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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 17:17
pour les 100 ans du gransd Boulevard;
pour les 100 ans du gransd Boulevard;

LA MORT DE LA PETITE AUTO

Pendant bien, bien des années

Elle roula vaillamment sur les routes

Comme aurait fait la brave «choupette »

Pour vous emmener coûte que coûte

Au travail comme à la fête.

Puis sous le harnais, elle traîne

Et de la mort suivit la pente…

On allait souvent chez Wolfwagen

Assurant le service après vente

Le garagiste, homme de science

Nous rassurait avec confiance.

Il lui prescrivit une jouvence

Dont le traitement lui fut bon

Puisque malgré sa déchéance

Elle retourna au charbon

Mais elle finit, quand même, hélas !

Par nous péter un joint de culasse.

Elle est morte un jour sans prévenir

Sur une bande d’arrêt d’urgence

Nous frustrant de notre désir

De l’emmener en vacances

Après quelques hoquets pathétiques

Elle rendu son âme mécanique

Sans pitié pour notre douleur

D’avoir à payer l’dépanneur…

Pourtant nous étions restés fidèles

A notre vénérée Coccinelle

YZA

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 17:07
LE REGNE DU BONHEUR

Le règne du bonheur...

Le règne du bonheur

Factice

Le règne du bonheur

Pactise…

nourrit et jouit

De la faculté

D’occulter

Les aléas de la réalité…

Tout voir tout entendre

Et tout dire

Pour mieux ne rein dire…

Cause toujours

De ta détresse

On te renvoie la politesse

Mieux qu’un coup de pied aux fesses…

Le règne du bonheur

Factice…

Jeunisme et populisme

De rigueur….

Socrate peut prendre

Sa cigüe

Il y aura toujours cinq cents pouces

Qui se baisseront

Dans ce monde de cons.

YZA

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 16:57
Artiste de rue à Honfleur
Artiste de rue à Honfleur

Les artistes de la rue St Jacques

Lorsque Pascal danse avec la lumière

Ma ville prend du caractère

C’est une sérieuse et grande affaire

Les couleurs qu’il travaille

Pour révéler la beauté à elle-même

C’est sa façon de nous dire j’aime

Ma ville, les statues, le canal

Lorsque Joé chante dans la rue St Jacques

C’est la vie qu’il libère en vrac

C’est le blues qu’il sort de son sac

Baroudeur, la rue c’est sa fac

Sa voix charrie des rochers de montagne

Nous parle d’une vie de cocagne

Quand Joé chante

Quand Pascal peint

Je vois leurs yeux leurs mains

Je sais ce qui les transcende

Je sais ce qu’ils attendent

Notre regard posé sur la lumière

De leurs regards tendres et fiers

Loin des béquilles, des fauteuils et des différences

Regards sur l’Art, comme une chance.

YZA

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 14:46
ARBRES BI-COLORS
ARBRES BI-COLORS

LES STARS

On nous apprend à vous aimer

Sur nos radios standardisés

Où vos chansons sont matraquées

On nous apprend à consommer

Acheter les galettes de vinyles

Avec le Walkman et les piles

Bons produits de consommation

Au même titre que le savon

Laver la tête à l’intérieur

Pour être moins seul, avoir moins peur

On nous apprend à vous aimer

Et même pour vos mauvais côtés

Puisque aimer même vos défauts

Fait qu’on trouve les nôtres plus beaux

On vous donne tous les droits

Tous les moyens pour nous séduire

Sur couverture de papier glacé

Où on rend beaux même les laids

Mais toutes vos musiques remixées

Sont comme vos seins siliconés

Chics et chocs

Mais c’est du Toc

Strass et paillettes

Faut qu’ça brille et qu’ ça jette

C’est tellement dur d’être vedette

Mais devant l’envers du décor

C’est moins beau et c’est moins fort

Et la star esseulée

N’est plus qu’une pauvre pomme névrosée

Qui cherche une épaule pour s’poser.

