Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 19:40

ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire

 N°61 spécial poésie d’Amérique du Sud

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

  E-mail : yvette.vasseur@orange.fr      http://yzarts.over-blog.com

Pour participer: envoyer quelques textes inédits (20 lignes max.)

+ 4 enveloppes timbrées pour les expéditions, ou adresse e-mail.

Extraits  « Poésie de lutte, de souffrance et d’espoir » par Yvan Avena (Goiânia 2010)

 

ARGENTINE

Réponses

La poésie est-elle une arme chargée de futur

Ou le futur une arme chargée de poésie ?

 

Rimbaud

Qui voyait loin

Qui a bu toutes les épines de la rose

Qui a deviné tous les secrets du rêve

Eut l’intuition d’un futur chargé de poésie

Et il écrivit une lettre qui présentait l’infini

Rimbaud pouvait délirer jusqu’aux ultimes vérités

Il exprimait la réalité comme un citron

La lucidité ne lui faisait pas de paix

Et il ne serait pas surpris de voir Ernesto Cardenal

Synchronisant le futur et la poésie

La rébellion du peuple est une arme chargée de poésie

Et le poète charge les armes du futur

C'est-à-dire

Le futur est une arme de poésie.

Juan José Fanego

 

Les marchands de sang

Dans un monde créé par les marchands

Et dirigé par eux

L’orbite des idées des philosophes et les moralistes

Trouve toujours sa place dans l’orbite du ventre des marchands

Les sermons du curé étaient dirigés sur mesure, pour eux

Les ouvriers, les inventeurs, les prostitués, les érudits

Suaient pour eux

La politique, les bateaux, les rotatives, les messages, la philanthropie

Se mouvaient par eux et pour eux

Et le vent formaient les vagues, labourait la terre

Mais les marchands avaient rempli le monde d’armes

Parce que les armes étaient alors la meilleure marchandise.

Voici pourquoi les machines de guerres

Devaient être baptisées à la guerre

Et leurs maîtres devaient défendre à mort leur tirelire

Leurs dividendes futurs, leur morale à deux visages

Leur mot de jubilation céleste

Et le génie de cannibales, presque atteint

Celui qui donna aux démiurges des mains humaines

Et un destin plus lugubre que la fièvre des marécages

Il se mit toujours plus expert, au service des marchands.

 

Luis Franco

 

BRESIL

Marche

Je viens de la patrie des tourments

Je viens d’une époque de crimes

Je viens des blessures que la nuit

Laboura dans la chair des hommes.

 

Je ne demanderai pas à la cour

De pardonner mes bourreaux

Pour le cri de rébellion

Arraché à mon sang

Par le rêve

Par les armes

Par la marche de mon peuple

Contre un mur !

 

Comme se dénoue la céréale du sillon

Je lève mon corps de blé

Du corps étendu de Oricilio Marins

Semence de furie et d’espoir

Saignant dans les rues insurgées de Minas

 

Je libère mon chant d’oiseau

De l’impossible voix des morts :

Lumière accessible dans les instants de trêve

Pour la mémoire enterrée du peuple.

 

Pedro Tierra

CHILI

Manifesto

 

Mesdames, messieurs

Ceci est notre dernier mot

-notre premier et dernier mot-

Les poètes descendirent de l’Olympe

 

Pour nos ancêtres

La poésie fut un objet de luxe

Mais pour nous

C’est un article de première nécessité :

Nous ne pouvons pas vivre sans poésie.

A la différence de nos ancêtres

Et je le dis respectueusement

Nous soutenons

Que le poète n’est pas un alchimiste

Le poète est un homme comme les autres

Un maçon qui construit un mur :

Un constructeur de portes et fenêtres

 

Nous, nous communiquons

Dans le langage du quotidien

Nous ne croyons pas aux signes cabalistiques

 

Puis nous affirmons :

Le poète est là pour que l’arbre ne pousse pas tordu.

