creux de paumes. Son regard en vitrail défenestre les cryptes, embrase les bûchers. Elle monte, col nu, poitrine offerte et poignets aux seins liés, sur l’échafaud du supplice. Refuse le bandeau pour voir son rêve au fond du feu, le phénix à ses chevilles couché. Elle ne craint pas les envolées, à ses chaînes rivées. Paille et bois, sa campagne, somme toute et gagnée.

 

Celle qui peut de si grande choses dépose enfin les armes : elle brûle en ses emblèmes. Renoncer coûte peu quand l’horizon demeure.

 

CHRISTINE DELCOURT

In « le bûcher de Jehanne »

 

Les vérités sont fanfreluches

Dont se parent nos vanités,

Le vent d’automne de la Mort

Effeuillera notre amour-propre

Et notre corps déraciné

Ne saura plus qu’il fut mensonge…

 

CHRISTIAN BOUCHAIN
In « Corpus Poéticum »

 

Pourquoi en ces années noires un tel vide advenu

S’interroge / s’interrogera / s’interrogerait l’Homme du futur

Comment pourquoi

Le désert a-t-il gagné le fond de cette planète

 

Un tel désert

Une telle absence

Un tel flot de sang

Inextinguible

Une montagne de sang

Un déluge de sang

Une telle furie contre

Un tel rendement meurtrier

Du juste et de l’innocent

GERARD LEMAIRE

In « Appel au vide »

 

 

 

GRAND MESSE

 

DIEU MÂCHOUILLAIT UN VERRE DE VIN CRU DANS UNE SYLLABE DU PASSE DECOMPOSE. IL HUMAIT LE TUBERCULE ENFONCE D’UNE VIELLE MENINGITE AUX POINGS DRESSES DANS LA BOUCHE MAUVE DE SES VERTIGES DEGOULINANTS DE PRALINES DE CHOIX , LESQUELLLES GRIGNOTAIENT LE VERBE ASSEOIR COMME DU PETIT LAIT DANS LA CASSEROLE DU PERE FOUETTARD A L’HALEINE MORIBONDE.

UN SOIR DE GROSSE PAILLARDISE, LES AILES D’UN NENUPHAR SAUTILLERENT D’UN  PIED DE PORC A L’AUTRE SUR LA PEAU TENDRE D’UN NOUVEAU BITUME QUI SOMNOLAIT DANS L’EAU CHAUDE, SUR UN AIR DE DEROUTE.

 

JEAN KELLOG

In « CONCERTO POUR PERCEUSE ET GOITRE A DEUX CORDES »

 

 

 

L’AMOUR N’A PAS DE PRIX

 

Tant d’églises traversées

Me donnent à penser

A la taille des bougies

Rendant hommage aux vierges

Que l’amour ne doit rien

A la grosseur des cierges.

 

JEAN L’ANSELME

In « La chasse d’eau »

 

 

Euphémisme

Quand les poules auront

Des dents

Les coqs auront

des poings

Pour les leurs casser

Parce que la masculinité

Est souvent

Synonyme

De machisme

Et parce que le monde est plein

De gros cons qui ne savent pas

Viser la cuvette

Et qui croient que les femmes

Sont là pour nettoyer la pisse.

LAURENT SANTI

In « il faut battre l’enfer tant qu’il est chaud »

 

ARMOR

 

Terre où finit le monde, où le rêve commence,

Armor avec ses caps, ses genêts, ses marins ;

Terre de Brocéliande aux forêts de Merlin,

Aux landes infinies dans leur désespérance ;

 

Espace illimité, coloré de mouvance,

Ultime proue de l’occident, granit d’airain,

Enchantée de marée aux beaux alexandrins

Offrant à nos songeurs un sens à l’existence.

 

Depuis l’ancien Carnac aux bizarres menhirs

Et jusqu’à St Malo, la cité des corsaires.

C’est la pure patrie nimbée par le mystère

 

Suscité par la mer qui psaume le partir

Quand la barque échouée dans le crépusculaire

Hanté de goélands, dresse un mât solitaire.

 

PAUL BENSOUSSA

 in « Echo à trois voix »

SYMBIOSE

 

La plaine avec sa jupe à pois,

Faits de papilionacées blanches

A, tous les jours, l’air des dimanches :

C’est fait pour épater les bois !

 

Son corsage de velours vert

Est plus affriolant encore,

Lorsque les rayons de l’aurore

Le font mouvoir comme la mer.

 

Je suis presque un lilliputien

Perdu sur ce corps qui m’envoûte ;

Sa ceinture me sert de route

Mais c’est l’âme qui m’appartient !

 

LOUIS DELORME

 in  « Echo à trois voix »

 

 

 

 

QUELQUES ADRESSES  POUR ECHANGER ET CORRESPONDRE

 

BOURDET RENE                            La spouze                                                            23230 La Celle sous Gouzon

Œil de Fennec

BALBASTRE MARIE ANDREE  90 Bd Carnot                                                     59000 LILLE

TERPSYCHORE

BENSOUSAN PAUL                        37 rue des oiseaux Plessis la forêt                   77176 Savigny le temple

CERGAL SAMUEL                         100 rue Lille                                                        59200  Tourcoing

,POEZISTE

DELCOURT CHRISTINE             La charmeraie 106 rue de la Bruyère            78300 Poissy

L’ANSELME JEAN                         22 rue des Félibres                                             91600 Savigny/Orge

LEMAIRE GERARD                       15  rue des graves                                              36300 Concremiers

MOZER GERARD                           15 rue de Gimbsheim                                        21240 Talant      

SANTI  LAURENT                           Chemin de la Rabasse                                      84290  Ste Cécile-les-vignes

DELORME LOUIS                          133 rue d’Angerville                                          91410 Les Granges le Roi

MEUNIER DANIEL                         235 Allée Antoine Millan                                 01600 TREVOUX

LA PLUME EDITION                                      Bât C

TRUMEAU DIDIER                        Chemin de grandchamps                                 18100 Vierzon

 L’HEURE TARD

 

LA NUIT

 

La nuit porte conseil

La nuit porte merveille

 

La nuit porte le soleil

Dans son ventre dodu

Jusqu’au bout de la rue

 

La nuit porte les fous

Qui ont un rendez-vous

Avec une autre vie

 

La nuit porte l’ennui

De tant de solitaire

Qui dans leur lit se terrent

Où font taire leur mémoire

Roulant sur les trottoirs

Comme sur une patinoire

 

La nuit porte des enfants

Qui ont perdu leurs dents

De sagesse

 

La nuit a des largesses

Quand le jour vous délaisse

Et ment.

 

Yvette Vasseur    in « Parcours Urbain »

 

 

(d’autres « écho de ch’Nord »  seront consacrés aux recueils déjà reçus)

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:49

ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire

 N°27 PRINTEMPS 2004

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

  e-mail : yvette.vasseur@orange.fr      http://yzarts.over-blog.com

Pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

+ 4 enveloppes timbrées pour les expéditions

 

PENSEZ POUR MOI

 

Pensez pour moi « j’n’ai pas l’temps »

Dit le représentant au Président

J’ai un rendez-vous crucial

Pour augmenter le capital

De ma société commerciale…

 

Pensez pour moi « j’n’ai pas l’temps »

Dit le routier au Président

Je vous accorde ma confiance

Pour les choses qui ont de l’importance

Moi je ne fais que rouler

J’nai pas le temps de parlementer…

 

Pensez pour moi « j’n’ai pas l’temps »

Dit l’ouvrier au Président

J’ai des cadences à respecter

Si je ne veux pas faire chuter

Les primes de production d’atelier

Qui font mon SMIC amélioré…

 

Pensez pour moi « j’’n’ai pas l’temps »

Dis la ménagère de moins d’cinquante ans

Il faut que je fasse mon marcher

Et puis ma séance d’UV

Et je serais à peine rentrée

Pour l’nouveau jeu télévisé…

 

Pensez pour moi « j’n’ai pas l’temps »

Dit le président à son secrétaire

J’ai tellement de choses à faire

J’ai rendez-vous au ministère

Pour le «briefing » hebdomadaire

Et puis ma femme et en colère

Que je ne puisse satisfaire

Aux exigences du protocole

Alors que c’est elle qui s’y colle…

 

Et c’est ainsi que l’secrétaire

Fait tourner la terre

A sa manière

En écrivant avec amour

Moultes discours !

 

Yvette Vasseur

 

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux   e-mail : yvettevasseur@wanadoo.fr

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RÊVE D’Eté (alias Didier Trumeau)

 

Pour ! Quoi ? Pas ? !

 

La poésie, la philosophie ne sont que des instruments, des outils .

L’art est une caisse à outil.

La poésie permet d’avoir un regard et une action différents, sur le monde.

Elle permet de le rendre plus acceptable, agréable mais aussi de le rendre plus réel, parfois même sur-réel. Dans tous les cas la poésie n’est jamais neutre, et ceux qui pense que la poésie doit l’être ont, soit, une conscience exiguë, soit ne sont pas poétes-ses. La poésie ne peut pas être neutre tout simplement par sa conception et son concepteur. Sa conception si elle est le reflet de l’esprit est forcement matière forte, si c’est le résultat d’une création élaborée, elle est logiquement empreinte d’une puissance de conscience, de réaction et donc d’engagement.

La poésie est subversive parce qu’il y a en elle plusieurs niveaux de lecture, de compréhension, de structure, de néantise comme de plénitude. Si vous pensez qu’elle est ringarde c’est tant mieux et d’ailleurs si vous pensez le contraire c’est tant mieux aussi. La poésie est simple car elle s’adresse à l’enfance. Elle est complexe car elle est simple et ce qui est élémentaire cache l’universel. Elle est multiple car unique. Posée par tous elle est compréhensible, par chacun, par personne. Ecrite par un elle est lisible par tous, quelques uns. ; Elle peut toucher une infime partie de votre être, comme vous envahir, vous submerger même vous détruire…Elle peut à l’instar de la magie d’hier construire des univers et comme les sorts ancestraux transformer un étron fumeux en rose parfumée. La poésie est amenée à disparaître en apparence car son but est d’être aussi présente que l’air et aussi invisible. Alors que l’humanité sera délivrée de toutes les hypocrisies, que l’art sera accessible à tous car le fruit de tous, que la philosophie sera à jamais écartée des salons de l’élite et des cerveaux formatés à la BHL, la poésie ne sera plus car elle sera partout, tout ? Alors plus besoin de signer le moindre alexandrin, de se vanter de la moindre prose ayant du sens, le/la poéte/sse ne sera plus poéte/sse car tous seront poétes.ssses et que loin de l’uniformité c’est à l’infini l’univers qui se déroulera par vagues irisés et multiformes multipliées par l’éternité. Alors les H, les R, les LF, les V, les GS, les FV, les…ne seront plus que des poèmes car la musique de leur éponymes sonnera comme une évanescence et céleste harmonie.

Dois-le signer alors que le/la dernier/re triste fâcheux/se est en voie d’éradication, que la mort est conviée au banquet de la perpétuité, que les dieux/déesses sont enfin déboulonné/es et que la création peut espérer commencer le début pour jamais à toujours  avec toutes et tous pour quoi pas !

 

 

 

 

 

Extrait de : LE CARNET DE PÊCHE AUX MOTS : journal des ateliers d’écriture 2002-2003 de l’association POEZIST ( disponible contre 7 euros à Poézist 100 rue de Lille 59200 Tourcoing)

 

Jeu du Cadavre exquis :

Samuel : qu’est ce que la politique ?

Eric : c’est une belle fille qui passe dans la rue et qui s’en va !