YZA

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 14:40
PENSEZ POUR MOI

PENSEZ POUR MOI

Pensez pour moi « j’n’ai pas l’temps »

Dit le représentant au Président

J’ai un rendez-vous crucial

Pour augmenter le capital

De ma société commerciale…

Pensez pour moi « j’n’ai pas l’temps »

Dit le routier au Président

Je vous accorde ma confiance

Pour les choses qui ont de l’importance

Moi je ne fais que rouler

J’nai pas le temps de parlementer…

Pensez pour moi « j’n’ai pas l’temps »

Dit l’ouvrier au Président

J’ai des cadences à respecter

Si je ne veux pas faire chuter

Les primes de production d’atelier

Qui font mon SMIC amélioré…

Pensez pour moi « j’’n’ai pas l’temps »

Dis la ménagère de moins d’cinquante ans

Il faut que je fasse mon marcher

Et puis ma séance d’UV

Et je serais à peine rentrée

Pour l’nouveau jeu télévisé…

Pensez pour moi « j’n’ai pas l’temps »

Dit le président à son secrétaire

J’ai tellement de choses à faire

J’ai rendez-vous au ministère

Pour le «briefing » hebdomadaire

Et puis ma femme et en colère

Que je ne puisse satisfaire

Aux exigences du protocole

Alors que c’est elle qui s’y colle…

Et c’est ainsi que l’secrétaire

Fait tourner la terre

A sa manière

En écrivant avec amour

Moultes discours !

Yvette Vasseur

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 18:32
coquelicot de mon jardin
coquelicot de mon jardin

BESOIN DE VOUS

J’ai besoin de l’autre,

Toi que j’aime, Frère, Père, Fils,

Sœur, Mère, Fille, Ami, Amie, Camarade,

Vieux, jeunes, enfants, bébés, vieillards.

Homme, femme dans la force de l’âge

Besoin de croire en votre force vitale

Besoin de vous savoir vivant par le corps et l’esprit

Si ce n’est de l’esprit pour ceux qui furent et

Sont encore mes amis, mes compagnons d’idéaux.

J’ai besoin de votre souffle

J’ai besoin de votre rire

J’ai besoin de vos sourires

J’ai besoin de vos regards

J’ai besoin de vos voix

J’ai besoin de savoir que vous n’êtes jamais

très loin les uns des autres

J’ai besoin de savoir que vous êtes

nous sommes solidaires

J’ai besoin de savoir que nous sommes plus forts

Que les forces destructrices et réductrices

Qui nous nomment selon un numéro

Qui nous distinguent selon nos compétences

ou nos incompétences

Qui nous sondent selon des pourcentages

Qui nous flattent selon des projets préétablis politiques ou commerciaux

Pour que nos vies aient un sens

Pour que ne meurent pas les idées de nos pères

Pour que ne soient pas sacrifiés les rêves de nos enfants

Pour que chaque matin soit une rencontre avec la vie

Pour que chaque matin rayonne du plaisir

De faire une rencontre Avec vous

Pour que l’humanité ait un sens

Pour que l’optimisme reste le bien le plus précieux de l’humanité

Pour que chaque fleur chaque rayon de soleil chaque oiseau chaque papillon

Chaque flocon de neige chaque embrun d’océan soit un cadeau à partager

L’Amour pour Epée

L’Humour pour Bouclier

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 21:49
Iris d'eau (fleurs de Lys)
Iris d'eau (fleurs de Lys)

Le vagabond

Tu renonças à traverser les rues

Pavées de pierres rajeunies par l’or

A voir la peau et les os

D’une cité sans âme

Tu renonças à marcher sous un ciel atomique

Où la terre tournait

Sous une pluie de larmes brulantes

Que tu laissais derrière toi.

Oui, tu ne veux plus rein

Plus rien, mais la pensée de Lui…

Tu n’étais qu’un vagabond.