 

Niconar Parra

Extraits de « Poésie féminine du Rio de la plata »

 par Yvan Avena(Goiânia 2011)

 

ARGENTINE


 

 

Eva

 

Florida, tunnel de fleurs pourries

Et la  masse des pauvres est restée

sans mère

En pleurant entre les réverbères

aux crêpes de deuil.

En pleurant dénudés, pour toujours, seuls.

 

Sombres mâles aux cravates noires

Souffrant de rancune par décret

Et l’institution, par la radio de l’état,

Qui fit durer Dieu pendant un mois ou deux.

 

 

Buenos Aires de brouillard et de silence

Le quartier  Nord derrière les volets

Passait commande, à Paris, de rayons de soleil.

La queue interminable pour regarder

Et ceux  qui maudissaient préventivement

Afin que toutes les « têtes noires » n’apportent pas

La reconnaissance à cette quelconque femme.

 

Maria Elena Walsh

 

 

 

 

Je m’orne de solitude tous les jours

 

La rage est un rire monnayable et les cathédrales

M’envahissent souvent

Pendant que la misère construit minutieusement son cancer

En toute conscience je mesure mon pouls sur les antennes

Qui s’emparent de mes ailes

Et j’enquête les chemins à l’heure où les oiseaux

Sont délogés des terrasses polies et impeccables

Je n’ai plus de lieu de rencontres

Et je meurs de soif quand la solitude est une annonce

De colibris et de pêches

 

 

 

 

 

 

 

Mais la faim

Est un chien vagabond dans mon ventre

Et elle s’installe dans des millions de bouches.

Il faut cacher

La force qui porte mes jambes vers un monde de chemises et de pétales

Mais, fatalement, je recommence à pleureur sur les tables de bars,

Fatalement.

 

Anadela Arzon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis un clou

 

Je suis un clou aigri

Il y a longtemps que je suis cloué

 

Je suis triste sur le mur

Car personne ne me voit

 

On ne m’a jamais rien accroché

Tous m’ont oublié

 

Eh toi, accroche-moi quelque chose

Je pourrai ainsi croire en moi

 

Accroche un pétale, un petit bateau

La photo de ton chaton

 

Une sucette, une sandale

Ne serait-ce qu’une ficelle

 

Par pitié, je te prie

De me trouver un ami.

Par Yza
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 17:40

Salut

Salut à l’angle mort

Au vaisseau des fantômes

 

Aux assassinés de ma génération

Qui sont resté assassinés

 

A Holger Meins

Qui doit lui aussi resté enterré

 

On perd la mémoire dans les cohortes en fuite

L’exil par exemple comme bon placement littéraire

Mais dans ce vertige inutile

Les angles morts font fureur

 

Il y a des morts plus victorieux

Que bien des sceptres en pamoison

 

Maintenant je dois m’arrêter

Car un tel poème n’aurait pas de fin.

 

Gérard  Lemaire

A Cathleen

 

Mon amour

Je suis sorti sous la pluie

J’ai porté ta casquette

Ton écharpe et tes gants

C’est tout ce que je pouvais faire

Pour me rapprocher de toi physiquement

Quant à l’esprit ce n’était pas difficile

Il y avait si longtemps

Qu’ensemble nous nourrissions

 Une seule étincelle,

Un seul élan

Une seule énergie

Je t’ai attendu sous la pluie

Pour finir le chemin

Et tu es venue tout de suite

Et bra s dessus bras dessous

Sur le trottoir mouillé

Nous avons remonté lentement

L’avenue

Jusqu’au cœur de la ville.

 

 

Pierre Vella Jacquin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Yza
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 17:38

Folie

 

Lorsque la folie résonne en moi

Dans l e tintamarre sourd de l’oubli

 

Il semble que j’enfante

Un espace dément

Où un tyran glacial

Viole mes désirs

Dans un combat à armes inégales

Où moi

Armé de tes baisers

Je hisse chancelant

L’étendard valeureux de ta féminité.