 

 

Je m’avance les mains vides

Sans savoir où aller

 

Sans rien voir

Qu’une ombre dorée

 

Qui s’enfuit dans la neige

Portée par la tempête

 

Elle perd même ses vêtements

La voilà nue et blanche

 

Et puis je ne sais plus

C’est à moi de fuir l’écran

 

Mes mains voudraient chanter

Un hymne encore à vivre

 

Je le donne au pur vagabond

A celui qui ne demande rien.

 

Gérard Lemaire

 

J’ai cherché les éclats de la pulsion dans l’effondrement de la réalité

J’ai cherché l’appui du pouce et le claquement du majeur contre la paume des planètes

J’ai cherché l’orchestrale saccade des bras rythmant la pulsation infinie du temps

J’ai cherché les orbites curieuses pour rouvrir les paupières closes

J’ai cherché la brûlure de ton regards dans le matin rouillé de gel

J’ai cherché la paix dans la chaleur sereine de tes expirations

J’ai cherché à peindre les lettres du désir et je me suis serrée contre toi

J’ai cherché à éparpiller le silence et tu as posé ton doigt sur ma bouche

J’ai cherché la chorégraphie de l’inutile ton corps magnifie l’inertie de l’essentiel

J’ai cherché la frontière déséquilibrée du langage tu m’as montré une mappemonde

J’ai émigré dans tes paroles

Et je n’ai plus de pays. Je suis bien.

Bruno  TOMERA

 

Le pour et le contre

 

Escamoter ceux qui sont contre

Arrangerait ceux qui sont pour

Le pour et le contre alentour

Ne sont pas fait pour la rencontre.

 

Si l’un survit à malencontre

C’est que l’autre aura tourné court

Escarmoucher ceux qui sont contre

Arrangerait ceux qui sont pour

 

C’est insensé tout le démontre

Les opposés vont à rebours

Ils se reprochent leurs débours

L’heure est venue à notre montre

De séparer les pour ou contre.

 

André Pagès

 

 

 

 

ORIENTALE

 

Touffeur gluante d’une nuit silencieuse. Le désert a ouvert son abîme d’ombre. S’allonge vers l’horizon une route étroite, aux balises jaunâtres.

A l’orée des grands sables, pour un miracle d’oasis, la ville a groupé ses hautes fleurs de verre. Comme autant de pétales, les enseignes multicolores scintillent au bord des toits, éclaboussant la nuit de leurs flammèches . Cimeterres et yatagans d’alphabet, obstinément, pointent leurs lames vers le ciel bas.

Au pied des vitrages, rivalisant d’orgueil : automobiles dernier cri et devanture de bijoutiers.

Passent des couples raides, majestueux d’énigmes.

Hommes en blanc, regard d’acier et port de roi. Femmes drapées de noir, à la voilette encageant les yeux ; suivantes muettes, portant le deuil du monde et d’elles-mêmes. Le désert, ici, a gagné les cœurs.

(abou Dhabi, Emirats Arabes)

 

Extrait de l’astrolabe enfouie Philippe Veyrunes.

 

 

 

 

 

 

 

ARMES : l’amour comme épée, l’humour comme bouclier   (B. Weber)

 

 

Il marche toujours

Sans savoir si la prostituée

Lui a ouvert une porte suer le vide

Ou s’il échafaude une dune dans sa tête

Qui s’écroulera sur lui

Lorsqu’il rentrera à l’intérieur

 

Le pire est qu’il ne pense même pas

Etre tombé dans la ventre d’une femme

 

Il imagine juste

Un ensemble de malheurs

Pour passer

De l’autre côté de la route innocente

 

Patrice Malataverne

 

 

 

 

Le siffleur

 

Personne ne lui prête attention, mais, pourtant il fait totalement parti du cades de la ville où j’habite.

Il arpente jour après jour, les rues de ma cité. Il est le meilleur indicateur des gens égarés.

Qu’il fasse beau, qu’il pleuve, qu’il vente, par tous les temps, il accomplit, vaillamment son labeur, son travail dont personne ne veut, par manque de modestie ou goût de la facilité.

Cependant il est toujours présent, sifflant tout le temps pour s’encourager ou oublier sa condition que les gens dédaignent et ne font rien pour faciliter sa tâche.

Pourtant, c’est un personnage très important dans la ville, chacun connaît son imposante silhouette, ses cheveux poivre et sel.

Ce n’est ni le maire ni le pharmacien, ni le curé, ni le médecin.

Pour accomplir son service, il a deux outils essentiels : le balai et la poubelle à roulettes.

Et oui, vous l’avez deviné : c’est le balayeur, maintenant on dit « le technicien de surface ». Hommage lui soit rendu, car le travail qu’il fait n’est pas de tout repos.

L’automne n’est pas sa saison préférée : les feuilles mortes ne sont pas ses amies !

Mais coûte que coûte, il accomplit sa tâche, qu’il en soit beau coup remercié.

 

Extrait de « chroniques ordinaires de la vie citadine) Jean Louis Pello

 

GAMINE ANTIPERSONNELLE

 

Qu’elle est belle,

Cette gamine à la jupe

Sûrement aussi courte

Que ses idées,

A la culotte que je devine

Aussi blanche que mes nuits

Aux jambes plus longues

 

 

Que les jours sans soleil…

Vraiment le genre de petite bombe

Qui me fait regretter

D’avoir mangé trop

De sucrerie

Quand j’étais un môme…

 

ECRIRE

 

Ecrire.

C’est montrer ses couilles

A une bandes d’eunuques

C’est se bourrer la gueule

Pendant une réunion

Des alcooliques Anonymes

C’est sortir un canif

Quand un mec vous menace

Avec un flingue

Et l’égorger quand même,

C’est se balader

Avec un parapluie

Sous une pluie

De bombes

Et ne même pas être éclaboussé,

Ecrire c’est tout ça

Et c’est rien du tout,

A peine une goutte d’eau

De vie

Dans la mer

D’encre d’échine.

 

 

Extrait de « Sur un air de Fado » de Laurent Santi

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:47

ECHO DE CH’NORD      ECHO DE CH’NORD 

Poezine gratuit et aléatoire

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

N° 25 Automne 2003

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

e-mail : yvettevasseur@wanadoo.fr

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HOMMAGE AUX ANCIENS

« Lisez les poèmes écrits par des poètes dans leur vieillesse, vous n’y trouverez trace de rhumatisme ou d’anémie. C’est qu’il n’existe pas, à ma connaissance, de poème vieillard. Les poètes restent jeunes, la poésie est l’eau de jouvence, ils ne peuvent pas vieillir. » (« Les poètes restent jeunes », Abbas Beydoun, poétes libanais.)

 

ANNIVERSAIRE

 

(poème écrit pour les 80 ans de Georges Piou)

 

Ne rien vouloir d’autre que cette volonté

De pouvoir être déjà recommencé

Courir nu, traverser le monde en chantant

Et sans cesse te préserver un cœur d’enfant.

 

T’ouvrir à tout ce qui remplit et qui te touche

Comme aux baisers du temps qui effleurent ta bouche.

Retrouver la saveur mordorée du bleuté

Des lacs transalpins sous la chaleur de l’été

 

Porter l’air appliqué de celui qui veut apprendre,

Après avoir longtemps lutté, à se détendre,

Et vivre ces toujours, ces légers mots d’amour.

 

D’une hâte tranquille et d’un pas sans détour,

Ces années te sont comptées, repaire inconnu

Mais au fond de toi même quel âge donc as-tu ?

 

Jean-Luc Lamouille

(Grenoble)

 

 

 

 

 

QUI A TUE GRAND-MAMAN ? 

Dans quelle société vivons-nous ?

Avons nous mis la machine au service de l’homme où sommes nous devenus, tel Charlot dans les temps modernes, un complément de nos ordinateurs, un complément de nos automobiles ou plus simplement d’un système qui nous dicte de nous fondre dans le moule de ses exigences ou de disparaître dans la déchéance de la marginalité…

Car, bien entendu, la marginalité est toujours assimilée, à une déchéance…La dictature du pouvoir consumériste a vite fait de «marginaliser »le chômeur, le vieux, le handicapé ou celui qui n’a pas de voiture…

Marginal et hors la loi celui qui s’oppose à la loi du silence général : de la désinformation,   lorqsqu’il s’agit de défendre une idée du respect et de la dignité humaine en même temps que celle de la planète tout entière (tel José Bové arrachant des plants transgéniques)

 

La dignité humaine, c’est de cela qu’il s’agit, tout n’est qu’apparence dés qu’il s’agit de la défendre, et les médias roucoulent des fêtes hypnotiques pour vous tirer des larmes et vous faire tirer des chèques aux profits d’associations aidant à résoudre tel ou tel problème humain. En sociétés modernes nous croyons tout résoudre par l’argent, et nous croulons sous le surendettement…IL y a des problèmes que nous pourrions résoudre avec le cœur, encore faudrait-il se souvenir qu’il existe une dimension humaine qui échappe à l’homo-sapien moderne : le temps qu’il daigne consacrer aux autres.

 

Le temps, la patience, si l’homme peut en avoir pour sa progéniture, valeur sacrée de notre société où nous faisons peu d’enfants, nous n’en avons guère pour nos anciens, paradoxe critique puisque notre population vieillit !

Le «jeunisme » correspond bien aux critères d’une société où être jeune et beau ouvre les portes de la réussite, surtout quand on se donne beaucoup de mal pour vous le faire croire puisque cela ouvre des marchés.

 

La culture moderne a mis les vieux obsolètes. La télévision a remplacé la grand-mère qui racontait des histoires et nous nous étonnons de faire de nos enfants des boulimiques, des obèses, des anorexiques, nous les réduisons parfois à cette seule dimension sociale virtuelle qui les amènera naturellement à choisir le portable et l’ordinateur plutôt que la communication directe avec tous les acteurs de la société.

 

Qui inculquera à ses enfants le goût de la patience, de la dignité, du respect, sans qu’il soit pour autant un personnel soignant, qui se rappellera qu’un jour aussi il sera vieux ? Celui qui n’aura pas su donner cette dimension à sa vie familiale, sera peut-être condamné à mourir seul à son tour !              YVETTE VASSEUR

 

SUR LE BATON BLANC

 

Sur le bâton blanc

De M’sieur l’Agent

Il y avait un cheveu blond…

La femme de M’sieur l’Agent

Allait se faire du mauvais sang…

Mais près de ce cheveu blond

Sur le bâton blanc

De M’sieur l’Agent

Il y avait heureusement

Quelques traces de sang… 

 

LA PUTAIN

La putain

S’est couchée tant de fois

Pour le moral du soldat.

Aujourd’hui

La putain

S’est allongée

Pour que le soldat

Ne parte pas.

Elle s’est étendue

Au travers de la voie ferrée

En criant :

« Putain de guerre »

Avec moi, les mères !.

Mais les mères l’ont ignorée

Et leurs fils ont pris le train…

Le train

Qui est passé sur la putain.

 

MARJAN

(Niort)

 

 

 

 

 

 

 

 

OLIVIER

 

Olivier mon bonheur, ma future huile vierge,

Ecoute la rumeur qui court dans le vallon,

Le ruisseau qui descends de la verte montagne

Et le mistral neigeux qui roule sur les pins.

 

Un silence de mort fait suite au chant du vent

Qui s’est tu brusquement. Depuis deux heures lentes,

Pas un oiseaux, pas un cri : comme un calme funèbre

Etreint mon cœur lassé. Et mes yeux fatigués

 

Sur le dernier hameau du paisible village

Recherchent vainement quelque signe de vie !

Ah ! voici dans le ciel trois corbeaux silencieux.

 

Remontant vers le nord en un vol disgracieux !

Au couchant, peu à peu, un soleil rouge et or

Disparaîtra bientôt dans les brumes du soir.

 

Jean Magri

(Sassy la Vineuse)

LE VAGABOND

 

Il étanche sa soif aux sources de cristal,

Formant avec ses mains une vivante amphore.