Tu voulais dériver

Au milieu de capitales métalliques

Où les hommes ne pouvaient ni marcher

Ni parler librement

Où les fils se détournaient de leurs pères.

Tu t’es arrêté auprès d’une église

Où les citadins aimaient se recueillir

« Ils disent qu’ils veulent le royaume

Mais ils en ont ôté Dieu »

Tu ne veux plus rien,

Mais son souvenir t’incite à te retourner.

Tu voulais t’en sortir

Tu recherchais ton expérience

En testant et touchant

Jusqu'à en avoir assez

point de te repentir.

Mais aujourd’hui tu renonces à chercher

Après cet homme, ce pur esprit

Qui n’agresse ni ne détruit

Qui pourrait s’asseoir à la droite du Père

Tu ne veux plus marcher

Avec la Bible et le fusil

L’Univers de Dieu pèse trop lourd

Sur ton cœur

Maintenant tu es sûr que tu es seul

Maintenant tu n’attends plus rien de Lui.

Tu rentres chez toi

Tu renonces à ses Evangiles

Tu veux trouver

Ta propre route vers le soleil.

Tu ne veux plus rein

Mais tes souvenirs t’incitent

À te retourner vers Lui

Tu veux te libérer,

Mais les souvenirs…

Tu n’étais qu’un vagabond !

YZA

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 21:03
île des pierres dressées
île des pierres dressées

1 les prés salés

J’arrivais au bout de ma journée de voyage.

Je ne pouvais pas aller plus loin parce qu’en face de moi s’étendaient des sables mouvants que seuls les connaisseurs traversaient à marée basse avec prudence.

J’arrivais dans un village tranquille qui résonnait au rythme de la vie animale, du pas tranquille du cheval du cantonnier aux moutons des prés salés.

Les ombres pastel du crépuscule appelaient au silence.

Les eaux arrivaient au terme de leur course, s’immobilisaient, captives de la baie.

Toi, l’ami gitan, arrivé pour la procession de juillet, tu dansais au pourtour de mon âme, une danse d’abeille avec son aiguillon, aussi ardente que la flèche lointaine de l’abbaye du Mont St Michel…

2 le Mont St Michel

Depuis les prés salés l’île du Mont St Michel apparaissait mystérieuse et magique

Dans la baie se profilait aussi une île sombre et déserte, repaire des oiseaux l’île de Tomblaine, île prison d’autrefois.

Dès le lendemain matin je pris le car pour visiter le Mont, deux texanes m’accompagnaient.

L’heure matinale nous épargna la foule des touristes. Nous pûmes monter sans encombre l’unique rue bordée de boutiques et de restaurants, en ce petit matin de début juillet.

Nous découvrions la baie à marée basse, depuis le parvis de l’église. Comme un réseau de veines éperdues, un delta éparpillait son eau argentée dans le sable immaculé où la force des marées ne semblait laisser aucune place à la végétation aquatique.

Librement, nous visitâmes le chœur de l’église et les salles du monastère et nous pûmes nous surprendre à admirer la beauté de la lumière cristalline des jardins du cloître et ses colonnes formant voutes et ogives.

De retour à Avranches, nous allâmes dans les jardins de la mairie, on y donnait une fête folklorique, nous goutâmes au gigot des prés salés et assistâmes à des danses où la grâce des jeunes filles était révélée par leur jupon virevoltant et leur coiffe papillonnante.

3 Saint Malo

Nous sommes arrivés face à la ville légendaire, depuis la gare, par la route des docks encombrés de leurs réserves de bois.

Nous sommes entrés par la porte marine, pas loin de la statue de Chateaubriand.

A droite, s’étalait la place de la mairie et au bout le musée de statues de cire où est retracée l’histoire de la ville et de son héros : Surcouf.

Nous nous sommes promenés quelques jours parmi ses rues et ses ruelles découvrant halls et places de marchés, bouquinistes et petits musée de poupées.