 

Bruno Morello

Ville fantôme

Comme un grand bateau frêle

Flottant dans le brouillard

La cité s’amoncelle

En blocs blancs et hagards

 

C’est la ville docile

Aux fenêtres fixant

De leurs yeux immobiles

Le bitume glissant

 

Mènent-ils quelque part

Ces trottoirs qui se suivent

Et portent jusqu’au soir

Des ombres fugitives ?

 

Tout un monde pressé

Se croise et se côtoie

Comme si pourchassé

Il était une proie

 

Puis soudain s’agglutine

Croyant à quelque fête

Devant une vitrine

Miroir aux alouettes

 

Est-ce le cri blessé

D’un oiseau ou le vent

Aux toitures cassées

Des usines hurlant ?

 

Car la brise n’est plus

Qu’un refrain métallique

Et l’écho continue

D’un monde mécanique

 

C’est la loi de la ville

Où naviguent les hommes

Dans l’océan hostile

D’un univers fantôme.

 

Marie-andrée Balbastre

Par Yza
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 17:34

Patineurs

 

Un garçonnet

Tout chauve

De cancer

(Pourvu, pourvu

Que la chimio te guérisse !)

Pose sur la glace

Son pénible vécu

Que ses soucis s’allègent

Jusqu’à l’allégresse

 

De noir vétu

Un homme chenu

Souplesse d’herbe

Dans ses patins

File

Tel dans  le printemps

Un pré au vent

 

Jeune femme colibri

Tourbillon de feu

En apesanteur

Vivacité ailée

Du soleil

Qui illumine

La patinoire.

Béatrice Gaudy

Fous de bassan

 

Fous, nous sommes de vivre, aspirant à l’Amour

Mais de bassan, ne sommes

Fous de n’être qu’en somme

Des mutilés ; crispés sur le désert des jours ;

Fous, perdant l’équilibre, arbres déracinés,

Tordant leurs branches mortes, au vent de l’espérance.

Fous aux cœurs calcinés,

Vivant come inutiles et par inadvertance,

Ployant sous leurs chagrins, terrassés par le mal,

Fous de n’exister pas, tournoyant dans le vide

Comme totons, noyés dans un vol infernal

Fous dont le cœur trop pur, est demeuré sans rides.

 

Eh ! bien, que direz-vous de vivre sans folie,

Trouvant une harmonie

Dicant l’Amour n’est pas encor, dans ce bas monde.

Pourtant la joie éclate en nos âmes profondes.

 

Voilà le vrai départ

Vers le grand large

Vers la vivante mer

Et non plus vers les gouffres

Le visage s’est ramassé en point unique

Il n’est plus poussière de mimosa

Un souffle le focalise

Il est l’identité de son âme.

 

Christine Darnis-Gravelle

Patineurs

 

Un garçonnet

Tout chauve

De cancer

(Pourvu, pourvu

Que la chimio te guérisse !)

Pose sur la glace

Son pénible vécu

Que ses soucis s’allègent

Jusqu’à l’allégresse

 

De noir vétu

Un homme chenu

Souplesse d’herbe

Dans ses patins

File

Tel dans  le printemps

Un pré au vent

 

Jeune femme colibri

Tourbillon de feu

En apesanteur

Vivacité ailée

Du soleil

Qui illumine

La patinoire.

Béatrice Gaudy

Fous de bassan

 

Fous, nous sommes de vivre, aspirant à l’Amour

Mais de bassan, ne sommes

Fous de n’être qu’en somme

Des mutilés ; crispés sur le désert des jours ;

Fous, perdant l’équilibre, arbres déracinés,

Tordant leurs branches mortes, au vent de l’espérance.