Il est le pèlerin du vieux chemin sonore,

Engendrant une vie en bonheur idéal !

 

Il a pour oreiller le douillet végétal

De la mousse des bois que l’Automne décore.

Dans son habit humide, il contemple l’aurore

Et pour lui la nature est son meilleur régal !

 

Au fond du ciel bruni, le soir fixe sa toile

Au clou resplendissant d’une première étoile,

Renaissant dans la nuit quelque céleste aveu

 

A des parfums d’espoir, des ombres de promesses !

Les yeux du vagabond, comme un tapis de jeu,

Enferment l’univers et toutes ses richesses…

Paulette Six

(Roubaix)


LIBERTE IMMEDIATE

 

La chaîne des mots retient

La glu qui sort des sens

L’histoire n’a pas de sens

Pas de fin aux jours gris

La ville sale

Ne sait pas laver sa plaie sous la pluie.

On crache sur les murs

Pour effacer la vomissure journalière

Le chemin quotidien

Du travail sans fin

Chaîne de travail

Loisirs abominables

Homme devant soi-même

Condamné, conditionné

Jusqu’à la fin des temps.

Merde, chiotte et chiotte

 A quoi ça va ton cul emmerdé

Et tes couilles pendantes

Sur la fosse septique

De l’usine à bras cadencés..

C’est pas jojo la popote des familles

Ses résidus de fin de mois

Les œufs ratés, le foutre moisi

Mayonnaise de mes  deux

Epatés sur la merde de récupération

Engrais pour notre à tous

Pour le sale blé du mauvais pain.

 

Liberté immédiate nous entends-tu ?

Liberté

Liberté de dire

Liberté de faire

Dure Liberté nous entends-tu ?

 

Gaston Criel  (in Popoéme)

(Seclin)

 
 
 
CHAMPAUBERT ET MONTMIRAIL

 

Champaubert et Montmirail

Mon beau-père est générail

Générail dans les ch’min d’fer

Montmirail et Champaubert

 

Sur la Marne le dimanche

Avec sa chemise blanche

Et sa bouille corail

Mon beau-frère est amirail

 

Ma belle-mère est cantinière

Du côté de Champaubert

Ell’ vend du vin à six sous

Qui vous met dessus-dessous

 

C’est pour doter ma rosière

Que j’épouse à la St pierre

Si je deviens caporail

Montmirail et Champaubert

 

Nous aurons de la marmaille

Qui sucera ses roberts

Braillera su’ l’ pot d’chamber

Pendant que papa rimaille

D’Montmirail à Champaubert

 

Jean Dauby

(Valenciennes)

(Topographie imaginaires du Bassin Parisien, inédit)

 

 

 

 

 

 

 

 


LE MONDE CRAQUE

 

Le monde craque ainsi que banquise au printemps

Emportant brusquement, de maelströms étranges,

Les grands pans lézardés d’un bonheur sans mélange.

Les bulldozers se font les complices du temps

 

Pour nous spolier des lieux où nous fûmes enfants,

Où nous avons aimé celle qui fut un ange.

C’est la neuve saison et notre monde change

Et nous laisse pantois dans l’inconnu béant

 

Créant de nouveaux dieux dépourvus de légendes

Auxquels nous croyons moins, pareils à des jouets

Incapables d’aider à percer les secrets

 

Du monde mystérieux que nulle propagande,

Nulles complications, chéries des techniciens,

Ne peuvent rendre moins hostile au faible humain.

 

Paul Bensoussan  (inédit)

(Savigny le Temple)

LA MAIN ET L’IDEE

 

Si la main ne peut rien changer au temps qui passe,

L’idée, en son esprit, s’éveille et le poursuit ;

Elle veut le saisir, l’appelle, et il s’ensuit,

Qu’il s’arrête en chemin, surpris d’être à sa place.

 

Dans la saga du temps, elle seule est sagace ;

Elle a su décider, du midi, du minuit,

Elle a su préciser le moment de l’ennui,

Ce qui lui semble bon, ou bien ce qui l’agace.

 

La main peut façonner la glaise à sa merci,

Eriger la statue en marbre et faire ainsi,

S’interrompre le temps, pour que l’heure en demeure.

 

Mais une idée enfuie aux vagues de la mer,

Va, delà l’horizon et son rivage amer,

Tenter le tour du monde, avant qu’une aube en meure.

André Pagès (inédit),  (Morrières les Avignon)                                                  

 

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:45

ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire

 N°24 E03

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

  e-mail : yvette.vasseur@orange.fr      http://yzarts.over-blog.com

Pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

+ 4 enveloppes timbrées pour les expéditions, ou adresse

 

 

 

 

Nous cherchons un peu d’amour et de paix

Avant de rendre nos fringues au vestiaire du néant.

Nous cherchons un peu d’amour et de paix

Sous le blanc sourire des cerisiers d’avril,

Sur les traces de rouge à lèvres des siècles,

Caressant les cicatrices d’une autre chevelure contre nos épaules,

Dans l’alchimie du rêve des déments,

Ecoutant swinguer le murmure envoûtant de l’univers,

Bernés par le cruel entêtement du non-dit des émotions.

Nous cherchons un peu d’amour et de paix

Assis près d’inconnus sur les gradins de l’obstination,

Buvant le miroir liquide de verres d’alcool glacés,

Décodant le sens des mots effacés d’un amas de computers brisés,

Fatigués voyant les outils de l’usine rongés par notre sueur.

Nous cherchons un peu d’amour et de paix

Sous les luminaires neutres des stations d’autoroute,

Partageant l’affolement des oiseaux perdus  des migrations

Attendant une réponse près de magnifiques téléphones bleus aphones,

Guettant le moment d’hésitation de la plus sûr e des vérités

Abandonnant l’idée d’éternité dans les files d’attente des supermarchés

Dans les mille identités des ombres passantes des rues,

Nous cherchons un peu d’amour et de paix

Dans les utopies merveilleuses brillantes des yeux de nos frères,

Espérant du confus chaos du réel.

Nous cherchons un peu d’amour et de paix

Alignant des phrases imparfaites

Pour assembler les bouts de nous-mêmes

De l’éparpillement du monde

 

BRUNO TOMERA

A une tasse de café

Nos mains se rencontrent à une tasse de café

Et nous embrassons tout à coup le crépuscule

Pour les passants taciturnes ou absents,

Nous sommes le naturel ou le hasard,

Mais nous nous regardons longtemps

Peut-être pour tous ceux

qui ne se sont regardés

ni le matin

ni a la tombé du jour,

                   comme si je te sais d’enfance,

je te connais si vieux

et dans les années perdues

je lisais l’attente

de l’heure de maintenant, quand…

Nos mains se rencontrent à une tasse de café.

Nadia-Cella POP

 

 

 

 

 

 

BAPTEME

 

Le jupon relevé, dans la jeune lumière,

Elle allait au lavoir, gracile floraison,

Avec pour seul repas, du pain de la maison,

Ou quelques fruits trop mûrs, cadeau d’une fermière.

 

Retrouvant à genoux sa place coutumière,

Sur le banc de tuffeau plus creux chaque saison,

Elle chantait l’amour, en guise d’oraison,

Près du cierge vivant d’une rose trémière.

 

Mais lorsqu’elle immergeait sa vie et son trousseau,

Humble geste sacral du rituel de l’eau,

Rythmé par le battoir et son poids d’allégresse,

 

Dans l’envol de sa main, dansaient les linges blancs,

La nappes et les grands draps chiffonnés de tendresse,

Délivrés de leur mal sous les saules tremblants.

 

Catherine Bankhead

 

QUINTESSENCE

 

Si j’étais moi, l’enfant, comme un petit poète

Je prendrais une feuille et un joli crayon

Puis tout en haut bien sûr, j’y écrirais ton nom

Avant de dessiner sur la page ta tête.

 

Ta bouche serait prête à me dire bonjour

Avec le sourire dès chaque petit jour

Ton nez devinerait la moindre de mes pensées

En caressant ma joue vers le midi à peine.

 

Ma sieste en rêves doux

Ravirait des merveilles

Avec pour seul « doudou »

Ta main sur mon oreille.

 

Au milieu de tes bras, je toucherais le ciel

Je décocherais les couleurs de l’arc-en-ciel

Et j’entendrais aussi comme un chant qu’on répète

Dans l’écho de ta voix le parfum de la fête.

 

Cette belle journée, ce serait tes envies

Qui mettraient dans mon cœur tout le goût de la vie

Et le soir je verrais mon bonheur dans tes yeux

Merci maman chérie, ton enfant est heureux !

 

Chantal Beddeleem-Catry

 

CHANTS DE PALISSANDRE

 

Tu es une déesse Massaï

Vraie comme une statue

Et belle comme une épée !

 

Et tu tiens

Dans la même considération

Le sabre guerrier

Et le Verbe pacifique

De Voyant !

Et tu aimes également

La poigne du lutteur

De ta tribu

Et la plume légère

Du sorcier de ton village !

 

Ô Noble  Négresse,

Que la nuit claire

Comme une fantasmagorie

Ultracéleste

De l’Angola de ta peau

Soit ton flambeau

De la beauté nègre,

La torche de la vérité

Universelle

Et le cierge du recueillement !

 

Théo Crassas

 

AU SERAIL

 

Allons voir au sérail la sultane qui penche

Sa tête épaisse et brune. Et dans les avalanches

Des couleurs tissées par le feu de l’orient

Sa jambe sonne l’heure imperceptiblement.

 

Elle ne porte rien qu’un collier d’eau de rose,

De musc ou de santal ou de fleur d’oranger,

Qui dévale son muscle et sa poitrine éclose.

Elle ne porte rien qui la dérangerait

 

Quand sous le khôl gras, ressemblant à ce dôme

Obscure de la nuit au-dessus de Sodome,

Son œil de Phénix réapparaît des cendres.

 

Mais avant que d’avoir à l’appeler Cassandre,

Songez qu’elle retient dans sa bouche un murmure :

Cruellement, elle s’ennuie entre ces quatre murs.

 

Samuel Cergal

 

 

 

 

 

LE PEUPLE ECRASE

le peuple décimé

parle au poète

 

Ô palestinien

Ô frère sans prière

 

Dans la pureté de ton sang

Tu délies ma langue

Pour toi je trouve

Je saisis le sceau

Qui ouvre l’autre saison

 

Cette simple paix coule dans mes veines

 

Tu es source du souffle

Le malheur rend vivant.

 

Gérard Lemaire

 

TOMBEAU DE MON PERE

 

Tu reposes déjà voici cent ving aurores…

Le visage figé sous le marbre où tu dors,

Paisible, abandonné dans les bras de la Mort,

Fixant l’étrangeté de ce noir décor.

 

L’une à l’autre saion, l’âme se décolore.

Je suis ce vieil enfant, orphelin, que dévorent

Les ombres du passé où tu palpites encor.

Sais-tu le poids du temps qui pèse sur ton corps ?

 

Tu savais de nos vies tendresse et remords,

De chaque être vivant le pitoyable sort ;

Les rires et les chants , éphémères, qu’implorent

Les hommes. Je pense à toi souvent, et même très fort !

 

Gérard Mozer

 

EN QUETE DU VIDE ABSOLU

Les vides et les pleins

S’harmonisent,

Et façonnent

Les mille et un face à face

 

D’un long voyage

Dans la nuit

Pour composer

Sur des vibrations de papier,

 

Un silence

Totalement expressif.

 

Jean-Luc Lamouille

 

 

EXTRAIT DE LA LETTRE (critique) DE BRUNO TOMERA.