Tu achetais des cigares et nous allions boire du Ricklès dans les petits bars à matelots.

Le matin tu vendais ton « or de trottoir » sur les marchés Le jour tu dessinais sur le parvis de la cathédrale je te regardais colorier un visage de Christ et l’entourer de roses devant les badauds attentifs à découvrir le personnage illustré.

Les piécettes tombèrent dans le demi-ballon de caoutchouc posé sur le bitume tandis que tu t’essuyais les mains sur le devant de tes jeans …

Méandres de pierres et de granit rose, vous vous perdez dans l’eau de la baie, vous vous offrez corps et âmes à la Mer nourricière.

Et vos remparts gardent les secrets des trésors conquis.

4 le port de Dinan

Nous sommes arrivés à Dinan par le viaduc

Et sommes descendus dans le port par les venelles à flanc de collines

C’était l’heure bleue en été, un goéland aux ailes argentées planait et descendait en piqué vers la surface de la Rance.

Des lampadaires aux allures de bec de gaz éclairaient les pontons, bercés mollement par l’eau douce.

Des voiliers et des yachts alignés face à la berge semblaient s’assoupir après les épreuves de la mer.

Au crépuscule, les voiles sont plus blanches et les peaux plus sombres. Les terrasses se peuplent d’une foule colorée et polyglotte et s’éclaboussent d’éclats de rires dans les parfums de fruits de mer, de cidre et de bière fraîche.

Port de mer perdue en terre, tu demeures le havre de paix des amoureux de l’eau.

5 la vallée de la fontaine les eaux

Nous sortions du port par la route basse qui se perdait dans la vallée encaissée, à notre droite la route montée raide et boisée tandis qu’à gauche une prairie s’élargissait puis faisait place à des jardins et des parcs qui entouraient les trois moulins de la vallée.

Les moulins à eaux n’étaient plus en fonction mais continuaient à être habités.

Celui du milieu était mon havre de prédilection...

Là je me savais bien venue même sans avoir prévenu de mon arrivée.

Ceux qui vivaient là ignoraient l’usage des clefs.

Il y avait toujours quelque part un lit pour accueillir un voyageur de plus.

Nous partagions tout, la faim et les gueuletons, les combats et les victoires, les travaux et les jours de fainéantise.

Nous étions jeunes et de la race des sans frontières…

Avec juste l’idéal d’une vie hors des sentiers battus.

6 le cap Fréhel

D’abord une lande entre ciel et mer, comme un tapis volant aux couleurs de bruyères et de genêts suspendait nos regards.

Nous empruntions des chemins étroits ils nous menaient au flanc de la falaise, à mi-chemin entre les embruns et l’à-pic.

Nous marchions à la file indienne, ignorant le vertige et la peur, juste friands de sensation forte : Sentir le vent s’engouffrer dans nos chemises et s’éclabousser d’écume….

Nous gravissions les blocs de granits roses pour remonter, lorsque le sentier disparaissait, nous nous poussions, nous nous tirions, sans angoisse et sans complexes, insouciants et inconséquents tels de jeunes chiens fous….

7 Trébeurden

La grande bâtisse à l’architecture Le Corbusier surplombait le cimetière de bateaux de pêche.

En bas des marches, un sentier nous menait dans une petite crique où l’eau arrivait en douceur à marée haute.

Nous nous y cachions et pataugions à souhait quand le soleil devenait trop chaud. Le soir, nous nous promenions parmi les carcasses de vieux bateaux, tranquilles, recueillis et silencieux, nous communions à ce lieu de paix et de mémoire dans la lumière qui allongeait les ombres pour les rendre plus présentes, plus indissociables de la vie sur terre.

Le soir du quatorze juillet, nous avons regardé s’embraser les feux d’artifice des sept îles, perdues en mer et sorties de la brume pour une symphonie unique de lumière.