Fous aux cœurs calcinés,

Vivant come inutiles et par inadvertance,

Ployant sous leurs chagrins, terrassés par le mal,

Fous de n’exister pas, tournoyant dans le vide

Comme totons, noyés dans un vol infernal

Fous dont le cœur trop pur, est demeuré sans rides.

 

Eh ! bien, que direz-vous de vivre sans folie,

Trouvant une harmonie

Dicant l’Amour n’est pas encor, dans ce bas monde.

Pourtant la joie éclate en nos âmes profondes.

 

Voilà le vrai départ

Vers le grand large

Vers la vivante mer

Et non plus vers les gouffres

Le visage s’est ramassé en point unique

Il n’est plus poussière de mimosa

Un souffle le focalise

Il est l’identité de son âme.

 

Christine Darnis-Gravelle

Patineurs

 

Un garçonnet

Tout chauve

De cancer

(Pourvu, pourvu

Que la chimio te guérisse !)

Pose sur la glace

Son pénible vécu

Que ses soucis s’allègent

Jusqu’à l’allégresse

 

De noir vétu

Un homme chenu

Souplesse d’herbe

Dans ses patins

File

Tel dans  le printemps

Un pré au vent

 

Jeune femme colibri

Tourbillon de feu

En apesanteur

Vivacité ailée

Du soleil

Qui illumine

La patinoire.

Béatrice Gaudy

Fous de bassan

 

Fous, nous sommes de vivre, aspirant à l’Amour

Mais de bassan, ne sommes

Fous de n’être qu’en somme

Des mutilés ; crispés sur le désert des jours ;

Fous, perdant l’équilibre, arbres déracinés,

Tordant leurs branches mortes, au vent de l’espérance.

Fous aux cœurs calcinés,

Vivant come inutiles et par inadvertance,

Ployant sous leurs chagrins, terrassés par le mal,

Fous de n’exister pas, tournoyant dans le vide

Comme totons, noyés dans un vol infernal

Fous dont le cœur trop pur, est demeuré sans rides.

 

Eh ! bien, que direz-vous de vivre sans folie,

Trouvant une harmonie

Dicant l’Amour n’est pas encor, dans ce bas monde.

Pourtant la joie éclate en nos âmes profondes.

 

Voilà le vrai départ

Vers le grand large

Vers la vivante mer

Et non plus vers les gouffres

Le visage s’est ramassé en point unique

Il n’est plus poussière de mimosa

Un souffle le focalise

Il est l’identité de son âme.

 

Christine Darnis-Gravelle

 

 

Par Yza
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 17:31

ECHO DE CH’NORD

Poézine gratuit et aléatoire

Trimestriel N°60

Hiver 2011-2012

Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits

Yvette Vasseur. 9, rue de la Gaieté 59420 Mouvaux

  E-mail : yvette.vasseur@orange.fr      http://yzarts.over-blog.com

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Tendresse

Echapper au palais des glaces

Casser les miroirs déformants

Briser le sceau des secrets du passé

Balayer les injures au vent nouveau

 

Ombrer la page du Vivant

Par l’étreinte d’une pensée

Retrouver le chant du cœur

Par le pouvoir des mots !

Libre prisonnier

D’une tyrannique tendresse

Garder juste ce qu’il faut d’âme

Pour la noyer dans les yeux d’un enfant !

 

Yvette Vasseur

Parcours

Avec nos rêves

Qui se déplacent

Dans l’espace

 

Avec les saisons qui nous tentent

Se lamentent

Nous réinventent

 

Avec le temps de partir

De bannir

Ou d’être martyr

 

Avec les chemins parcourus

Toutes les distances les errances

Et la désespérance

 

Avec nos nuages

Nos rages

Et même davantage

 

Avec nos différences

Absences

Jamais l’indifférence

 

La vie nous prend nous secoue

Le miracle c’est d’être debout

 

Nos yeux pour seule lumière

L’amour pour seule prière.

Yvette Vasseur

Par Yza
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