A propos de Echo de ch’Nord et PARCOURS URBAINS

 

« Votre bonhomme de chemin me plaît bien car vos poèmes touchent à l’universel, c’est plutôt la marque d’une personne honnête qui avance dans le monde sans s’en extraire et qui fait de son histoire une histoire commune, écrire c’est se délivrer d’un Capharnaüm ou donner à se reconnaître dans des émotions, des sentiments, c’est puiser la force de se révolter et c’est principalement une volonté de rester amoureux et toujours étonné de cet émerveillement  malgré toutes les avanies , tous les mensonges. L’amour est tellement vaste que l’on peut en croquer partout ou le regard et la curiosité posent leurs trains d’atterrissage… »

 

Echo de ch’Nord est gratuit (contre une envellope timbrée)

PARCOURS URBAINS : 6 euros, chez l’auteur ou chez l’éditeur : LA NOUVELLE PLUME

 

LA PLUME EDITION vient de publier, pour les amateurs de nouvelles : FUNAMBULE ET AUTRES NOUVELLES.  15 auteurs surprenants. 7 EUROS

La plume Editions. Danielmeunier, 235 allée Antoine Milan, Bât. C 01600 TREVOUX

 

 

 

GEORGES PIOU, aujourd’hui octogénaire, fut le responsable de la revue POETIC 7 durant de nombreuses années. Aujourd’hui il garde un œil critique sur le monde et s’interroge, je vous livre ses dernières inquiétudes. vous pouvez lui répondre :

Georges Piou, Poétic 7

194 rue Maurice Jouaud

44400 REZE

02 51 70 10 70

 

TOUTES LES RELIGIONS, QU’ELLES SOIENT POLYTHEISTES OU MONOTHEISTES SONT NEES DE L’IMAGINATION HUMAINE, Y COMPRIS LA NOTION DE DIEU

 

Pendant des années il y a eu l’intolérance religieuse chrétienne, des guerres de religions, et des hommes, des femmes brûlés vifs sur les bûchers, d’autres excommuniés pour avoir contredits les pontes religieux…

Après des années de lutte, Voltaire, Galilée, d’autres… il y a eu la séparation de l’église et de l’état…

ALLONS NOUS REVOIR l’histoire des religions dans l’enseignement, et par quels enseignants ? ? ?

 

 

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:42

ECHO DE CH’NORD      ECHO DE CH’NORD

Printemps 2003 N° 23

Poezine gratuit et aléatoire

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

e-mail : yvettevasseur@wanadoo.fr

 pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

+ 4 enveloppes timbrées pour les expéditions, ou adresse e-mail.

 

Que dire de l’histoire humaine ?

User d’assez d’arguments pour

Apprendre à vivre sans tuer

N ul ne peut affirmer et

D ire comment faire !

 

L es générations futures

E tourdies par leur  nombre

S ouffriront de leur choix

 

H omicides interdits mais

O bsessions des pouvoirs seront

M enaces fratricides

M enaces bien lucides qui

E  crasent  l’espoir de quelques

S ages qui gouvernent

 

V ouloir vivre est-ce

I nterdire de penser autrement ?

V ivre peut se concevoir sans violence :

R éaliser le destin des peuples,

O uvrir la voix de la justice,

N ier l’utilité des armes,

T enter la pacification

 

D urable des gouvernements.

A nnihiler  les armements

M oderniser la diplomatie

O uvrir les esprits sur les nécessités

U rgentes d’aides aux populations.

R égler son compte à la guerre !

 

Yvette Vasseur, fèvrier 2003

 

 

 

 

 

 

Merci à

Tous ceux qui ont répondu à TRIBUNE LIBRE (texte et questions que j’ai diffusées sur Internet et dans le courrier aux amis)  les réponses de soutien me confortent dans l’idée de continuer cette feuille volante même si sa gratuité et sa futilité dérangent certains.

à

Tous ceux qui ont acheté ou échangé mes recueils PARCOURS URBAINS et COULEURS  publiés en un seul petit livre publié à compte d’éditeur par un éditeur revuiste, qui ne m’a rien demandé, qui sait que je publie gratuitement.

Mais qui a, lui, besoin de vendre ses livres pour que dure l’aventure éditrice engagée auprès du public de ceux qui aiment lire et écrire librement.

 

Ce petit livre vaut 6 euros, vous pouvez  me le demander ou vous approcher de l’éditeur pour connaître ses productions

LA PLUME EDITIONS

Directeur de publication : Daniel Meunier

235, Allée Antoine Millan  Bât C

01600 TREVOUX

http://monsite.wanadoo.fr/LAPLUMEEDITIONS

e-mail : laplume-editions@wanadoo.fr

******************************************************************************************

Du 13 au 16 mars c’est, en France, le PRINTEMPS DE LA POESIE

Thème national POESIE DU MONDE

Profitez-en pour participer à des actions dans vos villes et  vos villages,   tant que vous le pouvez.

(A  Roubaix Tourcoing est « tombé » l’Association des Maisons de l’Enfance. Elle existait depuis près de quarante ans. Elle accueillait les enfants de 3 à 12 ans et regroupait des associations de quartier susceptibles de créer des animations

Cet association était financée par la CAF, les collectivités locales et les associations d’émigrés qui finançaient le soutien scolaire aux enfants de leurs ressortissants. Le déficit de cette association est trop important.  Qui prendra le relais ?)

 

 

EXPRESSION

 

Jusqu’au fond des ténèbres

Dans le magma des planètes et des livres

Je vais vers toi

Ô cible de  l’intouchable

Ô sommet irradiant

Ô Justice

Je te cherche les yeux fermés et la bouche close

Tu es la divine Expression

Tu serais ma délivrance

T’invoquant encore dans le dernier souffle

La seule buée encore naissante

Je te vois régnante au-delà de mes gestes

Jusqu’à ce qu’un ciel mort me recouvre.

 

Gérard Lemaire

(Concremiers)


LA GRANDE PATIENCE

 

Vivre coûte que coûte, vivre, livrer bataille ;

Exister seulement…par épouvantement

De n’être que soi-même, de n’être que l’enfant

Dont se heurte le cœur aux plus hautes murailles.

 

Amis, connaissez-vous la triste mélopée,

L’églogue usées des jours, écumantes d’ennui,

Celle qui brûle en moi, lente et désespérée,

Avec son chariot lourds de peines, d’agonie ?

 

Encore un jour, encore, avant qu’il soit demain,

Perdu résolument dans la nasse du temps.

Existerait-il donc en quelque obscur néant

Un effroyable Dieu pour qui l’homme n’est rien ?

 

Gérard Mozer

(Taland)

 

 

SOMME TOUTE

 

L’homme n’en sera un, digne d’humanité,

Qu’après avoir gommé sa fausse vérité,

Et sa sérénité d’orgueilleuse fierté,

Avec des à-côtés d’étrangeté en somme.

 

Des siècles passeront, en aura-t-il assez ?

Avant que le dernier de ceux qui sont sensés,

N’ait rejoint ceux qui sont tout à fait trépassés,

Sans avoir décelé le coup qui les assomme.

 

Probablement que non : il serait surprenant,

Le temps étant compté même au premier venant,

Qui voudrait s’envoler vers son ciel maintenant,

Qu’il puisse améliorer les idées qu’il consomme.

 

Lorsque l’être n’est plus, il rejoint le non-être,

L’esprit pur absolu, n’ayant jamais été

C’est alors seulement qu’il est en sainteté,

N’ayant plus de défaut réel à se permettre !

 

André Pagès

(Morières les Avignon)

 

 

REVOLTE DES PENSEES

 

Parfois les pensées  se révoltent

Sur des événements glacés

Dans la cascade des temps

Témoignage des erreurs

Transparence de nos rêves

Sécheresse des moments perdus

Galerie de mes années naufragées

Risque de sentiments brûlés

Aux ailes de soie du soir

Les gerbes de la douce lumière

Naissent à la première confession

Se transmuent comme en discours

Polyphoniques du texte de la vie

Mais bientôt j’entends

Seulement des voix blanches !

 

Nadia-cella POP

(Brasov, Roumanie)

 

 

HAUTE SURVEILLANCE

 

Des poteaux se dressent en cercle

Scandent l’espace d’êtres tronqués

Qu’on peut activer et désactiver

Leurs organes génitaux sont déformés

Des fils électriques les bouclent

 

Prison à haut voltage !

 

Des dobermans patrouillent

A l’extérieur il y a des panneaux :

 

Propriété du gouvernement US

Camp N° 15748

Accès surveillé

On vous regarde

On vous observe

 

Eric von Neff

(San francisco)

 

 

 

DEMENCE DES TEMPS

 

l’élixir du couchant aux ivresses létales

nous délivre à jamais de mortelle prison… ! !

la ciguë est le vin du Sage

et le Temps celui du Poète

l’enivrant jusqu’à désécrire

les Hauts Mémoires de l’Oubli…

Souvenirs gris aux échos stridents.

Le sucresoleil caramélise dans le vinaigre

Du ciel pointillé par les vautours

Curant la charogne pourpre de nuages

Qui épointent les flèches des cathédrales

Dieu s’étant enfui d’horreur

Devant la bassesse des croyants.

Temps de toutes les démences – mais

La Sagesse de l’esprit suscitera

la Fin des Temps…

 

Christian Bouchain

(Epinay sur seine)

( extrait de « Démence des Temps », recueil inédit)

 

MORT - VIVANT POUR… RIEN

 

J’ai mal au spleen de mes oublis

Les roses rouges ont tant langui

Sur les tombes de ces morts pour rien

Que leurs pétales en chutent de tristesse

Et même si les pûtes roulent des fesses

Je n’ai plus envie de leurs regards de chien

 

Les femmes m’ont tant bu que je suis asséché

Comme une vielle pomme bouffées de rides

Au cœur de caillou  aux tripes de pierres

Je ne sais pas pourquoi je ne sais pas aimer

Et je me suis vendu au marché des dupes

Pour n’être plus complètement solitaire

 

Me voilà devenu marchand de nuages

Pour que d’autres plus cons puissent enfin rêver

Ne pensent plus à cette vie triste à chier

Pour qu’un instant ils se croient sages

Sans pour autant que leur avenir achevé

En fasse autre chose que des merdes à piétiner

 

J’ai vu trop de seins  de sexes et de culs

Pour n’avoir pas succombé au vice au plaisir

J’en suis presque resté…matérialiste

Et j’ai paumé mes morts sur trop de pistes

Pour les retrouver même dans mes souvenirs

 

J’ai mal au spleen de mes oublis enfin vaincus

 

Gilbert Marques

(Aussonne)

 

DANSEUR EXTRA TERRESTRE

 

Quand tu balances tes hanches

Sur les ondulations de l’insouciance

C’est l’éternité qui s’déhanche

En bousillant des amplis

Contre le fer gelé de mon silence.

Ma tête de givre sur la candeur de ton épaule,

Fond cumulée à la fonte des pôles.

Cette perle de sueur  qui naît

Sur les frissons de ta nuque es t le reflet

D’une complexe planète,

Poussières de comètes

Patiente et tenaces à créer une place

Dans un segment de l’univers.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les sunlights incandescents

De tes yeux bleus verts

Ralentissent le flux de mon sang

Et je craquelle comme un puzzle éparpillé

Sur cette piste aux étoiles,

Moi astéroïde intersidéral

Qui traverse danseur en apesanteur,

Le temps d’une danse

L’étincelante survivance

Des vulnérables beautés de ta galaxie.

 

Bruno TOMERA

(Gueugnon)

 

 

L’INSTANT

 

C’est le soleil, le soir

Qui tombe dans la mer

Et nous laisse entrevoir,

Au crépuscule, le rayon vert.

 

C’est tes yeux dans mes yeux,

Entrouvrant la porte de nos âmes

Qui nous conduisent vers les cieux,

Où le paradis nous enflamme.

 

C’est aussi…l’oiseau qui, le matin,

Lorsque tout dort encore…dans ma rue,

Vient se poser sur mon balcon…et à ma vue

S’envole…sentant venir mon geste câlin.