8 Le vieux moulin

Les pierres du ruisseau chantent la paix du fond des âges

Les ronces des muriers tissent un linceul inviolable au vieux moulin

La roue à aubes a cessé de moudre le temps

Le corps nu et bleui de la fontaine demeure creux et stérile

Le vent brode au point de tige la prière cristalline de deux bouleaux enlacés

Les bambous violoncelles vibrent de longs frissons Que le tilleul parfume et amplifie

Gardien vénérable du temple végétal,

Le châtaignier centenaire baigne ses racines parmi les pierres et dissimule le pont de bois sous l’ogive de sa ramure

Les bouquets pastel des églantiers épousent la muraille

Les fougères balancent leur majestueuse chevelure Sur les pentes abruptes de la vallée

Aux pieds des arbres à l’ordre bouleversé par le tumulte des tempêtes hivernales se répandent les prêles et le liseron, intimement mêlés.

Paisible et sauvage le présent épouse mon souvenir.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 20:41
façade de la maison de l'enfance de la Mousserie à Watrellos
façade de la maison de l'enfance de la Mousserie à Watrellos

1. L’appartement

Il est des lieux qui n’existent que dans la mémoire... Au fond du square le petit immeuble était recouvert de crépi blanc Les fenêtres aux châssis métalliques ouvraient vers l’extérieur

L’escalier de bois brun menait à l’unique étage et se prolongeait au sous-sol.

Dans les années soixante, les gens se respectaient, Les bicyclettes et les vélomoteurs rangés dans le hall d’entrée ne portaient pas de cadenas.

Ma mère claquait la porte en sortant en ne fermait pas à double tour. La plus part des gens du square travaillaient à la Lainière de Roubaix qui employait six à sept mille personne !

2. Les mômes

Ce qui a toujours dérangé ma mère, c’était le bruit. Elle a vécu plus de trente ans dans la campagne et ne supportait pas la mouvance perpétuelle des enfants du baby-boom

Ils envahissaient les pelouses et les halls d’entrée Les familles cosmopolites avaient facilement jusqu’à quatorze enfants

Nous étions les enfants de la France à venir

Nous avions nos jeux et nos regroupements. Africains noirs, Pieds noirs, Algériens, Italiens, Ukrainiens ou Polonais.

Les enfants étaient bilingues ; la première génération née en France… Une France au destin multicolore.

3. Le Caté

L’église de briques rouges au fronton crénelé portait sur sa façade un Christ de ciment qui montrait son cœur du doigt

Le vieux curé en soutane noire roulait à vélo Les religieuses qui faisaient le catéchisme portaient des bas nylons et des popelines beiges

Des « femmes du peuple » qui ne se distinguaient guère des autres… Juste par leur allure de « vieille fille »…

Le jour de la communion solennelle Quatre-vingt filles et cinquante garçons remontèrent la rue principale sous le soleil de juin dans leurs habits blancs… et j’avais les yeux qui pleuraient….

4. La directrice

La directrice du collège portait toujours une robe noire Elle avait une allure à la « Edith Piaf », n charisme qui imposait le respect sur son passage

Elle enseignait la musique, pas le piano, ni le solfège ni même la flute mais la vie des grands compositeurs

Elle s’asseyait sur le bureau, devant nous, pour paraitre plus grande et croisait les jambes. Elle nous parlait de Schubert, Schuman, Ravel, Debussy… Elle nous contait Bach ou Mozart... et nous écoutions religieusement

Elle posait sur la platine du pick-up un prestigieux disque de vinyle Elle nous invitait à poser la tête sur nos bras et à écouter …sans s’endormir…

C’est ainsi qu’aujourd’hui .encore il m’arrive de reconnaitre une symphonie aux premiers accords.

5. Le prof de math

Le mari de la directrice portait une blouse blanche et avait les cheveux en brosse

Il était prof de mathématiques mais n’avait pas beaucoup de charisme Il se faisait respecter à coup de punitions.

Il avait vécu en Amérique et prévoyait la crise future : « Vous avez intérêt à poursuivre vos études le plus longtemps possible, Plus tard seuls les ingénieurs et les balayeurs auront du travail »

Ses cours de onze heures du matin m’endormaient Sa voix monocorde me rendait l’algèbre imbuvable… Je n’ai jamais compris ni aimé l’algèbre.

Mais je suis obligée de dire que, quelque part ce triste sire n’avait pas tort dans ses prédictions…

6. Les allumoirs

A l’approche de la rentrée des classes, l’air explosait de bruits sonores et pétaradants.

Au bout de nos doigts nous maintenions l’extrémité d’une corde en état d’incandescence, nous enroulions le reste autour de nos poignets : cette corde à feu s’appelait « le clachiron »...

Il faisait office d’allume cigares pour les plus vieux, mais surtout d’allume pétards pour les plus jeunes...

Entre les jambes des filles affolées, dans le hall d’immeubles, dans les boites aux lettres, du « boucan » énorme cigare rouge aux minuscules pétards souris, tout ce qui prenait feu, pétait !

C’était la folie du moment, d’autant plus exaltante qu’il était interdit de faire sauter les pétards et paradoxalement il n’était pas interdit aux commerçants d’en vendre !

Mais qui aurait pu imaginer les Allumoirs sans pétards ?!

Le jour venu elles sortaient des maisons au bout d’un bâton, lanternes de papier de riz pliées en accordéon, jaunes, rieuses et rondes ou les lunes , chatoyantes orange et rouge pour les soleils, multicolores pour les autres.

Elles se regroupaient et suivaient la fanfare des majorettes. Les anciens, les parents, avaient appris aux enfants le chant de ralliement des porteurs d’allumoirs : « Vive les allumoirs ma mère, vive les allumoirs, on les allume quand il fait noir, vive les allumoirs ! » A l’instar des chants du carnaval de Dunkerque…mais en moins paillard…

Le défilé se terminait devant la boulangerie du quartier par la distribution de sucreries… Cette tradition est perpétuée à la mémoire de nos aïeux qui se rendaient à la « fabrique » pour assurer l’équipe de nuit avec des lanternes !

7. La ducasse

Elle s’installait sur la place du bourg pour la fin de la semaine et le lundi suivant, chaque année à la mi-septembre.

A la sortie de l’école, le vendredi soir, nous allions regarder se monter les manèges.

Ils se plaçaient toujours aux mêmes endroits d’une année sur l’autre.

Sur la grande place trônait le manège de chevaux de bois, derrière nageaient en rond les « Donald » pour les petits, et au bout, la chenille couverte, pour les amoureux et les amateurs de sensations…

Sur le parking de la rue des Patriotes s’étalaient les auto-tamponneuses et le transalpin.

Le long des rues voisines se montaient les baraques des loteries et des marchands de nougats : Barbe à papa, beignets hollandais, pomme d’amour, gaufres et autres friandises pour petits et grands.

Pendant trois jours la Ducasse battait son plein, je retrouvais avec plaisir mes galopades imaginaires sur les grands chevaux blancs qui grimpaient le long de leur tige dorée en spirale, ou sur le dos des petits cochons quand les chevaux étaient pris d’assaut.

Plus tard je découvrais la chenille et sa bâche rouge et le décor blanc du transalpin ainsi que les voitures aux teintes métallisées de l’espace musical où virevoltaient comme des danseuses les auto-tamponneuses surmontées de leurs antennes électriques…

Plus tard, beaucoup plus tard, j’y emmené mes enfants.

8. Le marché

Le vendredi matin, un long ruban de toiles multicolores se déroulait le long de la rue Chopin. Les commerçants habituels prenaient toujours les mêmes emplacements.

Ma mère avaient ses habitudes, achetait le café en grain en vrac à un homme chauve qui portait une blouse grise, la mesure de métal chromée plongeait dans le sac de jute et ressortait tout embaumé du parfum de café torréfié.