 

Le vieillard…à cheval sur sa chaise,

Près de la maison…sentant mon ennui,

Levant les yeux, qui me dit, épanoui

« Vis…pour illuminer ta vieillesse ».

 

l’instant…c’est ce pas en avant,

Qui, chaque seconde…chaque moment,

Nous conduit…vers notre destin,

Fait des joies et des peines au quotidien.

 

Serge LAPISSE

(Canejean)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:35

ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire

 N°22

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

  e-mail : yvette.vasseur@orange.fr      http://yzarts.over-blog.com

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DONNER UNE FORME AUX LENDEMAINS

 

Ils fondent

Dans le tableau de multiplication Tout en grandissant

Dans le manque de ressources affectives…

 

On ne remarque pas

Les différences

Dans le miroirs…

Eux

Ils sont cloués à la solitude

 


On ne remarque pas

Les saisons

Dans le cœur…

Les années

Pourrissent

Dans leurs yeux

A eux…

 

La révolte

N’est pas le résultat

Des dernières minutes…

Dans leur alphabet

Il y a passage à l’injure.

 

Üzeyir Lokman Cayci

(Mantes-la-Jolie)

 

 

 

 

Des Punk Rockers

Sont pris dans une bagarre

Un corps à corps

 

Des bras baraqués frappent

Sur fond de cris et de hurlements

 

Triomphe de la Volonté de Puissance

Et de la Kultur de la coupe Mohawk

 

C’est en lacérant des cravates

Et en brandissant du gel Revlon

Qu’ils vengent les copains bafoués

 

Reflet des goût changeants d’une nation

 

Erich  von Neff

(San Francisco)

 

 

LA FOI DU CHARBONNIER A L’ETAT PUR

 


C’est beau d’avoir la foi, la foi à l’état pur,

celle qui a permis de brûler l’hérétique,

la foi du charbonnier, à son feu sympathique,

près de l’autodafé du mécréant impur.

 

La foi pure élevée à l’abri du grand mur,

De fierté éblouie en sa grâce extatique,

Heureux qui peut l’avoir gardée à l’état pur,

Telle qu’elle a permis de griller l’hérétique.

 

Aujourd’hui, comme hier, en esprit clair-obscur,

Elle reste tapie, à l’affût, fanatique,

Prête à reconvertir l’innocence atypique,

Afin de s’assurer mainmise à tout futur,

C’est beau, pareille foi, absurde à l’état pur.

 

André Pagès

(Morrières-les-Avignon)

 

 

 

 

 

 


A QUI MIEUX…

 

A Jacques Prévert pour ces cent ans

 

L’homme et la terre rivalisent

A qui fera le plus de mort !

Tour à tour, ils piquent leur crise,

Instaurant la foi du plus fort.

 

La pitié n’est jamais de mise

Et la tendresse moins encor :

L’homme et la terre rivalisent

A qui fera le plus de morts !

 

On prend pour de la marchandise

Ceux qui n’ont pas de coffre-fort ;

Le sage, on lui règle son sort,

On ne regarde pas l ‘église,

Les prophéties se réalisent,

Les plus faibles ont toujours tort :

L’homme et la terre rivalisent

A qui fera le plus de morts !

 

En la mer bien des bateaux se brisent

Avec plein de monde à leur bord

Et le sol tremble quand on dort,

Rasant des villes par surprise

Et les deux bilans s’égalisent :

L’homme et la terre rivalisent

A qui fera le plus de morts !

 

Louis Delorme

(les Granges-le-Roi)

 

 

 

 

A LA NUIT…

 

A la nuit, tous les chats sont gris,

Et le laquais ressemble au maître :

Une femme ouvrant sa fenètre

Appelait son amant chéri,

 

Crut reconnaître son habit

Mais fit entrer un jeune prêtre

A la nuit tous les chats sont gris

Et le laquais ressemble au maître.

 

Si le saint homme en fut surpris,

Pour dieu n’en laissa rien paraître :

Son sacrifice allait peut-être

Gagner une âme au paradis.

A la nuit tous les chats sont gris.

 

Rolande Cielny

(Bruxelles)

 

 

 

 

 

 

 


DES ŒUFS

POUR MON ANNIVERSAIRE

 

Le jour de mon anniversaire

Je mangeais des œufs rouges

En chine

Pour me porter chance

Oui, de la même couleur

qu’une blessure sous mon aisselle

Ou mes menstruations

Pour me porter chance

Je mangeais des œufs rouges

Le jour de mon anniversaire

Oui, de la même couleur

qu’une blessure sous mon aisselle

Ou mes menstruations

Hier

Hier

J’ai mangé des œufs rouges

Pour me porter chance

Oui, de la même couleur

qu’une blessure sous mon aisselle

Ou mes menstruations.

 

Yanming Zhang

(San-Francisco)

 

 

 

CAPITAL MALIN

 

Tu as dit peu de paroles beaucoup de boulot

Nous avons essayé de comprendre

Tu as dit beaucoup de boulot peu d’argent

Nous n’avons pas pu élever la voix

Nous avons demandé salaire égal

à travail égal

Tu nous as  accusés de subversifs

Tu nous as bercés

Avec la globalisation

La loi de l’offre et de la demande

La compétitivité internationale

Sur les places

Tu as ingurgité notre droit

Avec une criante lucidité

 

Continue à bouffer ainsi

Ca-pi-tal malin !

 

Yakup Yurt

(Bruxelles)

 

 


EXPRESS

 

Arrêt.

Croisement furtif des regards

Encadrés par le halo blanc cassé

Des néons des wagons

de la rame d’à côté.

Le temps que Dieu technicien

Envoie son hasardeuse bénédiction

Sur les rails sécurisés.

Le temps de feindre l’ignorance

Chacun semblant hautain

Mais gêné

Des importuns semblables

De l’autre train

Empesés sur les sièges éprouvés

Maudissant ce temps mort

Qui retarde le sprint conquérant du légendaire

Empressement humain

Vers

Des boulots palots

Des énervements fermes et catégoriques

Des rendez-vous inutiles

D’immanquables célébrations

Des ennuis planifiés

D’incurables prétextes

Des calendriers à suspendre

Des paperasses réglementaires à expédier

Des espérances re conjuguées à l’imparfait

Des amours désirées non vécues irrémédiablement déçues.

Empressement à franchir la ligne

D’arrivée du tohu-bohu du dérisoir.

            Départ.

 

Bruno Toméro

(Gueugnon)

 

 

 

LE GENTIL FANTOME

 


Et si après ma mort je reviens sur la terre,

Je voudrais que ce soit, non en spectre vengeur

Qui vient en justicier et qui se rit des pleurs,

Mais en gentil fantôme qui un jour, je l’espère

Viendra te réveiller dans ce lit triste et froid

Où nous connûmes ensemble de si fiévreux émois…

Car j’espère conserver, et ton âme et ton cœur

Au de-là de la Mort et de la terre sur moi.. ;
et je veux voir en toi, bien plus que dans la Croix

La joie d’être ici-bas et de vaincre ma peur,

Tu es ce chaud brasier dont m’attire la flamme !

Je l’attise, je m’y chauffe, et près de toi, ma Dame,

Si quelquefois je pleure, mes larmes sont de Bonheur !

Car tu es ma raison d’exister, de comprendre ;

Et puis dans notre amour, pressons-nous de tout prendre,

Car la vie est un four dont nous sommes les cendres…

 

 

Gérard Mozer

(Tallant)

 

 
 
 
 
 
Ce rayon d’avenir dans le passé

 

Comment arriver à dire

C’est ce qui me désespère

Puis me donne quelque force

 

Justement je voudrais dire,c’est à dire bien le dire

Avec assez de vérité

 

Que je ne suis pas désespéré

Et que je ne pourrais jamais vraiment l’être

A cause ma foi de quelques hommes

 

Je les vois ceux là dans les forteresses

Mais pas du tout imaginaires

Ils ont été si longtemps emprisonnés

 

Pour leurs idées de justice leurs noms sont restés inconnus

Ignorés des foules malgré leurs livres

 

Saurai-je pourquoi le fleuve exalté de ces pionniers dans leur cachots


Doit ainsi être tenu dissimulé

 

Ceux-là seuls m’aident tous les jours

Il me suffit de savoir qu’ils ont existé

 

Existé !

 

Gérard Lemaire

 

(Concremiers)




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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:32

YVETTE VASSEUR  / 9 RUE DE LA GAIETE  / 59420 MOUVAUX / France

ECHO DE CH’NORD 

N°21 ETE 2002   

Feuille volante à parution aléatoire

Les auteurs sont seuls responsables de leurs œuvres

 

MICHEL DUTILLEUL  est né à Tourcoing en 1957 mais a toujours vécu à Mouvaux.A quitté les études à 16 ans, par manque d’enthousiasme, dit-il, pour les études. Il est, depuis, ouvrier sérigraphe, marié et père de 3 enfants. L’écriture est son moyen d’évasion son mode d’expression. Il est membre d’une association de défense de la langue française.

 

SENSIBLE

Tu aimes le chant du vent, soufflant dans les bouleaux,

Pareils aux pleurs navrants d’un violon solo.

Et tu voudrais l’écrire, mais n’es pas musicien.

 

Tu vois les champs de blé, en vagues agitées

Que l’ombre des nuages essaie de rattraper,

Filant devant tes yeux, mais tu n’es pas Gauguin.

 

Tu écoutes le ruisseau chanter un air léger

Le long des mousses vertes, sur les cailloux serrés,

Mais de tes pauvres rimes, tu es trop incertain

.

Tu caresse un corps tendre, comme pour le façonner,

Tu avances et tu trembles de rompre l’équilibre

Par tes mains malhabiles, car tu n’es pas Rodin.

 

Pourtant ton cœur bat plus vite

Tes yeux s’embuent de larmes.

Tes doigts vibrent

Et ta bouche sourit au jour nouveau.

Tu vis et tu le sens, et c’est déjà très beau.

 

LE VISITEUR

 

A droite, le soleil tape sur le chapeau du promeneur.

A gauche, l’ombre de l’homme heurte l’ombre des arbres, sans s’arrêter.

Sous chaque pas, sur ce sentier tout droit, les feuilles crient leur douleur, déjà mortes pourtant.

Dans l’ombre du chapeau, des yeux  absents avalent sans sourciller la beauté de ce lieu, sous le regard sans yeux des arbres de cent ans.

Ses oreilles s’émerveillent du silence de l’endroit, où  mille cœurs battent, effrayés par ses pas.

La silhouette avance, sans marquer de repos, sous la futaie qui balance vers le haut ses bras légers de danseuse de flamenco ;

La créature soudain s’arrête. Une chenille verte agonise sous son pied. Un papillon jaune est posé sur le bord de son chapeau. D’un geste interminable, une main, suivie d’un bras, plonge dans la poche profonde du duffel-coat pour en extraire un boîtier noir, peut-être un appareil photo ?

 

Le silence est religieux, et la forêt majestueuse offre une image éternelle à son visiteur.

L’homme approche l’objet de son visage :

« ALLO ! BONJOUR CHER AMI !

(…)

OUI ! L’USINE SERA TRES BIEN ICI ! NOUS SIGNONS DEMAIN ! »

 

 

 

 

ECHO DE CH’NORD / ECHO DE CH’NORD / ECHO DE CH’ NORD

 

 

PAULETTE SIX est née à Roubaix en juin 1923. Elle a quitté le lycée à la fin de la classe de première pour parfaire ses études de musicienne.  Elle fut contredame dans un atelier de confection et se reconvertit au dur métier d’infirmière qu’elle exerça, jusqu’à la retraite, à l’hôpital de la Fraternité.  Elle donna alors des cours de piano et d’orthographe aux enfants de son quartier et d’ailleurs, tout en assouvissant sa passion pour la poésie.