Plus loin, elle achetait les bonbons et les gâteaux secs en vrac également, par livre ou demi-livre, pour la semaine.

Le crémier coupait le beurre à la motte avec son fil et le pesait dans du papier sulfurisé blanc

Le poissonnier renforcé son emballage par du papier de journal. Tout était simple, coloré et odorant, les citrons se vendaient cinq pour un franc, Les oranges, les pommes se goutaient au bout du couteau…

Nous n’avions pas encore découvert les supermarchés et leurs emballages plastiques, la pollution par l’inutile et le tri sélectif des déchets et son héritages de grandes poubelles à roulettes.

9. La Merveilleuse

C’était le nom de la petite société de glaciers qui tournaient dans la cité.

L’un roulait en triporteur et annonçait son passage par un air de trompette. Les gosses sortaient des immeubles et faisaient la queue autour du conteneur de bois surmonté du cône doré er crénelé…

Le glacier soulevait ce couvercle par la boule du sommet et plongeait une palette de bois dans la glace fumante…

Le cornet se remplissait petit à petit, se surmontait d’un dôme unicolore ou multicolore selon le choix et le prix à payer.

Entre nos mains la glace fondait et nos langues, à revers, prenaient la place quittée par la palette.

D’autres jours, la Merveilleuse passait dans le quartier avec une charrette tirée par un âne qui portait un chapeau,

nous nous groupions à l’arrière sous l’auvent pendant que la serveuse blonde préparait les cornets à boules vanille -fraise ou vanille- chocolat…

Nous ne mangions de la glace qu’en été… Aujourd’hui la Merveilleuse passe en camionnette Et une bande enregistrée nasillarde a remplacé le trompettiste.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 20:20
ferme de Wattrelos
ferme de Wattrelos

1. L’hiver

En hiver le jardin apparaissait sous la forme de plates-bandes de glaise brune, symétrique et parallèles à l’allée centrale…

Toute droite, elle menait à la cabane à outils sous le lilas. La planche de la balançoire restait accrochée à la barre. L’hiver, le jardin emprisonnait ses couleurs Mêlées au terreau et à l’argile, au secret de son humidité. L’hiver, le jardin me disait d’attendre.

2. Le printemps

Au printemps tout sortait de la torpeur

Les pigeonniers des jardins voisins roucoulaient jour et nuit.

Les coqs de la ferme d’en face chantaient à tue-tête dès l’aube. Les passereaux lançaient leurs trilles.

Le jardin étirait sa langueur entre explosion de bourgeons et ascension des tiges.

Il appliquait consciencieusement sa palette en camaïeu de vert et l’agrémentait du pastel des premières fleurs.

Au printemps, l’air osait les premières vibrations Sous les élytres écarquillés des coccinelles Et sur les ailes cristallines des libellules, funambules des cordes à linge.

3. La fermière

De l’autre côté de la rue, du long ruban glissant de pavés gris Je poussais la lourde porte de la ferme de Thérèse et sa laiterie aux murs de faïences blanches

Au beau milieu trônait le tonneau de la baratte. Il virevoltait sur lui-même en un bruit de moteur et de pignons mécaniques

La fermière rangeait les œufs bruns dans des sachets de papier brun, le fromage blanc dans le papier sulfurisé blanc, avec la maestria d’un perfectionnisme de l’habitude.

Ses gestes étaient maîtrisés et calmes, ses paroles aussi mesurées que les pintes de lait… Selon un rite perpétuel et ancestral.

4. Grand-père

La casquette de grand-père s’imprégnait de la sueur de sa tête, elle lui volait son odeur, sa forme, Elle se gavait du gras luisant entre ses rides.

Le manche de la bêche, aussi luisait, poli par le travail des mains. Les épaules rougissaient à l’échancrure du maillot de corps, contraste de nuances chaudes sur le fond immaculé d’un ciel de juin, aussi bleu que son pantalon de travailleur.

5. Les carrières

Ceux du hameau appelaient « carrières » tous les chemins qui s’en allaient à travers champs depuis la chaussée principale.

Carrières de terre noire et poussiéreuse, jonchées de silex beiges et jaunes comme des œufs d’oiseaux brisés. Mannes pour nos frondes de gosses chahuteurs. Projectiles redoutables, ils atteignaient parfois la tête de ceux trop lents à se cacher.

Le sang rouge et poisseux collait les cheveux, mouillait les mouchoirs à carreaux, tandis que s’élevaient Les cris de rage et de douleur des malchanceux.

6. Maman

Pour sortir le dimanche, ma mère agrémentait son bouffant de cheveux noirs de crans brillantinés,

elle plaçait des peignes sur les côtés pour soulever les mèches trop longues,

elle poudrait son visage pour le mâtifier, coloriait ses joues et ses lèvres aux teintes des cerises, entre griottes et bigarreaux.

Tout cet apparat rendait à l’évidence la lumière pétillante de ses prunelles myosotis et de ses longs cils noirs.

7. Grand-mère

Ma grand-mère paternelle vivait au fond d’une courée à Lille. La fenêtre du rez-de-chaussée se cachait derrière les géraniums rose pimpant et rouge brique.

Dans l’unique pièce où elle vivait, Tout avait pris une teinte passée, couleur sépia, comme la grande photo du défunt mari, dans l’ovale du cadre, en uniforme de dragon de la guerre 14-18, ou celui de la petite fille perdue en bas-âge.

Les gâteaux secs aussi accusaient le temps passé dans la boite.

Seule, la voix de grand-mère chantant le grand air de « madame Butterfly » ou le « pays du sourire » avait gardé le cristal et la fraicheur de ses jeunes années…

8. Noël

Pour Noël, ma mère posait un « petit Jésus » de plâtre rose entre son père de brun vêtu et sa mère couverte de voile bleu ciel.

Nous petit déjeunions de chocolat chaud fondu doucement dans le lait et de la traditionnelle

« coquille » de Noël, brioche à deux têtes, avec un petit trou au milieu du ventre pour simuler le nombril. Ce pain gâteau avait un goût de paradis, à nul autre pareil... Bien loin de l’insipide et blême hostie symbolique et tristounette de nos messes dominicales ponctuées de bâillements causés par des estomacs creux.

9. ST Nicolas

A la veille de la ST Nicolas, l’atmosphère se teintait de mystère. Grand-père nous contait la légende du saint homme, disait qu’il viendrait de nuit nous visiter...

Il posait sur la table de la salle à manger, un plat de carottes ; le lendemain, les légumes avaient disparu…

Maman nous disait de chercher le jouet qu’il avait échangé contre la nourriture pour son âne...

C’est ainsi que me furent offerts une poupée aux longues tresses brunes, endormie dans son berceau et, une autre année, un petit piano peint de laque bleue et mon premier illustré de Martine qui fait du théâtre.

10. La bicyclette

Les rares jours où il ne travaillait pas, mon père venait me chercher à la porte de l’école.

Il me soulevait de terre pour me poser sur le cadre de sa bicyclette bleue. Mes petites mains accrochées au milieu du guidon.

Il sifflotait et roulait doucement sur la chaussée pavée, nous traversions la partie boisée du chemin, le long du chemin de fer, où passaient, suivies d’une écharpe de fumée blanche, les locomotives à vapeur à destination de la Belgique.

Parfois des lièvres cavalaient devant nous, les oreilles allongées sur le dos beige foncé, ils grimpaient les talus, disparaissaient dans le fourrés.

C’est dans ce bois que, quelque temps plus tard, je bravais les orties, à grand coups de sabre de bois pour aller cueillir, au beau milieu, des roses pour la fêtes de Maman.

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Published by Yza
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