 

J’AIME LE NORD

 

Mon canton c’est le Nord avec son charbonnage !

Ses arbres noirs, tordus dans le voile du soir !

Ses plaines, ses terrils et ses bourgs sans espoir

Où vont couler ses eaux en oubliant leur âge !

 

Cher patelin l’été, sous le soleil peu sage,

Qui fait rêver chevaux et bœufs de l’abreuvoir…

Les cigales alors égrènent leur savoir

Tandis que les oiseaux m’apprennent leur langage !

 

A la riche Provence, je te préfère ô Nord,

Malgré ton été tiède et ton hiver qui mord !

Que j’aime ma commune et ma maison natale !

 

Dans tes quatre saisons que je brave sans peur,

J’aime ton vent qui souffle engendrant la rafale…

Oui c’est toi qui se meut tout au fond de mon cœur !

 

ELAN PACIFIQUE

 

Espoir, quand naîtras-tu de ce monde figé ?

L‘amour, en arrachant de ces maux, les racines,

Aportera la paix, sur son sol mutilé !

Nos horizons ouverts seront exempts d’épines !

 

Parfois vivre fait mal ! cent visages meurtris

Aux secondes du temps, témoignent de la faute

Commise dans le siècle ! absurdité d’esprits

Incomparable horreur, dont le monde tressaute !

Face au thème idéal qui façonne l’amour,

Il serait important de renourrir ces âmes

Qu’un esprit tentateur ravage chaque jour !

Une étincelle peut, faire jaillir des flammes,

En ce monde pervers, qui frappe comme un sourd !

 

Plantons la Paix, sur les terrains sanglants du monde !

 

 

 

 

 

 

 

ECHO DE CH’NORD / ECHO DE CH’NORD / ECHO DE CH’NORD

 

PAUL BENSOUSSAN est né à Oran en 1931 d’un père juif et d’une mère catholique. C’est un homme de gauche qui se dit libertaire aujourd’hui. Il a souffert de l’antisémitisme à cause de son patronyme bien qu’il se dise agnostique. Depuis 86  il souffre d’artériosclérose et a subit 4 pontages coronariens.  Il a écrit environ 500 poèmes et a attendu l’âge de 64 ans pour les faire éditer.

 

 

MINEUR

 

Assis, dos appuyé contre l’autre paroi

Les jambes écartées l’étayant aux charpentes,

Il  enfonce son pic dans l’or noir qui serpente

Au pactole premier des fossiles des bois.

 

Sous le casque son front marque son désarroi

Dans la nuit sans étoile et ses veines saillantes

Sa bouche grimaçant un dur rictus atlante

Témoignent de l’effort d’un laborieux sans croix.

 

 

Le grisou, le porion, le labeur, la misère,

Harcèlent ce titan creusant là son suaire.

Termite dans la chair de la terre des fruits,

 

Des palmes, des sous-bois, des parfums de la nuit,

Des aubes des rosées, dans le boyau d’ébène

Il songe au soleil d’or comme au vol l’homme en chaîne.

 

CALVAIRE COMMUNARD

 

La Seine sinuant saigne sous un ciel gris

De l’incendie brûlant l’antique capitale

Et du sang répandu, fraternel dédale

Des égouts et des rues, où poussent des taudis,

 

Des coupe-gorge obscurs de notre ancien Paris.

Des barricades de pavés, monumentales

S’écroulent exhalant les plaintes et les râles

D’un peuple d’ouvriers vaincus dans le mépris.

 

Partout des révoltés poussés aux ossuaires

Des femmes accablées préparant des suaires

Et des désespérés résistant pied à pied,

 

Tombe à tombe, abattus dans le Père-Lachaise

Tandis que Thiers, le gnome aux légions versaillaises

Ordonne le carnage au glas halluciné.

 

 

 

 

 

 

ECHO DE CH’NORD / ECHO DE CH’NORD / ECHO DE CH’NORD

 

 

 

 

JEAN CHRISTOPHE  VERTHEUILest né à Neuilly/ Seine en 1944. De formation scientifique il est venu tardivement à l’écriture, vers 50ans. Depuis, encouragé par ses premiers succès, il a écrit contes, nouvelles, romans : 2 d’entre eux ont été publiés aux éditions CLEF à Marseille. Il est aussi rédacteur pour la revue l’Ouvre -Boite.

 

RENAISSANCE

 

Silence de la nuit

Un chuchotement de mémoire…

 

La main se tend

Au fond du puits d’incertitude,

Un rayon de lune, rayon d’espoir

Se cache à l’ombre du silence

Le rêve fou s’accroche

Au souvenir démasqué.

Dans le labyrinthe du temps,

Le corps s’effrite en grains de sable

Dispersés par l’autan

Au désert de l’oubli.

 

Puis, il renaît au matin

Dans l’éclat d’une rose.

 

DIMANCHE MATIN

 

Cueillir le jour à venir

Dans  les nuages du possible.

Se répondre en abîme.

Boire à lentes gorgées de rose

Les dernières lueurs d’une fin de croissant.

Puis se laisser gagner par l’espace incertain

De la fin d’un rêve.

Ouvrir l’œil…

Une gifle de lumière,

             En plein cœur….

Dans la mémoire flotte une odeur de café,

Une bouffée de chaleur  molle

Monte du lit entrouvert.

Les notes du réveil agitent

Les grains d’un rai de lumière.

Mollesse végétative et jouissance du temps…

Perversité lascive d’un dimanche matin…

 

 

 

 

 

 

 

ECHO DE CH’NORD / ECHO DE CH’NORD / ECHO DE CH’NORD

 

FERRUCCIO BRUGNARO est né à Mestre en 1936 et vit à Spinea (Venise). Ouvrier depuis les années cinquante, il est autodidacte. Il a été le protagoniste  de longues luttes du mouvement ouvrier de ces dernières décennies. De 1965 à nos jours il écrit et publie, en feuille volante, sur les murs, en revues et recueils, de l’Italie à la Californie.

 

 

NE POIGNARDEZ PAS LA PAIX

 

Ne dévorez pas la paix.

Ne répondez pas aux montagnes de morts

Par d’autres montagnes de morts.

 

Eteignez la faim dans le regard

De millions

D’enfants.

 

Montrez

Le sourire

Sur la terre de Palestine

Indiquez le chant.

 

Ne poignardez pas

Ne poignardez pas la paix

Dans le dos.

 

Enlevez la chape de solitude

Du peuple irakien

Du peuple cubain.

 

Abattez la nuit gelée

Profonde

Où errent des millions de créatures.

 

Ne répondez pas,

Ne répondez pas aux morts

Par d’infinis bûchers d’autres vies.

 

Mordez-vous fort les lèvres

Mordez-vous fort le cœur.

 

Ne louangez pas la guerre.

Ne louangez pas la guerre.

 

Traduction J.L. Lamouille

 

 

 

 

ECHO DE CH’NORD / ECHO DE CH’NORD / ECHO DE CH’ NORD

 

NADIA-CELLA POP est roumaine, elle est née en 1848 ; Elle écrit et se fait publier au travers de toute l’Europe et sur les autres continents en revues et anthologie, elle a publié deux recueils en Roumanie  en 1997 et 2001.

 

 

STRIDENCES

 

Dans une jungle de regards

Il vaut mieux être aveugle

Dans une forêt d’idées

Il est préférable d’être bête

Car toute parole chaque fait

Sont détrônés et jetés

Dans des champs arides

Dans des rivières asséchées

Sans chance de survivre

Ont-ils perdu la recette

De la générosité tendre

Qui tendait la main

Pour guérir les blessures….

 

LE VERRE

 

De pauvres âmes égarées

Se rassemblent à l’auberge

Où on leur permet seulement

Un jour et une nuit de joies

Ici tout est obtenu par dettes

Les heures d’inquiétudes

Les espérances  traîtresses

Les amours perdues

Encore un petit verre

La seule chance de s’oublier

Le plus accessible….

 

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:23

ECHO DE CH’NORD N° 19

2001

 

L’INTERROGATION

 

Je n’avais jamais osé faire le rapprochement entre la silhouette humaine tracée à la peinture blanche sur un trottoir de mon quartier et  la bavure policière qui est jugée en appel en ce moment à Douai.

Si je m’en souviens bien, le jeune boxeur zaïrois été mort dans le « panier à salade » durant son transport au commissariat…

Je me disais qu’il s ‘agissait peut-être d’une autre affaire et c’est peut-être le cas… Ce qui voudrait dire qu’il y a eu deux meurtres dans mon quartier ces dernières années… Un quartier si tranquille…

Mais en supposant que la silhouette soit celle du jeune boxeur cela veut dire qu’il est mort sur le trottoir immobilisé et écrasé au sol par quatre policiers pour une histoire de rétroviseur cassé….

 

 

 

 

Pour Rachid….. Riad et les autres….

 

Etant enfant, dans la carrière Grimonprez

J’allais à la chasse aux papillons

Aujourd’hui un policier

A fait d’un gosse un moribond….

 

C’était en avril 93…

Mais, après l’an 2000 ?

 

Les temps  sont durs

Et les gosses mal éduqués

Mais, méritent-ils d’être «exécutés »

Lors d’une « bavure ».

 

Alors déborde la rage

Malgré les paroles des plus sages

Cocktails « Molotof » et slogans de haine

Font face à matraques et lacrymogènes

 

Vos parents viennent d’Algérie

Mais vous êtes nés ici

Pas encore adultes mais déjà bannis

Entre pauvreté et misère

Comme l’étaient avant vous vos pères.

 

Combien même prôner un idéal

Quand pour un homme l’erreur fatale

C’est être né d’une autre race

Mettant votre avenir dans l’impasse.

 

L’intégration n’est qu’un leure

Quand la mauvaise foi est partout

Et nos cultures restent floues

Lorsque l’un de nous meure…

 

 

 

Ironie du sort : dans la famille de Rachid, durant les années 80, une fille est morte pour avoir fréquenté un garçon  de race Européenne.

 

 

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:17

ECHO DE CH’NORD N° 18

AUTOMNE 2001

 

BRODEUSE

Pour faire u n jour

Sur ses draps de velours…

 

Ourler le temps

Festonner les lisières

Point de riz, point de blé

Point de tige, point de rose…

 

Pour matelasser de laine

Tous ses tapis de peines

Franger ses souvenirs

Tricoter ses soupirs…

 

Pour assembler

L’empiècement de ses rêves

Et surfiler les bords de son ennui…

 

Pour crocheter

Des coussins à l’enfance

Et rapiécer

Le cœur de son adolescence

Et ravauder

Les bas de ses silences…

Pour décorer de pompons les apparences

Et pour poser des cantonnières

Sur le haut des absences…

 

Elle pique toujours son aiguille

Sur l’envers…

Et plonge ses yeux sur l’ouvrage

Pour mieux se taire…

 

Yvette Vasseur

(Mouvaux)

 

BLOCS NOTES

A ceci qui s’énonce mal comme le sable

S’infiltre dans le pli d’un vêtement,

Un mot à la commissure des lèvres

Une abeille dans les cheveux

 

Un fil d’épeire tendu qu ‘au seuil

L’on  passe  entre deux nuages,

D’égal à égal tout commence là

Le hasard nous accuse, la corneille détonne

 

Et ouvert l’intervalle des doigts

Notre  histoire s’en remet

Plus à l’écorce qu’au scribe

Vous m’en pouvez croire,

 

Plus aux bienheureux murmures

Des corps captés par le plaisir

Dans l’alternance brusque

Des modes de l’avoir, dont jubile la nef.

Daniel Martinez

CHANT DU PREMIER

 MATIN AUX OUVRIERS

Rien que l’offensive

Jour après jour rien qu’elle

Chaque grève sauve une vie

O peuple massacré

 

O gisant de l’ombre

Peuple redevient peuple

Redevient Toi

 

N’es-tu pas l’unique chance

De la conscience

Insuffle ce chemin d’éveil

Il tourne le dos au malheur

 

Rien que l’offensive

Répète-le, répète-le

Enferme la dans tes oreilles

Ne regarde qu’elle

 

Ils vont reculer

En bon ordre

Ils feront au moins

Un pas en arrière

Ils vont s’agenouiller

Dans les boudoirs.

 

Gérard Lemaire

(Concremiers)

 

QUESTIONS SANS REPONSES

Qui a donné

A qui a-t-il donné

Qu’a-t-il donné

Pourquoi a-t-il donné

Comment a-t-il donné

Combien a-t-il donné

Où a-t-il donné

Quand a-t-il donné

Quel est le soucis de cette personne ?

 

Qui a reçu

De qui a-t-il reçu

Qu’a-t-il reçu

Pourquoi a-t-il reçu

Comment a-t-il reçu

Combien a-t-il reçu

Où a-t-il reçu

Quand a-t-il reçu

Pourquoi cette personne est esseulée ?

 

Voyez-vous mes semblables ?

A peine seul avec moi même

Plongé tel un poisson dans les questions

Je pense profondément !…

Yakup Yurt

(Bruxelles)

 

 

AVEC ET SANS FUTUR

 

Dans le ciel

Effacent les éclaircies d’espoir…

 

Tel un squelette

Avec et sans espoir

Tu restes suspendue

Dans mes yeux.. ;

Les rires aux éclats chargés de feu

Sont marqués à mes paupières

Avec la nostalgie d’un jour à saisir..

A un moment où je ne puis penser

Avec et sans futur

Les branches restent sans feuillage.

 

Par un changement transparent des autres jours

Avec et sans futur

Je ne sais pas combien de soir

Je suis battu par ton absence

Aux tables de jeu du hasard sans personne ?…

 

Avec et sans futur

L’obscurité tend son piège

Les espoirs affamés m’attrapent

Et… on passe à mes poignets

Les menottes d’une vie sans toi !

 

Üzeyir Lokman Cayci

(Mantes la ville)

 

LE CHANT DE L’OISELEUR

 

Te dévisager

C’est s’entourer d’oiselles volantes

Parées de plumes bleues

Et huppées de prunelles

Vertes comme les amandaies de l’espérance

Ou brunes comme les lacs

Ombrés de lauriers sombres !

Te regarder

C’est voir les avions

Aux couleurs de Pérou

 

Prendre l’air verticalement

Et les fusées blanches

Se fixer dans l’azur

Réceptif à leur flamme !

C’est que tu es une épaufrure de vénus,

Un éclat de Caryatide,

Un fragment d’ Isis !

Tu es une vigne épamprée

Guettant mon arrivée

Au Canaan  de l’Amour !

 

T’aimer

C’est vivre et espérer la pluie divine

Dans l’Avril de la joie !

Théo Crassas

(Kifissia)

NE PRENDS DONC PAS FROID

 

Ne prends donc pas froid

As-tu frôlé de près le seuil de l’au-delà ?

Et perçu de là-haut

Notre monde empalé

Sur le rostre glacé

De sa concupiscence ?

Ne prends donc pas froid, mésange, ma douce,

Les feux d’enfer ne chauffent pas.

 

Mais ce soir, franchissant les murailles du songe,

Ange, ma mésange, duvet joli qui plonge

Aux creux du firmament,

Pourfends donc de ton bec l’icône du mensonge

Et libère le temps !

 

Rolande Cielny

(Dilbeck)

 

LES OISEAUX

 

« Est-ce que  les oiseaux se cachent pour mourir ? »

Serait-ce qu’ils aient peur qu’on leur froisse les ailes ?

Auraient-ils des pudeurs de gente demoiselles,

Au moment de quitter ce qu’ils ont  su chérir ?

Leurs cœurs battent trop fort pour ne pas en souffrir,

Ils ont trop bu de vent comme font les gazelles,

«Est -ce que les oiseaux se cachent pour mourir ? »

Serait-ce qu’ils aient peur qu’on leur froisse les ailes ?

Ceux qui voient au zénith les nuages courir,

Ou bien ceux  qui des nuits comptent les étincelles

Auraient-ils plus que nous des vies universelles,

Qu’ils veulent nous celer au moment de périr ?

« Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ? »

 

André Pagès

(Morières les Avignon)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMME DES CAILLOUX BLANCS

 

J’en ai perdu des illusions

Au fil de mes folles années ;

Je les ai bien souvent semées

Pour récolter la dérision.

 

Je croyais que la déraison

Finirait par être gommée

Et que, de la sagesse aimée,

Serait bientôt la floraison ;

 

Mais il me restait les plus belles

Les plus tenaces, toutes celles

Qui faisant semblant de mourir…

 

Et même au revers de mon âge,

Elles s’accrochent pour finir

En beauté mes dernières pages.

Louis Delorme

(Les granges-le-Roi)

 

 

 

 

LA MARCHE DU TEMPS

 

Les si grands rois de France ne sont plus que poussière…

Et leurs têtes laurées, entre glaise et le ciel,

Habitent des tombeaux dont le marbre étincelle

                Quelque divin Mystère

 

Tel un prêtre oublié au cloître d’autrefois,

Je serai de ceux-là, dans toutes les mémoires,

Dont il restera au croquis de l’Histoire

                Qu’un nom…sous une croix !

 

Comme Jeanne clouée au bûcher de la foi,

Notre angoisse se noue en des sanglots taiseux

Quand s’agite, Mortels, sous nos fronts douloureux

                Le spectre de l’Effroi.

 

Gérard Mozer

(Talant)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PAYSAGE INTERNE

 

Des filaments

S’entrecroisent

Filaments d’une toile d’araignée abandonnée

Qui réfléchissent des arcs-en-ciel délicats

Et retiennent des moucherons prisonniers

Ils pendent mollement

Leurs corps évidés

Oscillants légèrement

Dans la brise

Petites taches

Membranes abandonnées

Grains de poussières sans vie

Fantômes ombres tremblantes

Suspendues à des brises

A des treillis

A des sécrétions fibreuses

 

Erich von Neff

(San Francisco)

 

 

 

 

ENTRE DIJON ET NANCY

 

Les néons blancs crépitent sur son visage,

De ses cheveux collés contre des rides

S’écoulent des sueurs

Qui tache le col de sa blouse bleue,

Elle frotte, insistante et courbée,

Les ecchymoses du carrelage

D’un balai brosse démesuré,

En forçant sue ses mollets violets de veines éclatées,

J’évite hagard son chariot de munitions

A sulfater les bactéries

Et gerbe dans l’évier un restant d’ineptie.

Ses yeux fatigués s’accrochent

Comme des crocs dans ma nuque

Puis indifférente s’en retourne à son chantier,

Elle, qui efface dans l’aire de la nuit,

Les empreintes des allées et venues.

Il me faut de ce café fort et dégueulasse

Pour traquer la piste de l’humanité perdue ;

 

Bruno Toméro

(Gueugnon)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES BLES D’OR

 

Tes cheveux sont ténébreuse lumière

Plantés  comme des blés d’or

Par ta chevelure je te sacre petite déesse

Eclairée par les rayons de soleil

Dieu seul sait où te conduira ta chevelure

Dans des prés de verdure

Ou dans les plaines d’Ukraine

Tes cheveux iront où va le vent

Vagabond au temps de tes amours

Par les hommes que tu rencontreras

                Nelly

Tes cheveux sont les feux de ta beauté

Ils sont soleil vivant

 

Guy  Guittenit

(Rezé)

 

CANTIQUE RUSTIQUE

Ce village qui s’étale

Dans le creux du vallon,

Dont chaque toit est un pétale

De sa multiple floraison,*ce village enchâssé dans les bosquets

Et prolongé par ses prairies,

En appelle à la raison

Autant qu’à la poésie.

 

Sous chaque toit d’ardoises grises,

Sous chaque toit de tuiles rouges

Combien ont vécu de familles ?

Dans ce creux de vallon,

Fait de vergers et de charmilles

Où la vie animale fourmille

Alors que sous le grand soleil d’été

Par la chaleur écrasé,

Semble-t-il, pas un chien ne bouge ?

 

Serge Lardans

(Chatellerault)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EN ETREIGNANT LE LOUP BLEU

 

Il y a de cela bien des lunes

L’année du tigre

Ma grand-mère

Comme bien d’autres avant elle

D’une beauté ravageuse

Fut emportée par les soldats du Grand  Khan

Elle devint la sixième concubine de Gengis Khan

Ses cuisses l’étreignirent

Il la remplit de vie

Tandis que coulait le sang sur ses cuisses

Il y a de cela bien des lunes

Un rien de moi fut conçu

Tandis que coulait  le sang sur ses cuisses

 

Yanming  Zhang

(San Francisco)

 

 

RENDEZ-VOUS

 

J’ai rendez-vous avec la terre maculée,

Où l’or noir gît sur les rochers

Les vagues l’ont déchiré, effiloché,

Mais la tache grasse et flasque a persisté.

J’ai rendez-vous avec la mer souillée

Qui lutte pour dévorer  l’énorme déchet :

Elle l’écrase sur les côtes déchiquetées,

Elle le rejette sur le sable

A la merci des responsables ;

J’ai rendez-vous avec la terre et la mer

Pour crier avec elle nos révoltes,

Pour résister  avec elles dans leurs luttes,

Pour m’encourager de leurs forces,

Pour pardonner la folie des hommes.

 

J’ai rendez-vous avec la mer

Il reste quelques trainées noires

Mais elle a digéré, nettoyé, réussi .

A quel prix ? ai-je demandé,

Elle a murmuré : ils vont recommencer ;

J’ai rendez-vous  avec la terre

Elle m’a simplement dit :

La lutte pour la vie est infinie ;

J’ai rendez-vous avec la terre et la mer

Seulement pour continuer à vivre !

 

Michelle Magri

(Aix en Provence)

 

 

 

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:11

HOMMAGE AUX POETES  ET REVUISTES

DU NORD PAS DE CALAIS

 

Jean Claude Bailleul

Né à Tourcoing, vit actuellement en Bretagne

Animateur durant 17 ans de la revue Horizon 21

 

Ardent caillou qui trinque

Au délire de ma nostalgie

J’égratigne mille demeures

D’oublis démesurés

Gravier traditionnel qui crisse

C’est tout ce qu’il peut vivre

Je laisse chaque pas

Trouver son enfonçure

A la conquête du feu

 

Au milieu du bonheur

Parfois les yeux sont rouges

Aussi

Ils acceptent

Au milieu du sommeil

L’écran ressuscité

Ose l’image d’un baiser

 

(extrait de tant que le temps, 1988)

 

 

André Campos Rodriguez

Vit à Seclin

Animateur dans les années 80 et 90 de plusieurs revues de poésie  et d’émissions de radio littéraires et poétiques

 

L’ERMITE

Je ne brandirai pas

L’outrance des feuillages

Ni ne dévoilerai

Les friches désertées

Qui me servent de repaire.

 

Le ciel seul sera témoin

De l’âge de mes reins

De l’anse de mes peines

 

Et mes silences meubleront

Où  j’écouterai grandir

Les biches de mes bois ;

 

J’aurai pour seules  compagnes

Les nuits ensorcelées

De mes rêves éteints

 

Et des aurores scellées

Aux commencements du monde

 

 

 

 

Gaston Criel

Vivait à Seclin

Locataire de Jean-Paul Sarte, secrétaire d’André Gide, a exercé de nombreux métiers et voyagé aux Etats Unis où il rencontra beaucoup de jazzmen

 région.

 

Veille solitude

Souffle jeune matin

Les pas portent journée

Coin de rue à la place

Vers le rêve laqué ;

 

Pirogue je descends

La tourbe urbaine

Mon bateau

Les autos butent.

 

Accrochés fantasmes

Ne voient plus

Que décor

Aussi plat qu’une toile.

 

Une étoile vomissure

Eclaire la banquette

Eclatante puanteur

Où les mains se cramponnent 

 

La marée du souvenir

Agite la passion du présent

Roulé de vague en vague

Homme vague porte jours durs

Qui s’effritent aux minutes de coton

 

Les oiseaux abandonnent le cri

Entre lune et soleil

Le chanteur sans voix

A perdu les regards

Il suffoque son rêve

En hoquets sans écho

Le bêlant boiteux

Est né trop tard

Dans un monde trop vieux ;

Il ne reste sur ses lèvres

Qu’un peu de poussière

Et les oreilles dures

Des assoiffés d’azur.

 

Plus une aille plus une branche

La rose bleu marine

 Fane le hasard.

 

Jean Dauby

Vivait à Valenciennes

Fondateur du centre Froissart de poésie

(revues, concours, édition de recueils)

 

            « Louez le nom de Yahvé ! »

                                   psaume 113

                        KILOUTOU

Louez ? louange ou location

Mon père louait sa machine à coudre

(18 francs par mois, en 1918 !)

et se penchait sur elle avec vénération,

tanguant des pieds pour rythmer sa prière

(Douze heures par jour ; à moins que

jupitérien, il ne fit jaillir de ses doigts

L’éclair de son aiguille ;

 

Mes parents louaient leur maison,

Mesurant leur hommage

En raison inverse de l’inconfort

Et des caprices du proprio.

 

Mais de nos jours, keneloutonpa ?

La maison kiloutou vous offrira

Le marteau et le camion pour le transporter,

La reine d’Angleterre vous louera ses gardes

Pour le mariage de votre fille,

Et duc de Montluc son château                   Renaissance

-fauché qu’il est-  pour tourner un porno.

 

Et Dieu ?

Y-a longtemps que c’est fait.

            Dieu soit loué !

 

                                   (30 Mars 1992)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Guy Ferdinande

Vit à Lompret

Animateur de la revue «Comme un terrier dans l’igloo » et de la maison d’édition «le Rewidiage »

 

LA PISTE AUX ETOILES

Ouvriers du matin, à quatre dans la cabine

Du J7, motocyclistes crottés perdus

Vigilants avec les pensées : il fait froid, hein !

Sur la terre plate où chaque jour

Le vrai fait son trou jusqu’à la lie ;

 

            La vie n’est faite que de détails

Les détails que de fictions qui,

Telles des microbes, portent le sens de nos pesantes généralités.

            Et ce sont ces fictions qui

Nous font la peau avec la quelle nous aimons.

 

Pris dans l’aube filandreuse où les peupliers

Tiennent leur silence, un avion délie l’espace,

Démêle  le blanc à la façon dont je tue les guêpes qui envahissent l’essentiel,

Mes détails,

            L’indivisible vigie qui,

Derrière la fenêtre, passe par le ciel

 

Dan Ferdinande

Compagne de Guy, contribue à l’œuvre commune.

 

Le voile de la mariée finit de fleurir

Mousse de tulle crème par-dessus la haie

Et toi dans le jardin minuscule

Tu disputes aux guêpes et aux merles

Les derniers fruits mordus avec entêtement

Puis tu déposes sur les milliers de feuilles

Le cristal d’un élytre

Le goût d’une pomme de reinette entamée

Le bol ébréché du hérisson venu boire une nuit

L’ultime soubresaut de l’armée noire et dorée de porte-aiguillons arrêtés à ta vitre et tu éternues.

 

Moi j’ai dans le creux de la main un petit verre orange

Jusqu’aux trois cercles verts je l’ai rempli

D’une boule de platane.

Elle renferme l’odeur forte de la récréation

De la ronde du muguet et de la capucine.

(« …Atchoum »)

je l’appuie à mon oreille et j’entends

sur les carreaux d’une marelle tracée à la craie

 

Qui va se loger en plein ciel.glisser un palet de faïence azurée

 

Louis Lippens

Vit à Linselles

Directeur de la revue «elan »

Poétique littéraire et pacifiste

 

MANIFESTE DE LA LIBERTE

La liberté n’existe pas

Dans un monde où l’argent est roi

Où la maladie mène au trépas

Dans un monde où sévit la faim

Où l’on gaspille le pain

Dans un monde sans travail

Où il y a trop de «boulot métro dodo »

Tiercé et loto

 

La liberté n’existe pas

Dans un monde d’homme de paille

Dans un monde mitraille

Où les hommes marchent au pas

Avec l’odeur de poudre au repas

 

La liberté renaît

Loin des casernes abandonnées

Avec leurs armes rouillées

Loin du nationalisme

Avec le mondialisme

 

La liberté renaît

Avec les Droits de l’homme appliqués

La liberté renaît

Avec la Paix

 

(in «face à la Liberté »2ème trimestre 77)

 

Jeanne Maillet

Vit à St Pol / Ternois

Fondatrice du cercle poétique du Ternois, rédactrice du bulletin «bulles ternois »

 

QUAND NOS HISTOIRES S’APPARENTENT…

Quand nos histoires s’apparentent

A la beauté du jour qui passe

Ne refermez plus vos fenêtres

Parentes de nos songes

Filles de mer et de clarté

Frêles comme un son de cloche

Fortes comme un pain bis…

 

Puisqu’il nous faut des millénaires

Pour forger le mot incendié

Que toute buée sur la vitre

Ne déforme plus nos visages…

Et puis prions encore ; Prions mieux

Le sceau fermé éclate de lui-même

Quand nous portons nos propres vœux

Jusqu’aux limites des lumières

Et nous voici, corps assiégés

Dans le chaud d’un instant

Où le possible se réveille…

 

Extrait de «endormi sous son lieu de promesse »

 

Lucien Suel

Vit à Berguette (P. de C.)

Animateur de la «Station

Underground d’Emerveillement

Littéraire »

 

CANDELABRE POUR BENOIT

(extrait)

Les ossements de Benoit brunissent délicatement  dans la cave romaine de Sainte-Marie-des-Monts.

Seule à avoir réintégré le village natal, celée sous le maître hôtel de l’église d’Amettes, une rotule témoigne. Sur la route poussiéreuse bave l’articulation épuisée.

Les sorciers démocrates avaient exalté le virus du travail, le laudanum culturel, le paillasson de l’ordre et la bougie nauséeuse de la raison.

 

Voici Benoît labre.

Lui sanctifie l’oisiveté en ce siècle où la torture machiniste commence ses ravages dans les villes anglaises  pour déferler à la fin sur la planète dégradée.

Lui sanctifie la pauvreté en ce temps où l’infâme bourgeoisie se glorifie de la ponte ininterrompue d’abjects objets de consommation.

…………………………………………

Né dans une mercerie de village et mort dans la boucherie Zaccarelli à Rome, entre temps, il aura, pédestrement, été le voyageur déguenillé, le roi de la gyrovagie, le cul-terreux volatil, le paresseux persécuté, le poignant diététicien des captifs de Calabre, le trappiste itinérant, le rouquin lentigineux, ou le contemplatif zen.

…………………………………………….

Benoît-Joseph Labre n’a jamais mûri de projets. Il n’a pas connu le gel homicide, ni le bestial endoctrinement télévisé par satellite, la folie meurtrière programmées à travers l’espace, le dé pipé du vote universel.

Benoit-Joseph labre n’a vécu qu’au jour le jour avec foi, sans loi.

Il laisse la porte ouverte aux fêlés mystiques. Amen.

 

Viviane Simon

Née à Dunkerque

Animatrice

 Du groupe poétique «dialogue »

 

IL FAUT TOUT REPEINDRE EN ORANGE

Sauf le désir

9/10/87

M’agresse Musique

Walkman

L’arbre une mer que le vent agite

Lille le soir troisième étage

il pleut

10/10/87

Mes pas poursuivent mes pas

Jusqu’où fait-il aller pour te rejoindre

J’accepte le silence

Comme un bruit étranger

C’est le métro qu’ils montent

A coups de soleils impuissants

Marteaux piqueurs marteaux pick-up

Je vais craquer réponds

 

Yvette Vasseur

Vit à Mouvaux

Animatrice de «echo de Ch’Nord »

 

CERCLE

Le cercle s’enroule

Se déroule

Autour de mon cœur

De ma vie

Trace des regards

Des vis            ages des chemins

De l’enfermement à la liberté.

 

Sortir de l’enfermement physique

Par la force du mental

La liberté individuelle

Vu de l’esprit

Conditionnée par les contraintes

Du collectivisme.

La différence condamne

A la solitude

A l’enfermement

Le Différent

Devient la référence

De l’espérance folle

De Rédemption

 

Pour mille ans d’obscurantisme

Plus mille ans de réflexion

 

Crucifié à jamais

Trahi par des générations d’illuminés

Attendant du «ciel »

La révélation du message

En saccageant la terre

D’où viendra

Le jugement dernier.

 

Le cercle concentrique

S’enroule se déroule

Autour de la table

 

Là est mon univers

Là est ma mémoire

 

Je porte une grappe d’œufs

Fertilisées par des images

Des voix gravées dans mon cerveau.

 

L’éternité s’inscrit

Dans la mémoire collective

Quand l’histoire se prête au jeu

 

L’éternité de l’univers

Est la réponse

A toutes les questions humaines

 

Il nous faudra les trouver

Au risque de ne mourir idiot.

 

Pierre Vaast

Vit à Noyelles sous lens

Fondateur de la revue « Rétro-Viseur »

 

UN HOMME ET LE MONDE

Jour après jour confrontés.

La faim, la guerre, la mort

Il y a tant à faire !

Et son amour tout nu

A retisser chaque jour.

Le monde est sa démesure.

Face à face.

C’est une sacrée corrida

Pour un homme

L’aventure est assez belle

Et passionnante à dominer.

Mais toujours il faut repartir en voyage,

Reconquérir les mêmes fleuves

Les mêmes montagnes

Les mêmes déserts

Les mêmes solitudes ;

Rien n’est jamais acquis

Ce n’est pas le monde qui a rétréci

C’est notre regard sur l’avenir,

Sur la poussière des trottoirs,

Sur l’horizon des continents,

Sur la couleur du ciel.

 

 

 

Lucien Wasselin

Vit à Camblain-l’Abbé

Chroniqueur littéraire au journal «liberté »

Et dans Rétro-Viseur

 

Peut-on écrire ces instants fugitifs où coïncident un paysage, une humeur et quelques souvenirs ? Me voilà au pied d’un château, sur une langue de terre emprisonnée entre une rivière et un ruisseau mort couvert d’une fragile végétation aquatique ; Une barque passe, des pécheurs patientent et interrogent la lumière. Des cyclistes arrivent et se reposent sous les frondaisons. Et rien ne trouble le dormeur près de la haie. Il fait beau. Je me sens bien et j’en arrive presque à aimer les hommes. Je pense à Willy Ronis, André Kertesz, Robert Doisneau, quelques autres encore… Et que les souvenirs de 1936 n’ont pas fini de s’éteindre. Je suis là, parfaitement anonyme, une femme à mes côtés, dans la photo que nul n’a prise. Je souriais, je croyais au bonheur

 

 

 

 

 

 

Tous les textes et auteurs présentés dans ce N°, sont extraits de

« Quelques poètes du Septentrion »

brochure éditée par le  groupe «poésie » de l’association «escal’Ados »

et par mes soins

 en tant qu’animatrice de ce groupe

Sauf  présentations et textes de

André campos Rodriguez,

Louis Lippens

et Yvette Vasseur

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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